ART | EXPO

The Water Trilogy 1

01 Avr - 13 Mai 2017

L’exposition « The Water Trilogy 1: Ichárhuta: Autodefensión Approximante Vibrante Retroflexe » à la galerie Chantal Crousel, à Paris, dévoile de nouvelles installations d’Abraham Cruzvillegas. Il s’agit de la première partie d’une trilogie d’expositions mettant en lumière les conséquences de la pénurie d’eau qui se profile en de nombreux endroits de la planète.

L’exposition « The Water Trilogy 1: Ichárhuta: Autodefensión Approximante Vibrante Retroflexe » à la galerie parisienne Chantal Crousel présente les nouvelles installations d’Abraham Cruzvillegas. L’artiste mexicain y met en évidence les multiples conséquences de la pénurie d’eau dans son pays.

« The Water Trilogy 1 » : les conséquences de la pénurie d’eau au Mexique

L’exposition constitue la première partie d’une trilogie inspirée par l’eau et surtout par le manque de cet élément vital qui se profile en de nombreux endroits du globe. L’ensemble des installations est inspiré par des faits précis observés au Mexique, pays dont est originaire Abraham Cruzvillegas.

Au plafond de la galerie est accroché un canoë de type « papillon » provenant du lac de Pátzcuaro, à Michoacán, à l’ouest du Mexique, une région dont il est emblématique. Il est suspendu dans l’air, à une hauteur qui correspond au niveau d’épuisement de l’eau, selon les statistiques des quarante-neuf dernières années.

La collecte et le recyclage sont au cœur de la pratique d’Abraham Cruzvillegas

Au sol, autour du canoë, sont disposés trois tas de débris qui constitue des socles semblables à ceux supportant des sculptures. Sur chacun d’eux se tient un musicien appartenant à la communauté huastèque, peuple autochtone du Mexique qui descend d’une civilisation précolombienne et possède sa propre culture et sa langue. Tout en tentant de parvenir au sommet du tas, ils interprètent une chanson traditionnelle qui conte l’histoire d’une petite salamandre axolotl sur le point d’être avalée par un poisson blanc. L’existence de ces deux espèces qui ne vivent que dans le lac de Pátzcuaro, comme celle des Huastèques, dont la culture traditionnelle est liée au lac, est aujourd’hui menacée par la baisse de ses eaux.

Ces installations s’inscrivent dans la réflexion d’Abraham Cruzvillegas sur les interrelations, l’histoire et la construction collective et individuelle suivant les contextes économique, social et politique. Une réflexion qui est portée par une pratique de collecte et de recyclage d’éléments hétérogènes, parfois externe à sa création et d’autres fois interne, comme dans le cas des trois tas que gravissent les musiciens. Ces monticules sont en effet constitués d’objets issus d’une vaste installation présentée par Abraham Cruzvillegas lors de sa précédente exposition. La nouvelle vie des objets ainsi réutilisés trouve ainsi dans leur nouveau contexte de nouvelles interprétations.