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Public

PSabrina Remadna
@12 Jan 2008

Consacré à la création contemporaine, Public fonctionne comme un laboratoire d’idées, un lieu d’expérimentation, d’improvisation. Un lieu constamment à l’affût des mouvements de la création.

Au fond d’une petite impasse et à quelques pas du Centre Georges Pompidou, se trouve Public. Ce lieu alternatif, discret, propose une programmation expérimentale orientée vers la jeune création contemporaine.

Public est une association qui a été créée en janvier 1999 par huit personnes : Boris Achour, Sandra Carigliano, Lili Kim Ri-Hyu, Benjamin Le Bois, François Nouguiès, Nathalie Rao, Laetitia Rouiller et Fabrice Reymond. Ils investissent une ancienne galerie d’art contemporain : la galerie des Archives appartenant à Christophe Durand-Ruel. Celui-ci sollicité par Boris Achour prête généreusement au collectif cet espace de 90 mètres-carrés.

Après deux ans, le collectif de départ passe la main à une nouvelle équipe entièrement féminine composée de Chloé Fabre, Emilie Renard, Rhadha Valli, Aurélie Voltz et Giovanna Zapperi qui sont toutes issues de milieux artistiques différents.
Aurélie Voltz travaille au Palais de Tokyo, Giovanna Zapperi prépare une thèse, Chloé Fabre est comédienne et Radha Valli s’occupe aussi d’une association de danse… Toutes consacrent bénévolement une part de leur temps à la programmation, la recherche d’artistes, la visite de nombreux ateliers… Elles retiennent généralement de jeunes artistes encore dépourvus de galerie, suivent leur travail, et leur proposent l’espace de Public comme premier lieu de présentation de leurs œuvres.

Le lieu est ouvert quatre jours par semaine, essentiellement en soirée, lorsqu’il se passe un événement.
Les ressources modestes (environ 25000 euros par an) de Public proviennent de personnes privées, de subventions de la DRAC Ile-de-France, de la Mairie de Paris et de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Largement consacré à la création contemporaine, Public fonctionne comme un laboratoire d’idées, encourageant l’expérimentation, l’improvisation. C’est un lieu qui se veut flexible, constamment à l’affût des mouvements de la création.

La programmation, établie une année à l’avance, s’étend d’octobre à juillet et compte une dizaine d’événements. Résolument située au croisement des différentes facettes de la création, et aux marges des disciplines, elle se partage entre des événements in situ durant de deux à quatre semaines, et des soirées .

Un précédent projet intitulé TXT (extension texte) portait sur le texte et le langage. Il traitait de l’usage du texte comme matériau artistique et considérait la parole écrite dans une pratique pluridisciplinaire d’appropriation et de manipulation. Le texte conçu comme un matériau artistique à modeler se déclinait sous la forme de lectures à deux voix, de performances, de vidéos, d’installations sonores, etc. Avec notamment des artistes comme Claude Closky, Valérie Mréjen.

Un autre projet, Signal>Geste, était consacré à l’écriture du mouvement, aux différentes formes de retranscription du mouvement à partir des réflexions d’artistes, chorégraphes, danseurs et vidéastes : Niels Radtke, Cécile Babiole, Susanna Scarpa, Marina Chabrol, Jean-Marcel Busson, Julie Coutureau.

L’identité particulière de Public vient de l’entrecroisement de différentes disciplines et pratiques artistiques autour de thèmes et de problématiques.

L’une des ambitions de Public est également de créer des échanges avec les spectateurs. Souvent jeunes et avertis, intéressés par la création contemporaine, ce sont pour la plupart des habitués. Mais à chaque nouvel événement les artistes (plasticiens, musiciens, danseurs) apportent avec eux leurs amis et relations, contribuant à agrandir le réseau.