ART | INTERVIEW

Robert Combas

Si Robert Combas est célèbre pour sa peinture, on connaît en revanche moins sa musique. Pourtant, il collectionne et compose du rock depuis près de 30 ans. Dans la rétrospective, qui aura lieu au MAC de Lyon en 2012, on découvrira notamment ses compositions musicales écrites en français. L’artiste évoque les préparatifs de cet événement. Avec un langage joyeusement débridé, reconnaissable entre mille!

Robert Combas. Redescendre les marches du temps. Vous en connaissez vous des directeurs, ou qui s’appellent quelque chose finissant en «eur» (sic Thierry Raspail), qui pondent (pas en poule en jeune coq) un texte comme un adolescent sur le rock et en plus pour ma pomme ! Merci je suis zému. Non, ça ne se dit pas avec des mots ça se ressent ce genre de remerciements. Bon la rétrospective «Greatest Hits» on commence par le début on finit par la fin, c’est énorme!

Richard Leydier est le commissaire. Geneviève est de partout. Mes assistants(antes) m’ont laissé tomber au dernier moment. Je les remercie… Il paraît que je stresse tout le monde… Sauf Oldi, le mort vivant et fidèle Buster Keaton, qui fait ce qu’il fait point. Mais au moins, il le fait, Harald est à la photo. On est à la bourre! Heureusement qu’à Lyon, ce sont des vrais pros, tout le monde s’est réveillé, on va y arriver. Bref à part la tension qui me mine, tout va pour le mieux. En tout cas, je ne sais pas si j’aurai à nouveau une autre expo comme celle-là après. Mais celle-là, c’est celle qu’il ne faut pas rater.

Je voudrais avertir: pour vraiment la voir il faudrait 2 ou 3 jours!
Apprendre à re-regarder la peinture et voir ce qu’un travailleur du Languedoc né à Lyon par accident du travail (comme disait mon père. Hommage à Mario et Raymonde mes parents) a pu faire en 30 ans.

Alors quand Thierry Raspail m’a proposé cette exposition sur la Musique, tout s’est enclenché. Nous avons foncé à fond dans un nouveau travail initié en mai 2010 grâce à la rencontre avec Lucas Mancione.
Lucas s’est pointé à ma dernière expo sur la chute de l’homme, en mai 2010, il était devant le tableau géant de la chute des anges. On s’est rencontrés et de suite on ne s’est plus quittés on a travaillé sans répit, en révolution et décision d’aller au turbin.
On a créé ensemble et en un an 40 morceaux de musique. Cette rencontre, c’était juste à temps, car pour moi après c’est trop tard, je portais tout ça en moi depuis 30 ans mais ne pouvais l’accoucher: créer des chansons, de la chanson qui peut aller jusqu’à des morceaux anarchistes dans la forme, qu’on pourrait dire dodécaphonique ou rock dur métal violons synthé… Diversité, transparence des influences voulues ou non, revendiquer de chanter en français ou en langage abstrait car le snobisme provincial c’était: «jamais de français». La grande décision c’est de tout ouvrir, les sentiments les ressentir jusqu’à ce qu’on arrive à faire le vrai, quelque chose qui tienne debout.

Puis ensemble, nous avons mis certains morceaux en image. Des plans fixes vidéo-créateurs façon tableaux vivants. Pour Lyon, c’est mes idées qui priment mais après, c’est un vrai groupe et je ne le répèterai pas assez. Le groupe s’appelle Les Sans Pattes, il est composé de moi, de Lucas Mancione et aussi de Pierre Reixach Piero le bassiste.

Nous, on a tous rêvé d’être là-haut dans les stars, étoiles alors on a meublé grâce à une espèce d’intellect qui a permis au meilleur de faire quelque chose de marginal. Alors je dis toujours, je me sens symboliquement bâtard et fier de l’être et j’ai beaucoup de chance avec les accidents.

Coïncidence, alchimie, le moment où tout ou presque s’imbrique. Lyon? Ville de ma naissance mais pas de vie, peut-être de renaissance?
La proposition de Thierry Raspail de faire une expo Rock, qui m’amène à créer tout ce qui est montré au 3e étage de cette exposition que je vois comme un prolongement de ma peinture.
La peinture, le rock: 30 ans de passion acharnée qui m’ont démonté le dos à porter des sacs de disques, abîmé les jambes à peindre dans toutes les positions.

«Greatest Hits» on commence par le début on finit par la fin: la création déclinée en 30 ans de travail qui, j’espère remettra les pendules à l’heure, au point de vue: Art, intensité de Travail, Vérité et Diversité.

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