PHOTO | CRITIQUES
Frédéric LebainFrédéric Lebain, Freddie et la chocolaterie 10 nov. - 23 déc. 2006
Paris. Galerie Philippe Chaume
En saupoudrant de cacao des objets familiers qu’il photographie, Frédéric Lebain nous entraîne dans le musée imaginaire de l’enfance.
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Par Étienne Helmer Que la cuisine soit un art, les gourmets le soutiendront, au risque de se brouiller avec les philosophes et les artistes; mais qu’elle puisse être utilisée à des fins esthétiques, où le plaisir des yeux se substitue à celui du palais et sollicite une réflexion sur la mémoire et le temps, voilà ce qu’on aurait eu du mal à croire sans Frédéric Lebain. Sa technique est bien connue des pâtissiers, car il le fut lui-même: il a pulvérisé de la poudre de cacao sur es objets ayant préalablement séjourné dans un congélateur, l’adhérence se produisant sous l’effet du froid. Se dégage pourtant de ces images une sensation de douceur soyeuse et veloutée. La grande qualité de l’impression jet d’encre contribue à cet effet. Les objets sont ceux de son enfance, de l’univers familier de sa jeunesse et de sa période de formation: jouets, objets décoratifs, trophées sportifs, un minitel, une console de jeux vidéos. Une nature morte plus picturale fait songer à Morandi, qui enduisait parfois de peinture les objets avant de les reproduire sur la toile. La poussière des greniers laisse ici la place à la poudre de cacao et à son ambivalence gustative: entre la douceur sucrée de l’enfance et l’amertume du souvenir. Œuvre(s)— Série «Chocolat», 2006. Impression jet d’encre. 115 x 90 cm / 58 x 44 cm.
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