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PHOTO | CRITIQUES
Anthony Hernandez
A Redefined Work: 1987 – 2007
10 mars - 07 avr. 2007
Paris. Galerie Polaris
Anthony Hernandez rôde dans les coulisses de la modernité américaine et va chercher la beauté là où on ne l’attendait pas. Photographe du paysage par le détail, son œil est à l’affût de la beauté simple d’un pantalon mis à sécher sur un buisson ou d’un poteau électrique qui se détache sur le bleu du ciel.


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Par Marie-Jeanne Caprasse

Panorama de plus de vingt ans de photographie d’Anthony Hernandez, cette exposition montre le regard particulier d’un homme qui s’intéresse à ce que la société abandonne, ignore ou met au rebus: des campements de sans abris, une rivière souterraine, des lieux perdus dans le désert, des bâtiments à l’état d’abandon…

Ses paysages témoignent du passage des hommes sur le territoie, des traces ou objets qu’ils ont laissés dans leur sillage. Mais les êtres vivants sont complètement absents du cadre, son œil conduit Anthony Hernandez à révéler le résidu, les ruines et les revers de la modernité américaine. Le point de vue qu’il applique sur le réel dévoile un jeu de formes, de matières et de couleurs, donnant une valeur esthétique à ce qu’il inscrit sur la photographie.

Ses belles lumières sont toujours naturelles, son dispositif photographique est simple, à l’image du regard qu’il porte sur les choses: sans mise en scène, sans jugement ni ironie. Il ne revendique pas, il constate tout simplement, en recentrant l’attention sur la beauté de l’inutile, du rebus, de l’insignifiant. Donnant de la saveur au banal, à ce que l’on ne regarde pas car jugé sans intérêt, il met en évidence un détail pour évoquer un cadre beaucoup plus vaste.

La vision chronologique des séries — débutant avec les «Paysages pour les sans abris» de 1980 pour arriver à la série «Everywhere» de 2007 — laisse percevoir une évolution. Progressivement, Anthony Hernandez se concentre vers une capture esthétisante du réel, en travaillant notamment sur des formes très simples et des couleurs saturées.

Les séries «Picture for LA» de 2002 et «River Serie» de 2004 marquent ainsi un tournant vers une recherche plastique sur le paysage s’inscrivant dans une tradition picturale: recherche sur la matière, la couleur et les jeux formels vont dominer. C’est dans ce registre, plus épuré et centré sur la matérialité des éléments, qu’il atteint un plus grand concentré d’émotion artistique.

Œuvre(s)
Anthony Hernandez
Everything n°1, River, 2004.
River n°3, 2004. C-print, 150 x 150 cm.
River n°2, 2004. C-print, 150 x 150 cm.
River n°4, 2004. C-print, 150 x 150 cm.
Everywhere n°8, 2007. C-print, 110 x 110 cm.

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