ART | EXPO

Pour le plaisir des Sénélites

10 Juin - 22 Juil 2017
Vernissage le 10 Juin 2017

L’exposition « Pour le plaisir des Sénélites » à la galerie Anne Barrault, à Paris, présente la peinture d’histoire iconoclaste d’Alun Williams. Par des motifs abstraits intégrés à des œuvres figuratives, le peintre britannique détourne l’art du portrait historique et met en perspective la notion de représentation.

L’exposition « Pour le plaisir des Sénélites » à la galerie parisienne Anne Barrault rassemble des tableaux d’Alun Williams, peintre britannique iconoclaste qui revisite à sa façon la peinture d’histoire.

La peinture d’histoire iconoclaste d’Alun Williams

La peinture d’Alun Williams s’attaque avec humour à l’histoire et à l’art pour mieux se débarrasser de leur poids et pour engager une réflexion sur la vérité historique et sur la notion de représentation. Ses tableaux fixent des rencontres inattendues avec des personnages historiques et des événements particuliers au hasard des rues de villes européennes et nord américaines d’aujourd’hui.

Si Alun Williams peint des personnages aussi célèbres que les écrivains Edgar Allan Poe et Jules Verne ou le deuxième président des Etats-Unis John Adams, ce n’est jamais à la manière précise et réaliste des peintres d’histoire traditionnels. Pour Alun Williams en effet, il suffit de taches abstraites mais évocatrices pour représenter des personnes qui ont joué un rôle dans un lieu donné. Par un processus d’association libre qui évoque la démarche du dadaïste Francis Picabia, Alun Williams détourne la peinture d’histoire en exploitant la dimension irrationnelle de la peinture illusionniste.

Par le camouflage, Alun Williams rend visible l’invisible

Sur des fonds détaillés et nourris par une minutieuse recherche, les portraits d’Alun Williams prennent la forme de motifs abstraits qui renvoient à la fragilité des certitudes sur les faits entourant chaque personnage. Ainsi John Adams, qui connut de nombreuses vies avant de parvenir à la présidence des Etats-Unis, apparaît-il comme une vague forme bleue sur un socle de statue portant son nom et son statut, dans un parc public. Dans le cas d’Edgar Allan Poe, l’évocation de sa présence à Paris ne repose que sur un manuscrit controversé d’ Alexandre Dumas dans lequel celui-ci relaterait leur rencontre.

Les tableaux d’Alun Williams renversent la notion de camouflage : ici les tacles colorées ne visent pas à rendre le visible invisible mais au contraire à rendre visibles des faits oubliés et des présences invisibles.