DESIGN | EXPO

Les Héritiers de l’UAM

25 Mai - 13 Juil 2018
Vernissage le 24 Mai 2018

Fondée en 1929, l'Union des Artistes Modernes aura marqué le design par sa dynamique d'industrialisation et démocratisation. Une influence qui se retrouve jusque dans le design français des années 1960. L'exposition "Les Héritiers de l'UAM" (mobilier, luminaire) explore le phénomène.

Tandis que le Centre Pompidou Paris organise une exposition hommage à l’UAM (Union des Artistes Modernes), la Galerie Pascal Cuisinier, spécialiste du design des années 1950-1970, propose une exposition-réponse : « Les Héritiers de l’UAM ». Soit un accrochage approfondissant, encore, les ramifications et influences de ce mouvement moderniste, sur la production du design français d’après-guerre. Réunissant une quarantaine de pièces rares « Les Héritiers de l’UAM » offre une plongée dans le design des années 1950-1960, en combinant pièces créées par des designers de l’UAM et pièces créées par leur élèves et / ou successeurs. À l’instar du groupe ARP (Atelier de Recherches Plastiques). L’exposition mêle ainsi des œuvres de Jacques Dumond, Jean-Boris Lacroix, Pierre Guariche, René-Jean Caillette ou encore Louis Sognot, pour l’UAM. Et, dans la continuité, des œuvres de l’ARP (Joseph-André Motte, Pierre Guariche et Michel Mortier), Pierre Paulin, Alain Richard…

Exposition « Les Héritiers de l’UAM » : le design moderne, des années 1930 à 1960

Dialogue plus que rupture, l’exposition « Les Héritiers de l’UAM » ausculte les articulations entre mouvements modernes. Si la seconde Guerre mondiale est une cassure, il existe cependant tout un réseau de jonctions chronologiques. Fondée en 1929, l’UAM réunit artistes décorateurs et architectes. Sur la scène parisienne d’alors, la Société des Artistes Décorateurs (SAD) est une autorité prescriptrice. Entre 1925 et 1927, plusieurs de ses membres, à l’instar de Charlotte Perriand, s’en éloignent pour fonder leur propre structure. À plusieurs — Robert Mallet-Stevens, Hélène Henry, René Herbst, Charlotte Perriand…—, ils cofondent l’UAM. Soit un groupe de recherche et développement tourné vers la redéfinition sociétale, sociale et socialiste du design et de l’architecture. Pour un design non-élitiste, ayant comme exigence une accessibilité optimale. À l’aune d’une industrialisation qui rebat les carte de la production.

Industrialisation et démocratisation : des meubles et luminaires accessibles

Pour l’exposition « Les Héritiers de l’UAM », la Galerie Pascal Cuisinier réunit ainsi des pièces (bureaux, tables, luminaires…) de designers formés aux méthodes et à la philosophie de l’UAM. Parmi les passeurs se comptent notamment les designers Marcel Gascoin, Louis Sognot ou encore Jacques Dumond. Parmi les designers à la croisée des chemins se trouvent Antoine Philippon et Jacqueline Lecoq. Quant aux designers trop jeunes pour avoir participé à l’UAM, mais néanmoins bercés par les rapports forme/fonction, l’utilisation de matériaux industriels et la production en série : Pierre Paulin, Alain Richard et l’ARP. La transmission se fera notamment via une branche de l’UAM, Formes Utiles (fondée en 1949). Régulièrement présente sur le Salon des Arts Ménagers, l’association Formes Utiles y exposera, jusqu’en 1973, mobilier et luminaires. Dans un esprit empreint d’industrialisation et de démocratisation des arts décoratifs l’exposition « Les Héritiers de l’UAM » souligne les continuités.