Par Philippe Coubetergues
véritable franchise et authenticité des moyens avec une grande subtilité des effets. Même remarque pour
Le droit chemin, la vidéo loufoque - de prime abord - dans laquelle ils évoluent déguisés au sein d’un décor parfaitement sublime: leurs gestes maladroits, leurs expressions sans grâce, le caractère sommaire de leur relation, associés au caractère exceptionnel du contexte, révè
lent un écart troublant et manifestement efficace.
La nature
Les œuvres de Fischli et Weiss demeurent très proches de la nature. Les matériaux bruts employés en témoignent comme la terre crue ou le caoutchouc des sculptures par exemple ou les multiples matérialités exploitées dans
Le cours des choses (feu, eau, bois, métal, poudre, etc.). La nature se manifeste également comme l’atelier extérieur de Fischli et Weiss. Les photographies de la série
Fleurs, Champignons et celles de
Monde visible, comme le décor du
Droit chemin le rappellent.
La dérision
L’humour teinte chacune des œuvres de Fischli et Weiss. La démarche n’est jamais très éloignée du calembour dadaïste, de la farce enfantine ou de la blague potache. Les titres en particulier soulignent cet esprit de dérision comme
Mick Jagger et Brian Jones rentrant chez eux satisfaits après avoir composé «I can get no satisfaction» qui est le titre d’une sculpture en terre crue où l’on voit effectivement deux personnages grossièrement modelés marchant sur un trottoir et longeant un mur de brique. Les titres de la série
Equilibre – Un après-midi tranquille qui met en scène des objets quotidien placés en équilibre sont également très imagés: Ben Hur, Le confessionnal, Le triomphe de la carotte, etc. Chaque sculpture est un nouveau numéro de cirque, une sorte d’acrobatie dérisoire.
Le cours des choses produit également un effet comique incontestable: l’incongruité des objets et des matériaux, les coïncidences calculées, les écroulements et débâcles successives, les effets de surprises et de suspens sont autant de stratégies filmiques exerçant sur les spectateurs la même fascination, le même émerveillement qu’une fiction à la Buster Keaton. Le son a également son importance: bouillonnements, crépitements, explosions, bruits de chutes, de glissements et d’impacts divers. L’éclat de rire est assuré dans la salle.
Il y a pour conclure un air de famille entre Fischli et Weiss, et Deschamp et Makeïeff qui ne devrait échapper à personne. Ils ont en commun cette douce dérision, cet attachement au précaire, au faux pas, un même intérêt pour une certaine poésie du quotidien qui tient du presque rien et qui change presque tout.
Œuvre(s)Fischli et Weiss
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Sculptures en caoutchouc, 1986-1987. Différents formats.
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Fleurs, Champignons, 1997-1998. Série de photographies couleur.
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Soudain cette vue d’ensemble, 1981-2006. Série de petites sculptures en argile crue.
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Le Droit Chemin, 1982-1983. Projection vidéo.
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Les Saucisses, 1979. Série de photographies couleur.
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Le Cours des choses, 1986-1987. Projection vidéo.
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Le Cours des choses: dans l’atelier, 1985-1986. Projection vidéo.
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Equilibre – Un après-midi tranquille, 1984-1985. Série de photographies en couleur et en noir et blanc.
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Monde visible, 1987-2000. Série de 3000 photographies diffusées sur trois écrans de télévision.
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Ateliers, 1992-2000. Séries d’installations.
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Questions, 2002-2003. Projection de diapositives sur mur.
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Sculptures grises. Série de sculptures. Polyuréthane, étamine et peinture.
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Fotografias, 2004-2005. Série de