DESIGN | EXPO

PAD | Intérieur contemporain

04 Avr - 08 Avr 2018

S'installant chaque année au jardin des Tuileries, le Pavillon des Arts et du Design (PAD) réunit différentes galeries pour cinq jours d'effervescence. Participant à l'édition 2018, la Galerie Mouvements Modernes proposera "Intérieur contemporain". Une présentation design laissant la part belle à la céramique contemporaine.

Pour sa participation au PAD (Pavillon des Arts et du Design), en ce début d’avril 2018, la Galerie Mouvements Modernes joue la carte de l’anachronisme. Avec une exposition de pièces réunies sous le titre « Intérieur contemporain ». Transportant ses pénates au jardin des Tuileries, la Galerie Mouvements Modernes relance gentiment la querelle entre les anciens et les modernes. Avec une sélection de pièces ayant en commun un certain goût pour le renouveau de la tradition. Par la réinvention de l’ornement, notamment. Tables, sculptures, objets, tapisseries, suspension, guéridons… Onze créateurs de design contemporain plongent ainsi dans l’histoire des arts décoratifs à la française, pour s’en approprier les ramifications. Pièce maîtresse de l’exposition, la Suspension en fer forgé (1992) de Garouste & Bonetti. Un luminaire conjuguant originalité art déco et déstructuration postmoderne, conçu par Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti.

PAD Paris : « Intérieur contemporain », par la Galerie Mouvements Modernes

Au côté des pièces de Garouste & Bonetti, créées pour la Galerie Neotu dans les années 1990, neuf autres créateurs. La céramiste Armelle Benoît présentera ainsi Arctique (2018). Une table basse en grès émaillé, telle une boule bleue et blanche, aux circonvolutions aléatoires. Pour une pièce à contre-courant des tendances minimalistes actuelles. Tout aussi singuliers, les guéridons-bouts de canapé de la designer et architecte d’intérieur Emma Donnersberg. Meubles-sculptures, ces Mushrooms arborent des formes champignonesques. En résine peinte à la main, elles s’inspirent des marqueteries en écaille de tortue. Fabien Petiot présentera quant à lui une nouvelle série de miroirs. Des sortes de miroirs sorcière (miroirs déformants) reflétant la lumière de manière, là encore, tout sauf orthodoxe. Proches d’une peinture tentée par l’abstraction, les tapisseries d’Alexandra Mocanu esquisseront des souvenirs de paysages. Dans la continuité de ces tapisseries médiévales ouvrant une fenêtre sur l’imaginaire.

Une relecture des arts décoratifs, par des designers et céramistes contemporains

Céramique, porcelaine, verre… L’exposition « Intérieur contemporain » mettra à l’honneur les arts du feu et de la métamorphose des matériaux. Matthew Chambers y exposera des sculptures en grès, façonnées au tour de potier, comme autant de spirales densément imbriquées. Versant dans des formes plus circonvolutives et ajourées, les grès de Merete Rasmussen arboreront des enroulements corallins. Tout aussi délicates, les céramiques hérissées de l’artiste Bae Sejin. Rendant hommage à Samuel Beckett, à sa perception étirée du temps, Bae Sejin compose des pièces souples, aux formes lentes et graves, pourtant constellées d’ouvertures. Et cultivant un rapport tout aussi sensuel à la matière, le sculpteur Yoshiaki Kojiro proposera des pièces en verre. Soient des sculptures laiteuses, saisissant cet instant de rupture où la surface se fissure. Enfin, conjuguant porcelaine et verre, les objets de la designer Andrea Walsh permettront de revenir en douceur vers un design fonctionnel. Avec des coffrets au fini satiné et dépoli.