ART | EXPO

Ygoloeahcra

20 Jan - 24 Fév 2017
Vernissage le 20 Jan 2017

L’exposition « Ygoloeahcra » à la galerie parisienne Gaudel de Stampa dévoile une nouvelle série de sculptures de Lina Viste Grønli. Entre objets domestiques et matériaux naturels, ces créations évoquent les reliques de l’époque contemporaine.

L’exposition « Ygoloeahcra » à la galerie Gaudel de Stampa présente un ensemble de nouvelles sculptures de Lina Viste Grønli qui jettent un pont entre l’art et l’archéologie.

« Ygoloeachra » : l’archéologie inversée

Le titre de l’exposition, « Ygoloeachra » reprend simplement de façon inversée les lettres du mot « archéologie » en anglais. D’emblée, ce choix souligne la permanence de l’exploration du langage dans la pratique de Lina Viste Grønli. La toute nouvelle série de sculptures réalisées par l’artiste norvégienne en ce début d’année, est composée d’objets usuels modernes qu’elle a intégralement recouverts de petits cailloux colorés ramassés au bord de la Seine.

La sculpture intitulée Ariel est constituée d’une boîte de lessive de la marque Ariel sur laquelle sont collés de minuscules galets. Ailleurs, c’est un flacon d’assouplissant (Soupline), une bouteille de Coca Cola, une autre d’eau de source Cristaline, une chaussure de la marque Nike ou encore une pantoufle (Slipper) qui subissent le même traitement.

Les sculptures de Lina Viste Grønli sont des reliques du présent

De l’emballage ou de l’objet utilisés ne subsiste que la forme et quelques touches colorées que l’on devine dans les interstices entre les cailloux. La démarche artistique de Lina Viste Grønli rejoint ainsi le domaine de l’archéologie, qui se définit comme l’étude de l’histoire et de l’activité humaine à travers la collecte et l’analyse de matériaux. Le geste plastique de Lina Viste Grønli s’assimile à la fabrication de pièces archéologiques. Comme les spécimens, bijoux, ustensiles et autres objets domestiques que les archéologues extraient de strates terrestres, les sculptures ne révèlent que la silhouette et des détails pétrifiés d’objets actuels. Ils forment ainsi des reliques du présent.

D’une taille régulière et de teintes qui varient du blanc au marron en passant par le gris et le beige, ces cailloux forment ainsi une sorte d’enveloppe neutre, homogénéisante. Tout en créant ce qui pourrait être de futures trouvailles d’archéologues étudiant notre époque, Lina Viste Grønli annule tout ce qui fait la singularité de chaque produit ou objet, que chaque marque développe précisément et qui en constituent l’identité dans la vie quotidienne contemporaine. Elle poursuit ainsi l’exploration des références collectives et de la construction des concepts qui est au cœur de son travail.