PHOTO | CRITIQUES
Gilbert FastenaekensGilbert Fastenaekens 24 oct. - 20 déc. 2003
Paris. Galerie Les Filles du Calvaire
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Par Philippe Coubetergues clichés. À des vues d’ensemble et surplombantes ont été préférées des vues rapprochées et latérales. À de larges étendues urbaines ont été préférés des espaces cloisonnés et sans profondeur. Pas de longue perspective urbaine, pas d’activité humaine, pas de mouvement. Bien au contraire, les vues sélectionnées font exclusivement porter notre atten ion sur l’objet architectural, stable, monolithique, inscrit arbitrairement dans son contexte urbain : murs aveugles d’immeubles recouverts de matériaux isolants, pavillons encastrés entre deux tours, etc.
De prime abord, le constat photographique paraît objectif, documentaire. La prise de vue à la chambre confère à l’image cette frontalité franche qui lui est propre en évitant les déformations dues en particulier aux effets de contre-plongée. L’éclairage est d’une parfaite neutralité dans son incidence sur les volumes. Et d’images en images, s’enchaîne froidement dans un registre presque encyclopédique, le travelling régulier d’un inventaire méticuleux de la ville.
L’impossible caractère exhaustif de cet inventaire apparent, associé aux premières spéculations sur ce qui artistiquement le motive, suffisent à soupçonner la démarche d’une autre intention plus secrète. À travers ces compositions si parfaites que l’image doit principalement au cadrage, à travers la géométrie si maîtrisée du motif dans son rapport proportionné au format, dans cette façon si calculée de voir des tableaux partout dans la ville, dans cette démonstration si magistrale de faire le lien entre l’environnement urbain et l’abstraction géométrique, s’énoncent également des préoccupations d’un autre ressort. Au cœur de cette apparente pérennité des choses se joue une incessante métamorphose. C’est en fait de l’im-permanence de notre environnement urbain qu’il est question ici. En effet, insensiblement sous nos yeux s’opère l’inexorable mutation de la ville. Cet inapparente instabilité de ce qui vient se fixer à l’image, trouve alors dans la nature elle-même instable de l’impression, telle qu’elle a été décrite plus haut, un écho parfaitement cohérent.
Les « impressions jet d’encre » de Gilbert Fastenaekens, sous le couvert d’un formalisme revendiqué et hérité peut-être de ce que l’on nomme le « style documentaire », sont de véritables vanités modernes. À y regarder de plus près, le spectateur prendra conscience de ce qui passe. Œuvre(s)Gilbert Fastenaekens :
— Série « Sans titre », 2000-2003. Tirages couleur impression jet de pigments, contrecollés et encadrés. 214 x 174 cm (encadré : 222 x 182 cm) ; 192 x 178 cm (encadré : 200 x 156 cm) ; 125 x 100 cm (encadré : 133 x 108 cm).
— Série « Noces », 1988-1995. 24 photos. Tirage noir & blanc baryté
   
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