DANSE | SPECTACLE

Until Our Hearts Stop

26 Avr - 30 Avr 2017

Nanterre-Amandiers présente Until our Hearts Stop de Meg Stuart, un spectacle sondant lʼintimité et le pouvoir des sensations, et s’interroge sur la manière dont nous percevons les autres et leur proximité, pour partager un espace et le monde.

Pièce écrite en 2015 pour six danseurs et trois musiciens, Until Our Hearts Stop semble constituer un nouveau moment de la démarche chorégraphique de Meg Stuart. Depuis plus de vingt, Meg Stuart ne cesse en effet de vouloir caractériser ou exprimer l’écart et le rapport entre les sensations physiques et l’expérience intellectuelle de celles-ci. Dans Until Our Hearts Stop, le contact physique entre danseurs domine, faisant de la sensation, du désir et de ses diverses formes d’expression, une sorte de règle générale.

Until Our Hearts Stop : vers une expérience radicale

Des précédentes créations de Meg Stuart, Until Our Hearts Stop conserve l’évidente volonté de faire de la danse une expérience à part entière dans laquelle sont engagés les interprètes, aussi bien que les spectateurs, dont le rôle peut se révéler décisif. Highway 101, All Together Now ou, plus récemment Sketches/Notebook, conduisaient déjà les spectateurs à se confronter aux difficultés de la condition humaine, dans la plus grande perplexité sinon confusion.

Ainsi Meg Stuart n’hésitait-elle pas dans Highway 101 à entraîner le public dans un immeuble, et les livrer contre toute attente aux facétieuses admonestations verbales d’étranges interprètes, désorientant le public. Comment, dès lors, réagir et se conduire en pareille situation ? Pièce au titre suggestif, All Together Now enjoignait les spectateurs à se regrouper dans un espace volontairement réduit alors qu’une simple voix exprimait son dégoût devant les odeurs corporelles qui, dans une telle promiscuité, se dégageaient inévitablement.

Until Our Hearts Stop

Meg Stuart s’emploie donc inlassablement à approfondir cette même expérience de la proximité et de la promiscuité des corps. Pourquoi détestons-nous tant une trop grande proximité avec les autres ? Pourquoi, en certaines circonstances, rechercher sinon désirer celle-ci, et craindre ensuite de l’affronter ? Que sommes-nous disposés à tolérer des autres ?

Until Our Hearts Stop prolonge ces interrogations et semble, en quelque sorte, les radicaliser. Meg Stuart tient ici à souligner le rôle, déterminant estime-t-elle, de la peau comme surface de contact, instaurant un rapport de médiation essentiel avec les autres et le monde : «Jʼai toute une histoire avec le contact. Cʼest par-là que jʼai commencé la danse et cʼest incroyable de voir les gens sʼengager dans du contact improvisation. Cʼest une très belle façon de rencontrer un inconnu et de partager sa forme corporelle (…) La peau respire, elle fait partie de lʼidentité, elle fait partie de ce que nous partageons. Cʼest ce quʼil y a de plus intime — partager lʼespace de sa peau avec autrui. Cʼest une façon dʼinsister sur le fait que nous sommes tous reliés, nous ne faisons quʼun : nous remontons jusquʼau premier moment chaotique du sans-forme, avant les séparations entre les êtres, avant les égos, les exigences et la manipulation.»