DESIGN | EXPO

Piotr Kowalski

12 Avr - 31 Mai 2013
Vernissage le 12 Avr 2013

Associant l’univers de l’expérimentation à l’acte de la création, l’architecte Piotr Kowalski a développé de nombreux projets à la pointe de la technologie. L’exposition présentée par la Galerie Dowtown souligne avant tout la relation que Kowalski a entretenue entre l’art et l’architecture durant une grande partie de sa carrière.

Piotr Kowalski
Piotr Kowalski

Piotr Kowalski est né en 1927 à Varsovie, en Pologne. Il étudie les sciences et l’architecture au Mit à Cambridge USA, puis devient architecte et développe de nombreux projets de sculpture et d’habitation qui se veulent à la pointe de la technologie. Il travaille notamment de 1952 à 1957 à New York avec I.M. Pei et à Paris avec Marcel Breuer pour le Palais de l’Unesco. Avec Jean Prouvé il étudie les structures préfabriquées pour les habitats du désert, dont un des principaux exemples est une cabine du Sahara présentée au Salon des Arts Ménagers en 1958. Très vite il réfléchit à la possibilité d’intégrer l’art au tissu urbain comme le prouvent plusieurs réalisations en France, en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Notamment à la Défense la place des Degrés et le Grand Escalier à gauche de la Grande Arche, ainsi que la sculpture monumentale l’Axe de la Terre à Marne-la-Vallée.

En 1958 il fonde une société d’art autour de la machine qui produit la première construction sculpture-architecture de grande dimension. Il réalise un prototype préfabriqué d’un transformateur électrique EDF installé à Fresnes en 1960, qui reste en matière d’architecture un élément déterminant dans les nouvelles techniques. Constitué de plaques de polyester, les murs du bâtiment sont conçus comme une sculpture permettant de donner aux espaces des formes complexes. Cette conception reprend les déformations subies par une surface élastique tendue sur un cadre métallique. Le nouveau procédé permet donc à Piotr Kowalski d’imaginer l’habitat d’une autre façon que la préfabrication classique. Ce mode de production est montré pour la première fois en 1961 à la Galerie des Beaux Arts à Paris, et lors d’ «Antiprocès 3» à la Galerie Brera à Milan.

Dans toute l’oeuvre de Kowalski, l’action de la science sur la conception artistique est constante, son travail portant essentiellement sur le rapport entre les lois physiques et la matière, tout comme la poésie qui y est présente. A la différence des artistes des années 60 qui croient très fortement que la science annonce une nouvelle ère pour l’art (Art cinétique/Mec art), Kowalski n’emploie la technologie moderne que comme un moyen et non comme une finalité.
Il faut se servir des choses objectives, extérieures (à l’art), pour être libre (…). Il n’y a pas de dichotomie entre la science et la vie pour moi, cela fait partie du même monde.

Kowalski associe, en effet, l’univers de l’expérimentation à l’acte de la création, précisément pour échapper à l’emprise de la sensibilité comme à celle d’une trop grande participation manuelle. Les nouveaux outils technologiques, notamment le laser dans le domaine de l’optique, élargissent le champ de la perception ouvrant sur d’autres dimensions spatiales.

Piotr Kowalski, entre savoir et imaginaire

Piotr Kowalski était mathématicien, ingénieur, architecte. Il venait de Pologne, mais il avait étudié au Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, puis vécu à Paris. Il a collaboré avec Ieoh Ming Pei, Marcel Breuer et Jean Prouvé et construit des édifices. Piotr Kowalski a cependant choisi d’être artiste et de se consacrer à ce qui l’intéressait le plus : la connaissance du réel. Son travail, novateur, volontiers changeant, fondé sur la recherche et l’expérimentation, toujours soucieux d’innover, a tout de suite rencontré beaucoup d’intérêt. En 1963, il voit sa première exposition personnelle dans une institution culturelle organisée par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne. Dans la décennie qui suit, il expose de nouveau à Berne, à Stockholm, à Amsterdam, à Paris, à Cassel à l’invitation de Pontus Hulten, Eddy de Wilde, Frank Popper, Pierre Gaudibert, Gilbert Brownstone, François Mathey et toujours Harald Szeemann. Il conçoit de nombreux projets et réalise dans le cadre de l’architecture et de l’urbanisme, en France et dans le monde, de nombreuses commandes, comme à Orléans, à La Défense à Paris et dans les villes nouvelles. De 1978 à 1985, Piotr Kowalski est boursier du Center for Advanced Visual Studies du Massachusetts Institute of Technology, où il installe un atelier. Il est nommé en 1987 professeur à l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris. Piotr Kowalski a connu une carrière exceptionnelle, exposant dans les institutions et les manifestations les plus remarquées comme le Stedelijk Museum d’Amsterdam et la Documenta.

La position de Piotr Kowalski est unique, qui associe l’art et la science, et inscrite dans son temps comme celles de Léonard et de Dürer à leur époque. Son art a souvent été rapproché du mouvement du lumino-cinétisme avec lequel il partage certaines conceptions : il se trouve en réalité plus proche de celui de Takis ou de Jean Dupuy, technologique et expérimental, très défini et non formel, situé entre la matérialité et le virtuel et toujours à la recherche du nouveau. Chacune de ses œuvres répond à un cahier des charges précis, est réalisée au moyen du calcul, peut prendre des formes variées et qui laissent toujours apparents leurs processus d’élaboration et les éléments de leur fabrication. Piotr Kowalski s’est intéressé dans son exploration du réel à l’espace, à la distance, au déplacement, à la vitesse, à la lumière, à la masse, à la transformation. Il s’est donné les moyens de les montrer de façon simple et concise à l’aide de dessins, de figures, de signes, de mots qui rendent visibles les phénomènes et traduisent les évidences. Piotr Kowalski a voulu comprendre, connaître, montrer et faire partager.