logo
141115CracSeteArchipel
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


DANSE | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Laborintus
Trois pièces en une, des temporalités qui se chevauchent, un décloisonnement des codes du spectacle et des genres… Laborintus entraîne le public sur un sentier sinueux, semé d'impasses et de fausses pistes, où il est bon de s'égarer sans pour autant se perdre. Chapeau bas monsieur Raffinot !
fleche suivante1/2

Share to Facebook Share to Twitter
imprimer

Créateurs





Par Céline Piettre

François Raffinot ne manque pas d'audace, ni d'à-propos. Presque oublié de la scène contemporaine — et ce malgré une activité continue —, facilement relégué par les nouvelles générations dans le camp de l'académisme, le chorégraphe parisien, directeur jusqu'en 1998 du Centre chorégraphique national du Havre-Haute-Normandie, a su s'inscrire avec justesse dans la programmation exigeante de la Ménagerie de Verre. Et ce retour en « grâce », il  le doit aussi bien à sa propre témérité qu'à celle de Marie-Thérèse Allier, la gardienne des lieux, toute disposée à l'accueillir dans un festival connu justement pour sa force d'innovation. C'est avec aplomb, donc, et sans trembler pour la réputation de son temple de l'expérimentation, que la directrice commande à monsieur Raffinot un objet singulier. Le résultat ne déçoit pas. Au contraire, il enchante et prouve aux mauvaises langues — et  il y en a ! —  la force de renouvellement et l'inventivité de son créateur.

Le premier trait de génie du chorégraphe aura été d'investir les différents espaces de la Ménagerie, deux salles de spectacle et la zone d'accueil.  Trois pièces — trois actions — se jouent en simultané et se répondent, le public pouvant choisir d'assister indifféremment à l'une ou à l'autre. La liberté est de mise, le rapport à la scène démultiplié, les genres — théâtre, danse, performance — guillotinés sur la place publique. Devenues poreuses, les frontières entre répétition et spectacle, lieux de représentation et de passage s'assouplissent pour une nouvelle redéfinition de l'espace-temps « scénique ».

Au rez-de-chaussée, nos bonnes vieilles planches sont remplacées par un trampoline surélevé, où évolue, seule, une danseuse aux pieds nus. Soumise à l'impulsivité, à l'imprévisible de la structure, elle en explore les moindres recoins, tantôt docile, souple comme une liane, tantôt farouche quand ses muscles se tendent dans le saut et entrent en résistance. Mou, le sol absorbe le poids de son corps et en garde l'empreinte. Ainsi, vue de dessous — la hauteur du trampoline ne nous permet pas une vision frontale —, en transparence, projetée en miroir par la vidéo sur l'envers de la toile, la danse se réduit presque un travail sur les appuis. Une confrontation entre la matière et l'image, la densité et l'inconsistance, la pesanteur — celle qui s'impose quand la jeune femme se laisse pendre dans le vide — et la légèreté, la fugacité du mouvement.

A l'étage, un danseur reçoit des instructions, déjà entendues par bribes, en bas, mêlées au grincement du trampoline. « Imagine que tu es manipulé par quelqu'un d'autre » suggère la voix, et les gestes suivent, comme exécutés sans l'assentiment de leur propriétaire, émancipés de l'intention. Le bras se tend et entraîne le corps avec lui dans un jeu de diagonale. Au sol, une bâche, comme une peau, accueille cet enchaînement inlassablement répété, interface ou tatamis de combat, zone de lutte avec soi même. Car dans le labyrinthe dessiné par François Raffinot, le corps va à tâtons pour trouver sa route, au sens propre et au sens figuré. Et l'égaré à la recherche d'une issue pourra compter sur la bande sonore, fil d'Ariane tricoté pour l'occasion, véritable lien entre les trois espaces. Ce que l'on entend ici par fragments dévoilera ailleurs son sens caché. Toujours les mêmes mots pour une réalité différente, dans une orchestration qui change les similitudes en singularités, selon si le texte est porté par un danseur ou une femme confessant la haine de son enfant.

Et puis le labyrinthe justement, symbole de l'utérus dans l'antiquité grecque, repense la maternité dans la violence qu'elle fait subir au corps. Dans une troisième salle, un duo réunit deux protagonistes, qui jouent par alternance le même rôle, celui d'une mère maltraitante, mettant ainsi fin à l'identification des acteurs à leur personnage. Au fur et à mesure de cette dépossession du sujet, le texte répété confine à l'abstraction et perd de sa dimension tragique et subjective. Les mots deviennent aussi insignifiants que les grains de maïs qui roulent sur la table ou le sol dans une mélodie aléatoire. Les mots deviennent son.

Diablement bien ficelée, la pièce de François Raffinot tourne en boucle, soumise à un temps cyclique, sans début ni fin, dans une relativité toute einsteinienne — ou nietzschéenne... Le chorégraphe prive le théâtre de sa tombée de rideau fatidique en nous offrant un morceau de bravoure, une scénographie-chorégraphie parfaite qui friserait presque l'exercice de style — tant la combinaison des trois ...

fleche suivante1/2



ANNONCES


141116Le104sciarroni
ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141106Le104IldiEldi
141111macparis2000


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Until Then: trois anciens de la galerie Yvon Lambert prévoient d'ouvrir un nouvel espace à St-Ouen
puce rouge  Polémique autour de la pièce Exhibit B de Brett Baileys, la liberté de création (encore) mise à mal
puce rouge  Décès du photographe Lucien Clergue, cofondateur des Rencontres d'Arles
puce rouge  Jours sombres pour la culture au Blanc-Mesnil (93): l’UMP étrangle le Forum
puce rouge  L'édition américaine de la Fiac reportée à 2016
puce rouge  Prochainement au Centre Pompidou, une nouvelle galerie sur le Design et l'Architecture
puce rouge  L'ex-directrice contestée du Frac Nord-Pas-de-Calais nommée à la tête de l’ENSA de Bourges?
puce rouge  5e édition d’Art Protects à la galerie Yvon Lambert, une vente au profit de l’Association AIDES
puce rouge  Inauguration du château de Rentilly, 2e lieu d’exposition du Frac Ile-de-France
puce rouge  SOON Paris: la nouvelle foire d’art contemporain consacrée à l’œuvre originale numérotée
puce rouge  Le Centre Pompidou inaugure une nouvelle galerie entièrement dédiée à la photographie
puce rouge  Esther Ferrer et Léa Barbazanges, lauréates du premier prix Marie-Claire, consacré aux artistes féminines
DIAPORAMA

Robyn Orlin, Walking Next to Our Shoes… Intoxicated by Strawberries and Cream, We Enter Continents without Knocking…, création 2009. Pièce pour 4 danseurs et la chorale Phuphuma Love Minus.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales