ART | EXPO

Somewhere over the rainbow

01 Oct - 31 Déc 2010
Vernissage le 01 Oct 2010

«Somewhere over the rainbow» retrouve l'esprit des cabinets de curiosités qui, au XVIe et XVIIe siècles, rassemblaient œuvres d’art, objets et cartes géographiques composant une synthèse de l'histoire de l'humanité.

Pierre Clerk, Pierre Savatier, Vittorio Santoro, Benoît Maire, Éric Poitevin, Daniel Schlier, Jean-Christian Bourcart, Nan Goldin, Stéphanie Cherpin, Georges Tony Stoll, Nicolas Moulin, Sébastien Vonier, Richard Fauguet, Andres Serrano, Ettore Sottsass, Nicolas Descottes, Georges Rousse, Xavier Veilhan
Somewhere over the rainbow. Itinéraire d’une collection particulière (1980–2010)

En tant que collection d’art contemporain, le Frac Aquitaine a souhaité mettre en lumière le fonctionnement propre d’une collection privée dont les ressorts se distinguent de manière originale des collections habituellement conservées dans les institutions publiques: celles-ci ont pour mission de s’attacher à une classification par période (tels les musées des Beaux-arts pour l’art ancien et moderne) ou par genre (tels les musées des arts décoratifs pour les objets et le design).

Ici, point de frontières dans la constitution de cette collection qui démarre en 1980, marquant ainsi la rencontre de deux personnes, pour lesquelles l’objet d’art est à la pensée artistique ce que l’arc-en-ciel est à la lumière: il faut aller «quelque part au-delà de l’arc-en-ciel» pour voir l’invisible.

Ainsi, se côtoient art africain, design, costumes chinois, lampes du Bauhaus et œuvres d’art contemporain, témoignant de leur engagement personnel pour l’art.

Avec l’exposition «Somewhere over the rainbow», on retrouve l’esprit des cabinets de curiosités qui, au XVIe et XVIIe siècle, rassemblaient œuvres d’art, objets, cartes géographiques composant une synthèse de l’histoire de l’humanité, en amorce, pour ainsi dire, du grand projet de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert au XVIIIe siècle.

La présentation de cette collection tend à redéployer des itinéraires explorés durant presque trente années «de collecte», à travers sept chapitres, aux titres poétiques et subjectifs comme les points de référence qui ont présidé à ces choix.

Un certain nombre de couleurs assemblées convoque des œuvres liées à l’art abstrait et aux notions d’architecture et de construction (Pierre Clerk, Pierre Savatier, Vittorio Santoro) en réponse à l’ouverture proclamée par Kandinsky au début du XXe siècle.

La mort aux trousses:
le sentiment de finitude gouverne cette section tant les thèmes de la mort, de la vanité prédominent (Benoît Maire, Éric Poitevin, Daniel Schlier).

Éros, c’est la vie
: après Thanatos, l’évocation d’Éros et des plaisirs de la vie à travers les œuvres de Jean-Christian Bourcart ou de Nan Goldin. C’est aussi la synthèse de tous les états que connaît l’homme, de l’espoir au désespoir avec des œuvres de Stéphanie Cherpin, Georges Tony Stoll…

Orion et compa-gnie: en point d’orgue de ce chapitre, un tableau de Gérard Garouste, dont le thème est le mythe d’Orion et qui embrasse l’idée de la rencontre, de la relation, de l’échange.

Sur la route: c’est l’idée du voyage et du paysage qui réunit les œuvres de Nicolas Moulin ou de Sébastien Vonier, entraînant le visiteur vers un ailleurs, si ce n’est une quête.

Solarium rappelle le parti pris de la couleur dans cette collection et qui, ici, se voit radicalisé par l’intermédiaire d’une couleur dominante dans un ensemble d’œuvres (Richard Fauguet, Andres Serrano, Ettore Sottsass). Ce caractère lumineux et chaleureux renvoie à l’univers d’un intérieur intime.

Du gris à la nuit: Enfin le paysage s’assombrit, devient mélancolique avec des œuvres de Nicolas Descottes, Georges Rousse, Xavier Veilhan…

Chacune de ces sections sera composée comme un condensé extrait du lieu de vie de ce couple d’amateurs passionnés, permettant ainsi de créer une ligne de continuité à travers les différents univers qui composent à leur manière une sorte d’autoportrait de ces collectionneurs ayant souhaité conserver l’anonymat.

Le titre de cette exposition se réfère à la chanson du film The Wizard of Oz (1939) de Victor Fleming, pour plusieurs raisons:

 l’art permet de traverser les orages de la vie, pour peu que l’on se laisse emporter au-delà de l’arc-en-ciel.
 L’art se conçoit comme une part de rêve: Dorothy
 (Judy Garland) chausse les souliers rouges au cours d’un rêve.

Les différentes facettes de cette collection sont autant de couleurs de l’arc-en-ciel: bleu-photo, jaune-design, rouge-peinture…
 Une chanson au début du film Follow the yellow brick road rappelle la couleur jaune mais aussi leur façon de collectionner: ce ne sont pas tant la caverne et ses trésors qui les intéressent que les différents chemins qui y conduisent et… qui en partent.

En chemin vers le magicien d’Oz, Dorothée rencontre l’homme-paille, l’homme-fer-blanc, l’homme-lion, autant d’artistes et de courants au sein de l’art contemporain…