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PHOTO | CRITIQUES
Philippe Cognée, Monique Frydman...
Peinture et photographie
07 sept. - 31 oct. 2002
Paris. Galerie Laage-Salomon (ex)
Pour la dernière exposition avant fermeture définitive, la galerie présente deux peintres et deux photographes, contribuant à rendre plus perméables les frontières entre la photographie et la peinture.


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INFOS PRATIQUES

Axel-Hutte-<i>Boppard-Deutschland<-i>-1999-C-Print-150-x-205-cm-Courtesy-Galerie-Laage-Salomon

Monique-Frydman-<i>Sans-titre-(violet)<-i>-2002-Pigments-et-liant-sur-toile168-x-167-cm-Courtesy-Galerie-Laage-Salomon

Philippe-Cognee-<i>Andy<-i>-2001-Encaustique-sur-toile-tendue-sur-bois-65-x-50-cm-Courtesy-Galerie-Laage-Salomon

Philippe-Cognee-<i>Hong-Kong<-i>-2002-Encaustique-sur-toile-tendue-sur-bois-97-x-157-cm-Courtesy-Galerie-Laage-Salomon

  
Par Anna Guilló

Pour cette dernière exposition avant fermeture définitive de ses portes, la galerie Laage-Salomon offre un choix sobre et élégant de quelques artistes qu’elle a défendus pendant des années.
Suivant, comme souvent, le parti-pris qui consiste à rendre plus perméables les murs séparant la photographie et la peinture, l’accrochage mêle le travail de quatre artistes importants, deux peintres (Cognée et Frydman) et deux photographes (Höfer et Hütte).

Le rapport dela peinture de Philippe Cognée à la photographie est direct puisque l’artiste se sert d’images qu’il collecte pendant ses voyages pour les reproduire à l’encaustique, puis les distordre grâce à une technique (devenue désormais célèbre) consistant à écraser toile et médium au fer à repasser.
Cognée obtient ainsi son «effet» de peinture figurative, presque réaliste, à la surface troublée (et troublante), comme si le motif était regardé à travers une masse aqueuse. Les paysages urbains se succèdent, toujours dans les mêmes tons gris-blancs : on se souviendra qu’à la FIAC 2001, l’artiste nantais avait montré une vue des «Twin Towers» réalisée avant le 11 septembre et qui, avec une skyline aux contours incertains, revêtait un triste manteau de pluie on ne peut plus prémonitoire.
Même si on aurait tendance à penser que le travail de Philippe Cognée s’enferme dans un système qui relève d’avantage du truc technique que d’une véritable recherche picturale, on est tout de même étonné de croiser un portrait intitulé Andy et qui interpelle, précisément par la technique : «repasser» un visage, ce n’est pas la même chose que de «repasser» un immeuble. Même si tous deux peuvent être dramatiquement supprimés de la carte, l’effacement du visage est toujours, en termes de représentation symbolique, plus éloquent.

Les toiles de Monique Frydman sont aussi, à leur manière, des toiles écrasées où fond et forme ne font qu’un, où la manipulation sensuelle du pigment jeté sur la toile cherche une réponse et un regard contemplatifs. À n’en pas douter, le métier de l’artiste peintre est au rendez-vous, libre à chacun de s’abîmer — ou pas — dans ce travail.

Il est aussi question d’abîme dans le travail d’Axel Hütte dont les photographies grand format nous perdent toujours dans les méandres d’un monde sans échelle. Les gros plans s’avèrent être des vues panoramiques (Ksar Ghilane), un certain point de vue que l’on croit pris d’en bas est, en fait, une contre-plongée sur un paysage brumeux d’arbres au bord d’un lac…
Le détail est précis et incisif jusqu’à l’extrême dans un monde inhabité où l’on ne sait si les roseaux sont des nains ou des géants. À regarder le travail d’Axel Hütte et aussi celui de Candida Höfer, on finit de saisir l’influence du couple Becher sur les élèves de l’école de Düsseldorf dont sont issus grand nombre de photographes contemporains parmi lesquels Andreas Gursky, par exemple.

Candida Höfer vide également ses photographies de toute figure humaine en s’attachant aux détails des lieux de représentation de l’art et de la culture: Villa Médicis, Bibliothèque Nationale de France, etc. En enregistrant de manière clinique et parfois presque abstraite des lieux dont on sait qu’ils sont généralement très fréquentés, la photographe allemande livre une vision frigorifiante d’espaces presque morts tant le vide se fait plein, comme on dit d’un silence qu’il est assourdissant. Est-ce un hasard si c’est ce qui, hélas, attend le très bel espace de la galerie Laage-Salomon ?

Œuvre(s)
Philippe Cognée
Seattle, 2002. Encaustique sur toile tendue sur bois. Diptyque. 130 x 324 cm.
Le Caire, 2002. Encaustique sur toile tendue sur bois. 122 x 153 cm.
Hong Kong, 2002. Encaustique sur toile tendue sur bois. 97 x 153 cm.
Andy, 2001. Encaustique sur toile tendue sur bois. 65 x 50 cm.

Monique Frydman
Sans titre (violet), 2002. Pigments et liant sur toile. 168 x 167 cm.

Candida Höfer
Villa Medici Rom V, 2001. C-print. 155 x 155 cm.
Lumes Hôtel Xnter II, 1984. C-print. 85 x 100 cm.
BNF VIII. C-print. 104 x 85 cm.

Axel Hütte
Paronella Park, Queensland, 1999. C-print. 162 x 205 cm.
Ksar Ghilane II, 1999.C-print. 205 x 162 cm.
Boppard, Deutschland, 1999. C-print. 150 x 205 cm.

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