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Talk is Cheap, Foot On, Head On

16 Sep - 03 Jan 2010
Vernissage le 16 Sep 2009

Adel Abdessemed ne réussit pas tout ce qu’il entreprend mais, au moins, il produit. C’est indéniable. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Communiqué de presse
Adel Abdessemed
Talk is Cheap, Foot On, Head On
Par Nicolas Villodre

Nous ont paru convaincantes ses petites pièces vidéographiques en forme de boucles, l’une montrant en gros plan un arpion vandalisant un microphone, l’autre une savate écrabouillant une canette de ce soda caramélisé qui fut mis au point au 19e siècle par le pharmacien John Pemberton. Et aussi sa sculpture lumineuse, toute en néons tortueux, schématisant un cerveau humain, qui occupe tout un pan de mur du vaste dépôt.

Les vidéos sont diffusées sur des moniteurs à l’ancienne, vous savez !, ces vieux postes à tube cathodique produits par une illustre marque japonaise à partir de 1968. Les écrans sont posés à même le sol. À ces clips, il ne manque que la parole, et pour cause ! Le son blanc est vraisemblablement celui du geste originel, pour ne pas dire original, iconoclaste, audioclaste, de la destruction de l’objet – le hooliganisme considéré comme un des beaux-arts.

La deuxième boucle peut faire penser au gag à répétition du clown américain Jango Edwards qui a l’habitude de compresser de sa puissante dextre les boîtes de bière qui passent à sa portée avant d’en avaler goulûment le contenu et/ou d’en asperger son auditoire le plus proche. N’étaient ces titres d’œuvres, plus conformistes les uns que les autres, en anglais, on pourrait considérer de tels gestes comme des actes de rébellion anti-impérialiste.

Le télencéphale géant vu en plan, grossièrement schématisé par l’artiste mais spectaculairement figuré au moyen de tubes de néon blancs torsadés, perd de sa qualité scientifique, neuroanatomique, pour pouvoir être longuement contemplé.

Le siège de la pensée comme sujet de méditation, depuis Léonard, on avait rarement vu ça.

L’œuvre est donc, littéralement, conceptuelle. Elle acquiert au passage une (troisième) dimension de sculpture lumineuse et prouve de façon sensationnelle que l’artiste peut, s’il le souhaite, de nos jours, remplacer le pigment par le photon.

En même temps, quoi de plus normal qu’Adel Abdessemed ait représenté, matérialisé, symbolisé le flux de l’activité nerveuse au moyen du courant électrique ?

critique

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