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Voyageur du soir

12 Jan - 18 Fév 2017
Vernissage le 12 Jan 2017

L’exposition « Voyageur du soir » à la galerie NeC, à Paris, dévoile une nouvelle série photographique de Federico Cimatti. Des visions captées en noir et blanc depuis la vitre d’un train. Les paysages naturels, incertains et oniriques, se muent en paysages mentaux.

L’exposition « Voyageur du soir » à la galerie NeC, à Paris, présente une série de photographies en noir et blanc de Federico Cimatti. Une série née de voyages en train qui reflète autant de paysages extérieurs que de paysages intérieurs.

Des photographies aux qualités picturales

La sélection de photographies de Federico Cimatti intitulée Voyageur du soir présente un aspect qui les situe à la limite entre photographie et peinture : des flous renvoyant une touche picturale, un riche nuancier de tons de noir, de gris et de blanc, des visions presque abstraites… Leur format commun, un carré de 4 centimètres de côté (à l’exception d’une seule photographie dont le format est horizontal et qui mesure de 90 sur 45 centimètres), impose une continuité propice à la contemplation rêveuse. La succession de carré s’étire comme autant de fenêtres ouvertes sur des paysages qui semblent irréels.

Les fenêtres qu’évoque le cadrage régulier des photographies reproduit sur les murs de la galerie le cadrage naturel qui les a inspirées. C’est en effet au cours d’un trajet en train que Federico Cimatti a reçu l’inspiration de cette série photographique. Dans la semi obscurité du jour finissant, le paysage qui défile de l’autre côté de la vitre lui donne l’intuition de les capturer avec son appareil.

Quand les paysages naturels deviennent paysages mentaux

Les clichés résultant de ces premières prises inaugurent une nouvelle quête pour Federico Cimatti qui dès lors n’aura de cesse de rechercher ce qu’il a trouvé en eux : des visions fugaces de réalités parallèles. Celles-ci sont nées d’une accumulation fortuite de différents phénomènes : la lumière crépusculaire, la vitesse du train, les reflets de la vitre, la météorologie (le vent et la pluie), les objets présents… Le hasard et des moyens techniques simples ont engendré des images au fort pouvoir émotionnel.

Un arbre bordant un champ semble planté dans une étendue indéfinissable qui pourrait être la mer, la pluie et la nuit tombante noyant tout le paysage sous un voile pointilliste. L’absence de toute trace humaine achève de rendre le tableau quasi fantastique. Sur un autre cliché, de larges reflets de lumière sur la vitre strient de noirs nuages d’étranges traits blancs. Peu à peu, les paysages naturels, par la poésie de leur imprécision, se muent en paysages mentaux…