ART | EXPO

A Whole From A Different Half

17 Mar - 28 Avr 2018
Vernissage le 17 Mar 2018

L’exposition « A Whole From A Different Half » à la galerie parisienne GB Agency présente de nouvelles installations de Pratchaya Phinthong à travers lesquelles l’artiste thaïlandais poursuit sa mise en tension de réalités divergentes et sa réflexion autour de la renaissance.

L’exposition « A Whole From A Different Half » à la galerie GB Agency, à Paris, rassemble plusieurs installations et un dessin mural de Pratchaya Phinthong nourris par ses voyages et illustrant la tension entre des réalités antinomiques.

« A Whole From A Different Half » : une réflexion autour de la renaissance

Le titre de l’exposition « A Whole From A Different Half », est aussi celui d’une performance de Pratchaya Phinthong qui a inspiré à l’artiste thaïlandais l’ensemble de ses nouvelles œuvres. Reprenant une sculpture plus ancienne intitulée One of Them, une boule de dix centimètres de diamètre en yttrium, un minéral rare qui est notamment utilisé dans la fabrication d’objets technologiques comme les écrans plats, les téléphones portables et les voitures hybrides, Pratchaya Phinthong s’est rendu en Mongolie où cette terre est abondante, plus précisément au Monastère de Tövkhön, l’un des plus anciens sites de pèlerinage bouddhiste de Mongolie.

Dans une perspective de retour aux origines, Pratchaya Phinthong a effectué un rituel permettant d’accéder à la renaissance spirituelle et consistant à ramper dans une étroite cavité, lieu sacré appelé “Cave du Ventre de la Mère”, s’y asseoir, tourner sur soi-même et en ressortir, autant de mouvements qui symbolisent la gestation et la naissance. L’artiste y a déposé sa sculpture, lui conférant ainsi une deuxième vie. La sculpture One of Them devient A Whole From A Different Half.

Pratchaya Phinthong explore la notion de renaissance

Un dessin mural réalisé à la poudre de charbon rapportée d’Oulan-Bator représente en taille réelle l’entrée de la cave du Monastère de Tövkhön. Le matériau utilisé, le charbon, est une référence à l’utilisation de ce combustible pour le chauffage dans la capitale mongole qui en fait une ville extrêmement polluée. Ainsi s’illustre le jeu de correspondances entre des entités divergentes qui est au cœur de la pratique de Pratchaya Phinthong : ici, la tension entre l’image d’un lieu sacré et les particules toxiques qui recouvrent Oulan-Bator.

Le principe de mise en tension de deux réalités distantes comme celui de renaissance est également abordé dans l’installation Untitled (Ring) qui réinterprète elle aussi une œuvre plus ancienne. Une sphère remplie d’eau contient deux éléments : une bague créée par Pratchaya Phinthong pour sa femme à partir d’or issu d’appareils électroniques abîmés par les inondations qu’a subies la Thaïlande fin 2011, et une météorite telle que celles qui ont apporté de l’eau à la Terre lors de sa création. Ainsi sont mis en relation un débris spatial à l‘origine de la vie sur Terre et un objet né des décombres.