PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
PHOTO | CRITIQUES
Lyzane Potvin, Bianca Sforni
Bianca Sforni et Lyzane Potvin
29 oct. 2005 - 08 janv. 2006
Paris. Galerie Eric Mircher
Pour la deuxième exposition dans sa nouvelle galerie, Eric Mircher explore deux univers féminins aux antipodes l’un de l’autre. Bianca Sforni (After Dark) traque le rêve et l’émerveillement dans les clubs de strip-tease de Los Angeles pendant que Lyzane Potvin (Je suis une truie) se fascine pour l’extrême violence et exhibe ses tripes.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR
INFOS PRATIQUES

Bianca-Sforni-<em>Monument<-em>-2002-2005-Photo-pigments-sur-melinex-50-x-61-cm-Courtesy-galerie-Eric-Mircher

Bianca-Sforni-<em>Maria-Elena<-em>-1999-2005-Tirage-argentique-175-x-71-cm-Courtesy-galerie-Eric-Mircher

Lyzane-Potvin-<em>Sans-titre<-em>-2005-Techniques-mixtes-sur-toile-92-x-100-cm-Courtesy-galerie-Eric-Mircher

  
Par Natalia Grigorieva

Telle un papillon de nuit se brûlant les ailes au contact d’une ampoule, Bianca Sforni a tournoyé durant de nombreuses années autour des clubs de strip-tease et de ses lumières, munie d’un appareil photo. Les néons, les paillettes, les explosions de couleurs électriques, une débauche de bleus, de roses, de verts, sont à l’origine de son attraction irrésistible pour ces lieux évoquant rarement la poésie.

D’abord attirée par les bâtiments eux-mêmes, qu’elle a immortalisés aussi bien en couleurs qu’en noir et blanc, la photographe est rapidement tombée sous le charme des créatures qui en sont l’attraction. La tendresse, le respect et l’admiration qu’elles ont éveillés se lisent au fil des images.

Un boa en plumes oublié sur une table, une figurine sur un zinc, un visage, un corps représentent autant d’instants qui semblent gelés dans la mémoire. On est loin ici de la brutalité de Gary Lee Boas. L’hypersaturation des couleurs efface, étouffe les détails qui pourraient rattacher ces microcosmes à la réalité ; le noir et blanc enveloppe les corps dans une brume de nostalgie.

A aucun moment Bianca Sforni n’a tenté de faire du documentaire ou de s’attarder sur les aspects sordides de cet univers où les danses acrobatiques et l’image des corps sont des biens de consommation parmi tant d’autres, où les valeurs ne sont plus qu’un lointain souvenir, où converge la misère d’une population en mal de spectacle ou d’affection.

Aux antipodes des photographies poétiques de Bianca Sforni, les peintures de Lyzane Potvin coupent court aux rêveries du spectateur. La jeune artiste se met en scène dans des décors sordides régulièrement affublée d’une tête de truie, dévorant des organes non-identifiés, se mutilant, se masturbant et glorifiant des objets tranchants divers et variés. Le corps de l’artiste, martyrisé, scarifié, parfois amputé d’un membre ou deux, distille une atmosphère désagréable relevée par un fumet de religiosité émanant des inscriptions comme «Ne nous soumets pas à la tentation et délivre-nous du mal».

Difficile de percevoir une influence artistique quelconque au sein du travail de Lyzane Potvin, même si l’on pourrait envisager ses peintures comme une transcription picturale des glorifications mystico-existentielles et sanguinolentes de Hermann Nitsch et plus largement une résurrection accidentelle de l’art corporel encouragée par le souvenir du corps martyrisé : mordu par Vito Acconci, coupé au rasoir par Gina Pane ou blessé par balles par Chris Burden.

Mais il serait plus juste d’en dégager des influences cinématographiques ou littéraires. L’esthétique trash et ses décors insalubres, les objets tranchants, les mutilations diverses et le corps en mutation semblent empruntés à Floria Sigismondi, photographe et réalisatrice qui a notamment contribué à installer l’univers du chanteur Marilyn Manson.
La tête de truie et la scie, accessoires récurrents, ne sont pas sans rappeler Saw, le macabre long-métrage de James Wan sorti en 2004 et déjà considéré comme culte.
Quant à l’exaltation d’une sexualité violente et morbide qui soulève immanquablement un haut-le-cœur, elle semble issue d’un roman du pornographe Charles Böserbach. Le tout dégage un parfum de rébellion adolescente et de provocation gratuite. Mais curieusement, les œuvres de Lyzane Potvin et celles de Bianca Sforni se complètent grâce à une combinaison improbable.

Œuvre(s)


     Page 1 / 1           
RÉAGIR
INFOS PRATIQUES
 

 
VOS RÉACTIONS
0 réaction




Rechercher une critique d'expo