DANSE | SPECTACLE

Postérieurs (le futur n’existe pas, mais des futurs insistent). Festival Etrange Cargo 2016

05 Avr - 07 Avr 2016
Vernissage le 05 Avr 2016

Dans le cadre du festival Etrange Cargo, la Ménagerie de verre présente Postérieurs (le futur n’existe pas, mais des futurs insistent), une création de la danseuse et chorégraphe Pauline Simon. Postérieurs est un spectacle qui interroge le temps, et plus particulièrement le futur, un futur dont il remet en cause l’existence.

Pauline Simon
Postérieurs (le futur n’existe pas, mais des futurs insistent). Festival Etrange Cargo 2016

Aujourd’hui, le futur n’est pas encore. Une fois réalisé, il ne sera plus à venir. Nous restent la grammaire des temps, la conjugaison des verbes, pour appréhender cette idée. Mais ce futur là n’a pas grand-chose à voir avec l’objet de nos espoirs et de nos craintes. Que ce soit au nom du progrès, de l’évaluation de la croissance ou du réchauffement climatique. Nos sociétés, armées de sondages et d’algorithmes, ne cessent d’anticiper, de prévoir, de mettre en informations et en images le futur. Au règne de la raison instrumentale, les oracles sont pourtant légion. Et si les meilleurs experts du futur, plus que les mediums et les prospectivistes, étaient des matières, des formes, des entités? Le futur n’est-il pas un concept strictement humain?

Le futur n’existe pas, déclare le philosophe Elie During. Mais des futurs insistent. Postérieurs est un objet qui regarde le futur comme la face cachée dans notre dos, nichée dans un angle mort. Pauline Simon y construit un espace suspendu entre mythe et anticipation, où le temps est un martèlement. S’y déploie une parabole, inspirée des récits de création et de destruction du monde où prennent corps d’étranges créatures, comme des témoins de ce qui n’est pas advenu.

Au commencement, Kinder, figure à mi-chemin entre le hooligan et l’ouragan, entreprend de tuer Futur et met ainsi le monde sens dessus dessous. Parabole, de paraballein en grec, veut dire «se jeter de côté» et ici, c’est littéralement que nous assistons à des visions, comme des jets indirects du futur.  C’est la danse, le corps, qui produisent ces visions et donnent matière à l’enquête. Certaines langues n’ont pas de mot pour dire «futur».
En grec, le mot «corps» n’existe pas. Tout ce qui n’existe pas ou ne se traduit pas est mis à l’honneur dans le spectacle Postérieurs, qui emprunte le détour et la traduction comme enjeux chorégraphiques.

chorégraphie et mise en scène: Pauline Simon
interprètes: Paula Pi, Céline Cartillier, Aude Lachaise, Pauline Simon
scénographie, collaboration, accessoires: Pauline Brun
regard extérieur: Elise Simonet
régie son, vidéo: Eric Yvelin
création dispositif vidéo: Benoit Verjat

Repères biographiques
Pauline Simon a grandi à Lyon où elle se forme au Conservatoire National de Région puis elle intègre le cursus de danse contemporaine du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Elle élargit sa pratique d’interprète par ses expériences en arts martiaux, en théâtre, en danse, ou encore en musique (batterie). Elle fait l’expérience de recherches collectives et pluridisciplinaires initiées par Jean-Marc Adolphe en 2010 en participant aux Laboratoires du Skite à Caen, qui constituera l’environnement fertile à de premiers travaux personnels. Elle est interprète pour Nathalie Pernette, Joanne Leighton, Nina Santes, Mickaël Phelippeau, ainsi que dans certains de ses propres projets. Pauline Simon développe depuis 2012 son travail avec l’association Suprabenigne, de laquelle naissent Exploit et Sérendipité.
 En 2013, en collaboration avec Vincent Dissez, comédien, elle crée Perlaborer, à l’occasion des Sujets à Vif, au Festival d’Avignon.

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