ART | EXPO

Plastic strike

07 Fév - 22 Mar 2014
Vernissage le 06 Fév 2014

Baptiste Roux assemble des images retouchées ou fabriquées par ordinateur, qu'il associe à la peinture ou à la mousse polyuréthane pour créer des tableaux abstraits. Simples et colorés, ils convoquent les problématiques liées au champ pictural et transforment le geste du peintre, en un acte gratuit, décontextualisé.

Baptiste Roux
Plastic strike

Chez Baptiste Roux, il n’y a pas de propos utopiste, il ne propose aucun autre monde à explorer, pas d’alternative. Il cherche simplement de nouvelles manières d’envisager ce monde, de l’habiter, en le confrontant au champ pictural et à ses problématiques. Il use de matériaux variés pour combiner les codes et formuler différemment l’agencement pictural. Ses œuvres se situent entre réalité et illusion.

Le réel et la peinture sont liés dans ses œuvres en un geste d’appropriation, un geste de décontextualisation. Il utilise des logos, des photos macrographiques, des vues urbaines, des images de parties du corps, d’objets, retouchées ou bien créées de toutes pièces par ordinateur. Autant d’images qui, appartenant à l’univers informatique, affichent clairement leur caractère travaillé, factice. Le choix de l’artiste est d’avoir recours à un matériau actuel propre à nourrir les allusions et les métaphores. Ces images sont tirées sur papier, puis marouflées sur des panneaux de bois, recouvrant parfois la totalité de la surface, parfois seulement une partie. L’application d’une résine, transparente ou colorée constitue la phase ultime de son travail. Elle transforme ces images en peinture, en plastifiant l’ensemble tel un écran, révélant et tenant à distance par la même opération.

Le geste du peintre y est clair. Il dépose de la couleur sur son tableau. Un geste historiquement chargé qui devient chez Baptiste Roux, décontextualisé, abstrait. Il apparaît comme un acte gratuit, induisant l’amorce d’une narration toujours déjà avortée.

Dans ses tableaux en mousse polyuréthanne, où l’espace est plus sculptural, il évoque des formes réalistes (literies, objets fondus). Ces images informatiques, collées à même ces mousses, lient peinture et objet. Elles convoquent dans leur simplicité colorée le champ pictural en son ensemble. Néanmoins, on ne décèle aucune froideur dans ce dispositif. Un mouvement dialectique interne s’instaure de par ce bricolage de technologies froides qui crée du développement, empêche une lecture univoque. Ce mouvement est accentué par le titre du tableau. Il assume le rôle du cadre, ajuste le tableau. A base de jeux de mots, ironique, irrévérencieux, toujours empreint d’humour, il signale avant tout que le peintre joue?