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Photographisme

08 Nov - 29 Jan 2018
Vernissage le 08 Nov 2017

L’exposition « Photographisme », au Centre Pompidou, à Paris, revient sur l’histoire des relations entre la photographie et les arts graphiques. A travers une centaine de photographies et documents datant de 1945 aux années 1960 est retracé le développement parallèle des deux univers. Liés par la même dépendance aux évolutions technologiques, photographie et graphisme se lancent dans des expérimentations influencées par la vie moderne.

L’exposition « Photographisme » présentée dans la galerie de photographies du Centre Pompidou revient sur les relations entre la photographie et les arts graphiques à travers les œuvres de Gérard Ifert, William Klein et Wojciech Zamecznik.

« Photographisme » revient sur l’histoire des relations entre photographie et arts graphiques

L’exposition est une exploration inédite de l’histoire des relations qui se sont tissées à partir du début du 20e siècle entre photographie et arts graphiques. Elle réunit une centaine de photographies et de documents inédits, appartenant à la collection du Centre Pompidou et à des collections privées et publiques internationales.

Si elles sont souvent peu connues, les œuvres apportent cependant un éclairage crucial sur une partie importante de l’histoire des rapports entre les arts photographiques et graphiques : les deux décennies qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale, entre 1945 et 1969. Elles illustrent comment les expérimentations photographiques et les recherches graphiques ont trouvé des terrains communs.

Comme l’exprimait en 1961 Wojciech Zamecznik, artiste polonais qui se partagea entre art graphique, photographie, architecture et design d’intérieur, « ce qui rapproche le design graphique, la scénographie, la photographie et le cinéma, est cet intérêt que nous portons à toute création liée au développement de la technologie et à celui d’un langage artistique contemporain ». Se développant en parallèle, la photographie et les arts graphiques sont liés par leur dépendance commune aux évolutions technologiques des outils de prise de vue ou de retouche.

Gérard Ifert, William Klein et Wojciech Zamecznikn inventent de nouvelles formes « photo-graphiques »

Plusieurs réalisations graphiques dans les années d’après-guerre relèvent de la pratique du photomontage, tandis que d’autres graphistes abordent l’abstraction formelle que permet la photographie. Graphistes comme photographes mettent leurs compositions, photogrammes et dessins lumineux au service de la publicité et de la communication, illustrant des affiches d’événements culturels, des couvertures d’ouvrages ou des pochettes de disques, selon les préceptes du Bauhaus qui prônait l’alliance entre beaux-arts et arts appliqués.

Les œuvres innovantes de Gérard Ifert, William Klein et Wojciech Zamecznik s’inscrivent dans la continuité de ce dialogue. Ces trois créateurs opérèrent dans des domaines divers, notamment le graphisme pour le premier et la photographie, la peinture et la vidéo pour le second, mais illustrent une même tendance, dans les années 1950 et 1960, à l’invention de nouvelles formes d’expressions « photo-graphiques ».

Par des outils qui permettent la captation photographique des vibrations lumineuses, par des jeux de couleurs ou encore un travail sur le rythme du montage, les photographies de Gérard Ifert, William Klein et Wojciech Zamecznik cherchent à transmettre les sensations propres à l’univers industriel, comme le mouvement, la vitesse ou l’expérience de la foule. Ces œuvres sont marquées par des influences culturelles similaires : l’héritage du Bauhaus, mais aussi celui de l’art concret et les mouvements contemporains de l’abstraction gestuelle et du cinétisme.