PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
PHOTO | CRITIQUES
Roy Arden, Jean-Marc Bustamante...
Politics
14 nov. - 21 déc. 2002
Paris. Galerie Gilles Peyroulet
Interroger comment certaines œuvres, singulièrement des photographies, peuvent être politiques. Le Politique dans l’Art : une façon non péremptoire d’aborder ce qui se passe. De questionner sans donner de réponses, au risque, parfois, de la confusion.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR
INFOS PRATIQUES

Jean-Marc-Bustamante-<em>Suspension-(Something-is-missing)<-em>-1997-Fer-peint-blanc-mandarin-vivant-nourriture-et-graviers-blancs-180-x-30-x-46-cm-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

Robin-Collyer-<em>Support<-em>-2000-Aluminium-et-phototransfert-sur-plastique-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

Roy-Arden-<em>Citizen<-em>-2000-Vid-eacute;o-num-eacute;rique-sur-DVD-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

Robin-Collyer-<em>Marker<-em>-(d-eacute;tail)-1992-Thermoformage-p-eacute;llicull-eacute;-3-eacute;l-eacute;ments-92-x-230-cm-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

Ryuji-Miyamoto-Satyam-2-et-5-1997-1998-Impression-sel-d-amp;-146;argent-sur-aluminium-130-x-100-cm-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

Robin-Collyer-<em>Vent<-em>-1991-Ventilateur-aluminium-photo-couleur-et-photocopies-couleur-89-x-114-x-114-cm-Photo-paris-artcom-Courtesy-Galerie-Gilles-Peyroulet-Cie

  
Par Jérôme Gulon

Si les artistes présentés par la galerie Gilles Peyroulet sont singuliers dans leur démarche, se pose d’emblée la question de la pertinence de leur regroupement dans une même exposition intitulée « Politics ». Un des liens qui les unissent serait leur utilisation « questionnante » de l’image photographique.

Dans l’œuvre de Robin Collyer les icônes tirées de l&squo;actualité et associées à des sculptures, met en tension l’éphémère de l’image de presse et le caractère pérenne de l’œuvre d’art.
La première, Vent ( 1991), disposée au sol et volontairement intrigante, est une carcasse de ventilateur industriel retourné, ressemblant à un champignon métallique, formant une sorte d’architecture. Sont collées dans sa partie supérieure des photographies de la Maison Blanche, et, autour du pied cylindrique, des reproductions de cartes d’un jeu de sept familles évoquant la guerre du Golfe.
Il y aurait-il sept familles ou une seule : celle des pouvoirs et de l’argent ? Le monde semble aspiré par la centrifugeuse des États-Unis. L’air ne circule plus dans ce ventilateur aux formes lourdes et ce qui tourne, tourne en rond.
Dans Vent, les icônes mises en scène en un rythme répétitif, n’ont pas l’optimisme d’un « pop » warholien. Un sentiment plus pesant s’en dégage, celui de l’imagerie diffusée, répétée par les médias. Ne serions-nous pas davantage dans du « War-éolien » ? L’apparition régulière et obsédante du drapeau américain s’inscrit dans un cercle mécanique sans fin.

L’actualité brûlante est devenue glaciale, le ventilateur a fait son œuvre. La deuxième pièce de Robin Collyers, Support (2000), paraît plus proche d’une réflexion d’ordre épistémologique que proprement politique. Elle fait figure de Vanité des temps modernes.
Support est une pièce métallique d’environ 50 cm de haut posée au sol. Sa plastique industrielle se situe entre les œuvres de Donald Judd et Un beau matin d’Antony Caro. Mais le beau matin de Robin Collyer s’est révélé dramatique. Comme dans Vent à laquelle elle fait écho, les images de l’actualité lui collent à la peau. En sa partie intérieure, comme à travers des hublots, nous pouvons apercevoir, tapissée comme dans une chambre mortuaire, la page d’un journal relatant le terrible accident du Concorde à Roissy : le tombeau fragile de notre foi en la technologie anéantie par une petite pièce de métal oubliée sur la piste.

Parfois le sens politique semble se perdre, comme dans Suspension (1997) de Jean-Marc Bustamante : entre sculpture et objet, une cage à oiseaux blanche, surélevée à hauteur de regard par quatre pieds et à l’intérieur de laquelle se trouve un mandarin vivant.
Cette cage énigmatique pourrait renvoyer à la symbolique de Magritte ou à l’objet duchampien, mais ce serait négliger le rapport que Jean-Marc Bustamante a établi entre sculpture et photographie. Son œuvre est toujours en lisière. Ainsi cette construction de l’image « à l’intérieur de » assure un passage du photographique à ce qui est nommé « Tableau ». Ce qui rentre dans le champ « Cadre » rentre de façon elliptique dans celui de l’« Art » : l’oiseau et la cage, la cage et la photo, la photo et le tableau, le tableau et l’objet, l’objet et le réel, le réel et l’oiseau. Les uns comme les autres sont matière à voir, à entendre, et donc à penser. Ainsi paysage pourrait être considéré comme matière à faire photographie.
La cage est peut-être cette chambre photographique d’où le petit oiseau va sortir, ou plutôt dont il ne sortira pas. Cette réalité gazouillante, sautillante, n’est-elle que fiction, qu’hallucination ? À travers les barreaux laqués d’un blanc parfait apparaît T22 A, tableau où se mêlent nature et architecture, ordre et désordre, le fini et le devenir. Blancheur d’un mur ébloui de soleil faisant écho à la terre fraîchement retournée. Buses de chantier en béton nu, roses fraîches entourées d’un muret gris parallélépipédique. La maison semble avoir pris la blancheur de la cage et les roses la couleur des oiseaux. Moins de « politics » que de « poétics » ou de « métaphisics ».
Sans l’oiseau, la cage fait figure de sculpture incomplète, n’enfermant que vide et silence. Seules à travers les barreaux apparaissaient et disparaissaient l’image fugace des photographies exposées. Comme dans une chambre photographique sans plan film, comme une véritable camera lucia.

Autre cage, mais invisible, est celle qui

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
INFOS PRATIQUES
 

 
VOS RÉACTIONS
0 réaction




Rechercher une critique d'expo