DANSE | SPECTACLE

Les plateaux 2017, Serpentine

28 Sep - 28 Sep 2017

La Briqueterie présente Serpentine de Daina Ashbee, un spectacle ouvrant le festival «Les plateaux» 2017 qui concentre son intention chorégraphique. Pièce fondé sur la force de la répétition, Serpentine s’efforce de saisir l’essence même de la féminité.

Lors de l’édition 2017 du festival «Les plateaux», la chorégraphe canadienne Daina Ashbee présente Serpentine, un solo créé en 2017, se voulant une sorte de récapitulatif de ses créations précédentes que sont Unrelated, When the Ice Melts, Will We Drink the Water?, et Pour.

Serpentine : un regard rétrospectif

Créé à l’occasion de «Plateaux» 2017, Serpentine rappelle d’abord les liens étroits existant entre trois pièces de Daina Ashbee : Unrelated (2012), When the Ice Melts (2016), et Pour présentée lors des dernières «Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis». Abordant des thèmes différents, ces trois soli trouvent leur origine dans l’identité crie et métisse de Daina Ashbee et sa volonté affirmée de considérer à la fois la condition féminine et la relation des femmes à leurs corps.

Sa première pièce, Unrelated, décrivait ainsi la violence à laquelle les femmes cries doivent faire face et sa propre vulnérabilité, sous la forme d’une mise en scène de tendances autodestructrices. D’emblée, Unrelated se révèle une pièce toute personnelle, caractéristique de la danse de Daina Ashbee, que confirmeront ensuite tour à tour When the Ice Melts et Pour.

When the Ice Melts traitait du changement climatique et de ses effets sur la vie des communautés autochtones. Par là, Daina Ashbee insistait sur les rapports étroits de l’être humain et de la nature, de sa dépendance à l’égard de la terre nourricière. Dans When the Ice Melts, la violence faite aux femmes tend à se confondre avec celle faite par les hommes à la nature, comme l’explique Daina Ashbee : «J’explore la destruction de la Terre à travers le corps de cette femme et de ce qu’elle endure. Même si je ne peux forcer personne à voir dans ce spectacle la glace qui fond, avec ce titre, j’amène une image qui va soutenir l’ensemble de la performance».

De manière significative la création de Pour, solo ultérieur, a été conduite en même temps que When the Ice Melts en dépit de thèmes différents, puisque cette dernière pièce traite des cycles menstruels. Les deux recherches chorégraphiques se sont pourtant organisées autour d’une même idée directrice, celle de la permanence et de l’endurance de la douleur, présentant toutes deux un corps féminin souffrant.

Serpentine : force de la répétition

Dans ces trois pièces, Daina Ashbee insiste sur les mouvements de répétition et d’accumulation ainsi que les changements de respiration. Serpentine amplifie ces techniques, soulignant ainsi le caractère abstrait et étudié de la danse de Diana Ashbee, laquelle utilise sons et images «pour déclencher des sensations, des sentiments. Au lieu d’avoir une histoire, avec un début et une fin, j’aime aller vers l’essence d’une idée et faire en sorte qu’elle puisse parler au plus grand nombre possible». Interprétée par Areli Moran, Serpentine tente alors de saisir la nature même du thème commun à toutes les pièces de Daina Ashbbe, la femme et sa condition. Les mouvements lents semblant exprimer des sentiments intériorisés peuvent laisser place à l’expression d’une certaine brutalité, au cours d’un cycle de trente minutes destiné à se répéter. La répétition force alors à percevoir les changements d’exécution.