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PHOTO | CRITIQUES
Mark Lewis
Mark Lewis
12 janv. - 23 févr. 2002
Paris. Galerie Serge Le Borgne
Un regard filmique caustique sur le cinéma, sur le monde de l’art contemporain, et plus généralement sur la société du spectacle, du point de vue de la condition des figurants et des sans grades.


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Mark-Lewis-<em>Jay-amp;-146;-Garden-Malibu<-em>-2001-Production-Still-Courtesy-Galerie-Cent8-Paris

Mark-Lewis-<em>The-Pitch<-em>-1998-Film-Courtesy-Galerie-Cent8-Paris

Mark-Lewis-<em>From-Algonquin-Park<-em>-2001-Location-Still-Courtesy-Galerie-Cent8-Paris

Mark-Lewis-<em>North-Circular<-em>-2000-Film-Location-Still-Courtesy-Galerie-Cent8-Paris

  
Par Maxence Alcalde

Au milieu des années quatre-vingt-dix, après avoir appris la photo auprès de Victor Burgin, Mark Lewis se tourne vers le cinéma. Parfois descriptif, mais le plus souvent caustique, l’artiste délimite le champ du septième art en pointant ses anomalies et ses non-dit. Ainsi, pour Jay’s Garden, il engagera une vingtaine d’acteurs de films pornographiques qu’il utilise hors de leur registre habituel. La caméra se prom&grave;ne parmi ces individus qui semblent l’ignorer. Dans The Pitch, il s’élève en défenseur de la cause des figurants de cinéma. Posté dans ce qui pourrait être un hall de gare, il lit un discours imitant le style syndicaliste mêlé de théorie du cinéma, manière pour lui de nous dire sa sympathie pour les "sans voix" qui accompagnent notre quotidien de cinéphile. Les figurants de cinéma qui, contraints de rester anonymes face aux vedettes, rêvent de leur quart d’heure warholien de célébrité.

Smithfield est un long plan séquence panoramique autour d’une vitrine de rez-de-chaussée où une femme de ménage effectue son travail. Murs blancs, espace décloisonné et neutre, éclairage brut, cette vitrine ressemble dangereusement à une galerie d’art contemporain. Comme pour ses autres films, Mark Lewis nous montre l’envers du décor: dans la galerie, une fois la nuit tombée, la femme de ménage semble effacer les «bêtises» des artistes.

Intérêt pour les figurants, pour les sans grades de la société du spectacle, mais aussi décryptage des mécanismes de cette même société, sont les préoccupations de cet artiste.

Mark Lewis présente aussi une série de photographies de repérages qu’il réalisa pour ses films. Cette fois, sans aucune référence à la figure humaine, les images nous montrent des bâtiments ou des rues désertiques. Par cette présentation du hors champ, l’artiste nous dévoile un autre figurant muet bien qu’excessivement bavard: l’architecture. Il obéit aussi à une tendance actuelle du l’industrie cinématographique à présenter des making off, sorte de reportages sur le film. Entre documentation et œuvre autonome ces clichés semblent tracer des liens entre l’image filmée et la vie tout en dénonçant les incohérences de son médium. Photographie comme preuve du réel, photographie comme preuve d’œuvre d’art, ou entremêlement des deux, la question demeure.

Œuvre(s)
Mark Lewis
The Pitch, 1998. Film.
After (Made for TV), 1999. Film.
Smithfield, 2000. Film.
Jay’s Garden, 2001. Film.
— 4 photos. 52 x 62 cm.

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