ART | EXPO COLLECTIVE

Un musée imaginé

19 Oct - 27 Mar 2017
Vernissage le 19 Oct 2016

L’exposition « Un musée imaginé » met en scène au Centre Pompidou - Metz une fiction autour d’œuvres emblématiques de l’art moderne. Sculptures, peintures, installations, photographies et films sont confrontées à l’hypothèse de leur disparition.

L’exposition « Un musée imaginé » au Centre Pompidou – Metz propose une fiction immersive autour d’œuvres emblématiques de l’art moderne issues des collections Centre Pompidou – Metz, de la Tate Liverpool et du Museum für Moderne Kunst de Francfort.

Un musée imaginé qui réunit des œuvres menacées de disparition

Des sculptures, peintures, installations, photographies et films de Marcel Duchamp, Lucio Fontana, Isa Genzken, Chris Marker, Sigmar Polke, Cindy Sherman ou encore Hannah Wilke sont réunies le temps de l’exposition dans une sorte de méta-musée imaginaire. A travers ces œuvres, les trois grands musées européens auxquels elles appartiennent et où elles seront successivement exposées se prêtent à une expérience qui met en lumière leur mission de conservation.

L’exposition met en place une situation imaginaire : les œuvres d’art y sont menacés de disparition et il revient aux spectateurs d’assurer leur survie par leur mémoire et leur expérience. En toile de fond de l’exposition, les exemples de censure ou de volonté aboutie ou non de destruction d’œuvres d’art constituent une assise factuelle à ce scénario fictif.

De quelles œuvres devrions-nous garder le souvenir ?

Le parcours se divise en sections qui réunissent les œuvres autour de thèmes comme l’organisation du savoir, la tentative de consigner la mémoire de l’humanité, la modification de la perception, l’utopie, la transfiguration de la banalité, le rapport à l’espace et au temps, le goût du mystère, la dissidence ou encore le pouvoir qu’a l’art d’exprimer des idées cruciales et de rapprocher les contraires. Toutes les œuvres ont été choisies pour leur capacité à répondre à la question : Quelles notions rendent l’art essentiel dans notre société ? L’enjeu est de savoir de quelles œuvres nous devrions garder le souvenir.

L’installation La douche de Daniel Spoerri est composée d’un robinet et d’un tuyau de douche fixés sur une peinture de paysage alpin. Avec cette œuvre qui appartient à la série des Détrompe-l’œil, l’artiste suisse invite à se débarrasser de toute vision idéalisée du monde, tel qu’il est représenté par le tableau. Le film No More Reality (la manifestation) de Philippe Parreno donne à voir des enfants manifestant dans une cour de récréation, criant le message inscrit sur leurs banderoles : « No more reality » (Plus de réalité). A travers cette situation irréaliste s’exprime l’idée qu’une image, en particulier l’image vidéo et à la télévision, n’est jamais une captation mais une construction du réel. L’œuvre Musée Imaginaire de Reg Butler, constituée de trente-neuf petites sculptures en bronze installées dans une vitrine en bois met en perspective l’exposition elle-même.

Par le biais de diagrammes, de propositions d’artiste et de textes, les spectateurs sont incités à mémoriser chaque œuvre pour être capable de la restituer si elle devait être perdue. À la fin du parcours, la dystopie suggérée se concrétise par la disparition réelle des œuvres de l’espace d’exposition. S’y substituent des personnes et des artistes qui les décrivent et qui rappellent les idées essentielles qu’elles contenaient et qui sont fictivement perdues.