ART | EXPO

Transition

27 Nov - 14 Jan 2017
Vernissage le 26 Nov 2016

L’exposition « Transition », à la galerie parisienne Alain Gutharc s’intéresse à la notion d’identité. Les sculptures, tableaux et film de neuf artistes contemporains démontrent le caractère naturellement changeant et transitoire de toute réalité, loin de la notion figée d’identité.

L’exposition « Transition », à la galerie Alain Gutharc de Paris rassemble les sculptures, tableaux et film de neuf artistes autour d’une idée commune : le rejet des revendications identitaires, quelles qu’elles soient.

L’identité n’existe pas, tout est transition

L’exposition tire son titre de la revue africaine avant-gardiste Transition, qui parut de 1961 à 1976. Créée par l’écrivain ougandais d’origine indienne Rajat Neogy, cette revue devint bientôt le principal média d’expression libre en Afrique et rallia les chercheurs et écrivains de ce continent, des expatriés et des universitaires. Transition prônait un traitement des sujets concernant l’Afrique par les Africains eux-mêmes mais en refusant toute revendication autour d’une supposée identité noire. La revue se situait à rebours des discours mélioratifs sur l’Afrique et privilégiait un regard lucide et critique sur celle-ci, non sans provocation et autodérision. La ligne éditoriale axée sur le refus d’identité se concrétisait à la fois de façon formelle par l’éclectisme des formes rédactionnelles abordées (reportage, critique, théâtre, fiction, poésie…) et dans le fond par celui des sujets.

Les œuvres d’Aline Bouvy, Mathis Collins, Julien Creuzet, Florentine & Alexandre Lamarche-Ovize, Paul Maheke et Marie Toseland, Caroline Mesquita et Émilie Pitoiset reprennent à leur compte l’idée phare de la revue Transition. Elles ont pour fil rouge la conscience du caractère transitoire et mutant de toute chose.

Des œuvres transitionnelles pour un monde fait de transition

Les sculptures d’Aline Bouvy génèrent des évocations multiples. Si elles sont immédiatement identifiables comme des pains, elles évoquent également des détails anatomiques humains, tels que des organes sexuels, des os ou des cages thoraciques. Lorsqu’elles sont enduites de bleu de méthylène, elles deviennent chair en décomposition. Les formes du pain épousant celles du corps induisent une troublante suggestion de cannibalisme.

Le film Opéra-archipel de Julien Creuzet inverse la perception occidentale commune voulant que l’Amérique et l’Océanie constituent le Nouveau Monde et l’Europe l’Ancien Monde. En utilisant des formes typiquement européennes comme l’opéra, il fait de l’Europe un continent exotique. L’œuvre rappelle que les peuples des continents américain et océanique avaient une histoire antérieure à l’arrivée des Européens et engage une réflexion sur la créolisation et les perpétuelles migrations humaines.

Les œuvres cultivent un potentiel de transition qui est un reflet de l’inexistence d’identités fixes. Toutes montrent comment la réalité est une donnée fabriquée, naturellement changeante.