DANSE | SPECTACLE

Mass

17 Oct - 18 Oct 2018

Avec Mass, le chorégraphe Pierre Pontvianne livre une nouvelle pièce pour sept danseurs. Adepte de l'épure sensible, laissant toute la place aux mouvements et interactions, Mass promet une plongée dans la foule. Pris dans la masse, danseurs et spectateurs y démêleront la poétique du nuage collectif.

Avec Mass, le chorégraphe Pierre Pontvianne (Cie Parc) livre une pièce pour sept interprètes. À savoir Jazz Barbé, Laura Frigato, Florence Girardon, Mathieu Heyraud, Catherine Jodoin, David Mambouch, Marie-Lise Naud. D’abord danseur, puis chorégraphe, le parcours de Pierre Pontvianne sillonne la danse, du classique au contemporain performatif. Venu du ballet, en tant qu’interprète pour le Nederlands Dans Theater 2 notamment, sa compagnie est dorénavant associée à Ramdam (lieu pérenne de la Cie Maguy Marin). Sensible aux mobilités et mouvements d’ensemble, Pierre Pontvianne livre une nouvelle création, Mass, axée sur le mouvement collectif. À l’instar des vols d’étourneaux, à la tombée du jour, se rassemblant en grandes masses fluctuantes et harmonieuses. Plus heurtés, les mouvements de foule humains incorporent davantage de contacts. Nuages de particules auto-réflexives : leurs déplacements interpellent. Avec la délicatesse pointue qui signe le travail de Pierre Pontvianne, Mass présente un ensemble qui se tourne, retourne, disloque, recompose.

Mass de Pierre Pontvianne : mouvements d’ensemble, entre collisions et appuis

Revendiquant son parcours académique, pour mieux l’ausculter, Pierre Pontvianne se positionne comme partie d’un tout. En tant que cofondateur et codirecteur d’une compagnie tricéphale — Parc, fondée en 2004 par lui-même, Émilie Tournaire et Pierre Treille. Rien seul, comme lui-même le dit, c’est une façon de se décrire en tant que membre d’un groupe. École, ballet, compagnie, centre d’art chorégraphique… Pierre Pontvianne explore, par son travail, la force du contact, des collisions, des moments de bascule. Le lien entre l’individu et le collectif. Qu’il soit de rigueur, de discipline et d’obéissance quasi-militaire, comme dans la danse classique ; qu’il soit de souplesse, d’intuition et de conflits, comme dans la performance contemporaine. Et cultivant une forme d’abstraction se concentrant sur le mouvement sensible, Pierre Pontvianne compose des pièces où la chair de la danse occupe tout l’espace de perception. En s’appuyant sur des musiques aussi minimalistes que prégnantes.

Précision du classique et liberté du contemporain : danser le lien entre les corps

Pour Mass, comme pour son précédent spectacle Janet on the Roof (2016), Pierre Pontvianne signe lui-même la composition sonore. Travaillant ses pièces par la sobriété, il cultive l’épure des plateaux et la simplicité des lumières. Laissant toute la place aux corps des danseurs, avec leurs reliefs mouvant. Grâce, notamment, à une lumière zénithale diffuse, capable de sculpter les corps sans les aplatir ni exacerber. Dans ses chorégraphies, Pierre Ponvianne dévoile la texture physique des interactions. Avec le sol — solo Janet on the Roof —, ou entre les danseurs — duo Motifs (2014). Systèmes d’appuis, de bascule, collisions amorties, accélérations, décélérations… Au contraire des étourneaux : les êtres humains font plus que se frôler lorsqu’ils se rassemblent. Après le duo amoureux (Motifs), après le solo éperdu (Janet on the Roof), Mass livrera un focus ciblé, précis et sensible du mode d’être ensemble qu’est la foule.