ART | EXPO

Sacrément profane

22 Oct - 04 Déc 2010
Vernissage le 22 Oct 2010

Le chamanisme ancestral et la poésie magmatique de l'Auvergne influencent l'œuvre de Josette Rispal, dont la pratique repose sur l'acte de transformer, transfigurer, re-créer.

Communiqué de presse
Josette Rispal
Sacrément profane

Josette Rispal, née en 1946 dans le flanc d’un volcan d’Auvergne, n’est pas une artiste. Elle n’est pas qu’une belle main qui œuvrerait là où on lui dit d’œuvrer, elle est une authentique créatrice. En ce sens que tout ce qu’elle entreprend, ce qu’elle touche, ce qu’elle respire, est transformé, transfiguré, re-créé.

Dès les années 70, et ce presque en catimini, elle trace un sillon lumineux qui ne peut être arpenté que par des yeux audacieux. Si le qualificatif d’atypique n’a pas été vidé de sa substance, alors il lui revient de droit. De même que les créations d’art brut qu’elle chérit et dont elle aime s’entourer, elle se tient hors des sentiers battus. Mais elle s’y tient à sa manière.

Bien sûr, le chamanisme ancestral et la poésie magmatique de sa terre natale nous offrent un infime accès à son œuvre. Sans que rien, pourtant, n’en soit totalement livré. Ni dans ses poupées, modestes mais baroques chiffonnettes dont les ornements sont comme la sédimentation des histoires de leurs anciens propriétaires. Ni dans ses verres — disputés au feu — et qui voilent et dévoilent leurs inclusions au gré de la lumière. Ni même dans ses vigies en carton, matériau pauvre s’il en est, dont la solennité le dispute à l’humilité.

Car Josette la chiffonnière est aussi Josette la vénitienne, et d’autres encore qui ne demandent qu’à paraître… pour mieux disparaître. Ses accumulations sont des manœuvres d’enfouissement, ses éclats des tentatives d’éblouissement. La profusion y contraste avec le peu. Le secret, pour survivre, porte quelquefois ces masques reposants.

Qu’importe, les codes doivent être transgressés et elle ne s’en prive pas, n’étant jamais tout à fait là où l’on voudrait qu’elle soit. L’œuvre de Josette Rispal n’offre pas le confort du rangement dans une catégorie convenue, ni le réconfort de la croire en dehors des réalités de l’art d’aujourd’hui. Cela se joue ailleurs, là où le profane et le sacré retrouvent leur source commune, en amont, dans la forge de l’art tellurique.