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PHOTO | CRITIQUES
Dennis Hopper, Ed Moses...
L.A. : The Four
08 mars - 29 avr. 2006
Paris. Galerie Dominique Fiat
Dennis Hopper, Ed Moses, Ken Price et Ed Ruscha font partie de ces artistes qui ont contribué à l’essor artistique de Los Angeles au milieu du siècle dernier. La galerie Dominique Fiat présente avec eux l’essentiel de la scène californienne.


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Ken-Price-<em>21st-Century-Southern-Art<-em>-2005-Aquarelle-sur-papier-25-4-x-20-3-cm-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Ken-Price

Ken-Price-<em>High-Country-Meth-Labs<-em>-2005-Aquarelle-sur-papier-27-6-x-21-6-cm-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Ken-Price

Ed-Ruscha-<em>Vacant-Lots<-em>-1970-2003-Tirage-g-eacute;latino-argentique-64-x-64-cm-chaque-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Ed-Ruscha

Ed-Ruscha-<em>Vacant-Lots<-em>-1970-2003-Tirage-g-eacute;latino-argentique-64-x-64-cm-chaque-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Ed-Ruscha

Ed-Ruscha-<em>Books<-em>-2001-4-tirages-23-x-30-cm-chaque-1-cibachrome-28-x-37-5-cm-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Ed-Ruscha

Dennis-Hopper-<em>Los-Angeles-(Green-Door)<-em>-1995-Ilfcolor-et-plexiglas-162-5-x-116-8-cm-Courtesy-galerie-Dominique-Fiat-©-Dennis-Hopper

  
Par Christine André

Dennis Hopper ouvre la visite. Des photographies de mode, prises à Paris, montrent de jeunes femmes dans des lieux symboliques de la capitale. A l’intérieur du musée Gustave Moreau une silhouette contemporaine drapée des habits d’un grand couturier apparaît presque provocatrice dans ce lieu hors du temps. Ce contraste entre le passé, glorieux et immobile, et le présent est mis en valeur par un cadre rigoureux, une mise en scène ben servie, et par le choix du format carré.
Dans les autres photographies de Hopper, la ville est différente, à la fois plus chaotique et plus douce.
Un panneau de douze images verticales, prises à Cahors, forme une vision morcelée de la ville. L’accent est mis sur les signes peints, les dessins, le sol, les murs, la ferraille. Le grain des pierres, des pavés, du goudron, proches et palpables, donnent toute sa force à la matière prise en plan serré.

Ville ancienne à taille humaine, Cahors est mise en parallèle avec Los Angeles, métropole récente, complexe, tentaculaire, lointaine et insaisissable, réduite ici à une simple Green Door. Image banale, de grand format, présentée comme un tableau, elle se compose d’un store métallique peint en vert, ponctué de tâches de couleur qui lui donnent l’apparence d’une carte, peut-être celle d’une ville.

Chez Hopper, point de plans larges, comme on pourrait s’y attendre pour des paysages urbains, et de la part d’un artiste américain, mais une géographie miniature et dense qui illustre une relation intime à la ville, et laisse deviner l’étrangeté urbaine et l’usure du temps.

Cette vision singulière de la ville et des matières qui la composent se retrouve différemment chez Ed Ruscha. Si lui aussi s’attache au banal, c’est de manière plus distanciée. Il photographie la ville en noir et blanc, de loin, en s’attachant à ses interstices dont on ne sait s’ils sont abandonnés ou promis à la construction.
Cette approche neutre de paysages banals, voire insignifiants, est présentée dans l’exposition en deux séries d’images montrant une ville désolée, sans caractère, dont les seuls repères de la trame urbaine sont des infrastructures électriques, des rues à angle droit, des panneaux, des véhicules, des bâtiments, des pavillons, dans un espace dont l’identité reste incertaine.

La première série se compose de non-lieux urbains décomposés, en friche ou en attente d’aménagement, des bords de routes, des sorties de villes indéfinissables. La seconde présente des images dont le premier plan, très présent, se réduit à des toits plats.
Toutes ces photographies ont en commun de laisser une large place au vide. C’est dans ce vide de la périphérie, de l’entre-deux urbain, de l’espace routier, des toits en terrasses que la matière, végétale ou organique, prend corps et donne toute sa pertinence à l’image.
Le ciel, parfois quadrillé de poteaux et de fils électriques, toujours très présent, est traité comme l’espace urbain, c’est-à-dire comme une matière à part entière. La ligne d’horizon, si importante dans les images de Ruscha, équilibre la relation entre le ciel et le paysage.

On connaît l’intérêt qu’Ed Ruscha accorde aux livres, puisqu’il fut l’un des premiers à réunir, dès les années soixante, ses travaux dans des ouvrages qu’il concevait lui-même. Son goût s’exprime ici sous forme de photographies de livres-objets où sont mises en lumière la matière irrégulière et mystérieuse des pages et la forme pure des tranches.
Les aquarelles de Ken Price représentent des paysages aux motifs simples et inhabituels. L’impression d’étrangeté qui s’en dégage est renforcée par des couleurs vives et tranchées: le ciel, très présent ici aussi, est rose, rouge, bleu turquoise ou noir; des mobile-homes rose et vert se détachent sur un sol orange et désert; une terre volcanique verte, toute en replis, crache une fumée compacte; une forme jaune aux contours arrondis trône, incongrue, dans un paysage aride et découpé qui rappelle un décor de western.

La naïveté apparente qui se dégage de ces images laisse progressivement place à l’inquiétude lorsque on en perçoit le caractère futuriste post-apocalyptique. Car Ken Price ne représente pas les paysages, il les invente. Sculpteur, il crée, lorsqu’il peint, des formes abstraites qu’il conçoit de toutes pièces. Il compose ainsi, à partir d’éléments réels, familiers ou mythiques de l’environnement américain, des paysages simples et vifs qui renvoient à la nature, au mode de vie de son pays, et à un futur imaginé.

Rien de tel dans les aquarelles de Ed Moses, un des membres les plus inventifs des artistes expressionnistes abstraits. Elles sont en effet composées de masses informes et légères, semblables à des

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