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INTERVIEW
Philippe Valentin, galeriste

Philippe Valentin dirige, avec Frédérique, l’une des incontournables galeries d’art contemporain de Paris : Chez Valentin. Il revient sur les raisons de sa participation à la Fiac et donne quelques clés de sa façon de travailler.


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Boris-Achour-Flash-Forward-galerie-Chez-Valentin-2002-Photo-paris-artcom-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

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Veronique-Boudier-<i>It-Has-Trouble-Turning<-I>-2002-Pierre-synthetique-O-70-cm-Courtesy-Galerie-Chez-Valentin

Claude-Leveque-<i>Sans-titre<-I>-2001-Installation-miroirs-neons-cageots-Photo-Marc-Domage-Courtesy-Galerie-Chez-Valentin

Nicolas-Moulin-<i>Viderparis<-I>-1998-2001-Cd-logiciel-Diashow-cd-audio-bande-de-son-Jimmy-T-Dimensions-variables-Courtesy-Galerie-Chez-Valentin

Francois-Nouguies-<i>The-Last-Movie<-I>-2003-Detail-de-l-installation-chaise-et-clap-Contreplaque-Taille-reelle-Photo-paris-artcom-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

  
Philippe et Frédérique Valentin soutiennent des artistes comme Boris Achour, Pierre Ardouvin, Véronique Boudier, Franck David, Laurent Grasso, Mathieu Mercier, Nicolas Moulin, Simon Moretti, Jean-Michel Sanejouand, Veit Stratman. Ils exposent jusqu’au 29 novembre, leur premier artiste étranger, Simon Moretti.


Gérard Selbach. Vous aviez un stand à la Fiac 2003. Depuis quand participez-vous à cette foire ?
Philippe Valentin. Cela fait cinq ans, et c’est la première année où
nous avons un stand en dehors de Perspectives. Nous avons participé à Perspectives pendant trois ans, puis une année où le secteur Perspectives n’existait pas vraiment en tant que tel, mais où il y avait déjà une aide de la Fondation Cartier pour un secteur « Jeune Création ».

Quelles sont les principales raisons de votre présence à la Fiac ?
Pendant deux ans de suite, nous avions fait un événement qui était parallèle à la Fiac, organisé par Lise Toubon, qui se passait dans le XIIIe arrondissement. La première fois, nous étions à Austerlitz, et la deuxième fois, comme nous n’avions pas pu avoir Austerlitz, elle avait trouvé un lieu dans le XIIIe. À cette époque, tout le monde disait que la Fiac devait arrêter pour laisser la place à une foire plus jeune et dynamique, et je faisais partie de ces gens-là. Et comme il ne s’est rien passé, et que deux initiatives sont tombées à l’eau, nous avons décidé de rentrer dans la Fiac et de tenter de la réformer de l’intérieur.

Et maintenant, quels sont vos objectifs et motivations ?
Quand j’ai commencé, il y a cinq, six ans, j’ai envisagé la Fiac comme une page de pub. C’est pourquoi, à chaque fois, je faisais un one-man show avec un artiste, souvent très jeune, très peu connu. Oui, pour moi, le stand était une page de pub. C’était le moyen de montrer des artistes, c’était un stand-expo et un stand quand même. Et je demandais à mes artistes d’avoir un vrai projet par rapport au stand.

Cela signifie-t-il que vous jouez le rôle de producteur ou que vous orientez leur travail ?
Ce qui se passe, c’est que je dis à mes artistes : « Voilà, je fais une expo à telle date », et ils me proposent des projets. Je crois que, dans ma carrière, j’ai dû refuser un seul projet, pas plus. Donc, depuis dix ans, les artistes font exactement ce qu’ils veulent. Le cadre d’une foire est un peu différent d’un cadre d’exposition classique. Mais, malgré tout, après leur avoir dit que ce n’était ni une galerie, ni un lieu classique comme un centre d’art, que c’était un lieu marchand, que les gens venaient voir des choses à acheter, mais aussi, des œuvres et des artistes, une fois qu’ils savaient que les données n’étaient pas exactement les mêmes que dans un centre d’exposition classique, ils faisaient ce qu’ils voulaient. Ils avaient carte blanche pour faire le stand. Et moi, je produisais les pièces en conséquence, en fonction de ce que les artistes me demandaient.

Selon quels critères choisissez-vous l’artiste ?
Je dirais que c’est l’artiste que l’on attend à ce moment-là. Parfois, je me suis trompé. Quand j’ai présenté Nicolas Moulin à la Fiac, il y a trois ans, tout le monde est passé sur mon stand en disant que c’était très beau, et personne ne m’a rien acheté. J’ai fait zéro franc à cette Fiac. Et aujourd’hui, tout le monde s’arrache ses photos. Quand je les montre, je les vends. Simplement, c’était trois ans trop tôt. Nicolas Moulin n’était pas dans une position suffisamment établie pour qu’il y ait une sorte de désir : ce côté plastique, très beau, leur faisait peur par rapport à ce que j’avais présenté avant, qui était plus bricolé, « destroy ». Il s’agit de sentir les attentes de mes collectionneurs, des institutionnels, et de me dire : « C’est le bon moment pour mettre en avant cet artiste ».

Vous avez donc en tête un profil de collectionneur ou de conservateur qui serait susceptible d’être intéressé…
Oui, exactement, une sorte de cible.

Pouvez-vous dresser un portrait type de collectionneur ?
Non, c’est difficile. À chaque artiste correspond un type de collectionneur. Certains vont acheter des œuvres très différentes qui n’ont rien à voir. C’est le mystère de la conscience individuelle et humaine qui fait la collection. Chacun crée des liens comme il veut. Quand je parle d’objectifs ou de cibles, c’est que je sens que certains ne sont pas loin d’être intéressés par le travail de tel ou tel artiste, et que, en procédant à cet appui et avec la page de pub que représente la Fiac, une dynamique est créée. Ça marche ou ça ne marche pas, comme avec une mayonnaise. Avec Nicolas Moulin, je m’étais trompé ; avec d’autres, j’ai mieux réussi.

Votre offre correspond donc à une demande latente de certains collectionneurs. Vous sentez qu’elle est là, sous-jacente …
Exactement. L’artiste produit son travail, et j’essaie de faire le petit truc qui fait avancer les choses.

Vous parvenez à cette décision en faisant une étude de l’ensemble du marché de l’art ou de la production de vos artistes ?
Non, en fait, cela représente un an de travail. Mes artistes ont déjà réfléchi à l’année prochaine et j’ai déjà pensé au stand que je ferai. C’est simplement basé sur ce que je ressens, sur ce qui se passe autour de mes artistes, sur les propositions qu’ils reçoivent, sur le nombre de dossiers que j’envoie de tel ou tel artiste à tel moment. Je sais alors que là il y a des attentes, des demandes de la part de collectionneurs qui veulent voir de nouvelles pièces. L’entonnoir se resserre, et je me dis : « C’est celui-là que je dois emmener, c’est pour lui que ce sera le plus utile ».

Vous venez de parler des collectionneurs. Quel rôle jouent les conservateurs et les institutionnels dans l’évolution des artistes que vous exposez ?
Ils permettent de faire des expositions. Quand un lieu comme Transpalette à Bourges, un lieu

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