DESIGN | EXPO

Tadao Ando – Le Défi

10 Oct - 31 Déc 2018
Vernissage le 09 Oct 2018

Avec près d'un demi-siècle de pratique à son actif, l'architecte contemporain japonais Tadao Ando bénéficie d'une renommée internationale (prix Pritzker en 1995). Une œuvre simple et monumentale, à (re)découvrir au Centre Pompidou, qui lui consacre une vaste rétrospective, "Tadao Ando - Le Défi".

Articulée selon quatre axes, l’exposition « Tadao Ando – Le Défi », au Centre Pompidou Paris, réunit près de cinquante projets majeurs de l’architecte japonais Tadao Ando. Avec quelques cent-quatre-vingts dessins et soixante-dix maquettes originales, « Le Défi » offre une plongée dans l’œuvre d’un architecte contemporain. Les quatre thèmes sont les suivants : d’abord la forme primitive de l’espace. Ensuite le défi de l’urbain. Puis la genèse du paysage. Et enfin, le dialogue avec l’histoire. Né en 1941 à Osaka, Tadao Ando a développé une œuvre architecturale à contre-courant, en privilégiant la simplicité à une époque (les années 1970) où l’engouement technologique prédominait. Exposition rétrospective, « Le Défi » interroge notamment l’usage du béton lisse dans l’œuvre de Tadao Ando. Un usage couplé à celui de volumes géométriques simples, ainsi que d’éléments naturels essentiels (la lumière, l’eau). Une clarté sobre, au service du corps humain qui en fait l’expérience.

« Tadao Ando – Le Défi » : rétrospective de l’architecte japonais à Beaubourg

Cultivant l’épure, le travail de Tadao Ando s’appuie également sur une grande limpidité intellectuelle. En témoigne sa façon d’expliquer l’essence de son projet Église de la lumière (1989), à Osaka : « Ce que j’ai senti en observant des églises romanes… c’est que seule la lumière était l’espoir ». Développant une architecture ne dissociant pas le spirituel du matériel, le corps de l’esprit, Tadao Ando apporte un soin particulier à rendre ses espaces magnétiques et bienveillants. D’abord boxeur, c’est en autodidacte qu’il s’est formé à l’architecture, entre 1962 et 1969. Date à laquelle il fonde son agence, Tadao Ando Architect & Associates, à Osaka. Du Brutalisme, Tadao Ando retient, à ses débuts, l’impressionnante majesté des volumes monolithiques en béton gris. Une massivité qu’il affine et allège par un travail de la lumière. Quelques traits et arcs lumineux venant ainsi rayonner à l’intérieur des bâtiments, à l’éclairage doux et diffus.

Simplicité post-brutaliste : béton lisse et éléments naturels (air, lumière, eau)

Critique envers le Modernisme de verre et d’acier, façon Mies van der Rohe, Tadao Ando privilégie d’abord le béton. Mais aux bunkers brutalistes, il répond par des édifices plus neutres. Sa première réalisation, la Guerilla House (1971), à Osaka, prend néanmoins des allures de défi. Dans une culture où seuls les bâtiments publics (bibliothèques, gymnases…) étaient alors considérés comme de l’architecture, il fait de la maison un moment architectural. Mais à taille humaine, avec toutes les questions que cela pose. Notamment le fait de savoir comment accueillir et amplifier la joie des personnes vivant l’espace créé. Tadao Ando a également livré des bâtiments monumentaux. Après le gigantesque vaisseau de béton suspendu (Centre Roberto Garza Sada, Université de Monterrey, Mexique, 2012), il livre le Shanghai Poly Grand Theater (2014). Un immense volume troué. Une quête d’harmonie entre gravité et légèreté, à retrouver dans la rétrospective « Tadao Ando – Le Défi ».