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PHOTO | CRITIQUES
Michel Journiac, Rachel Laurent...
Dans la peau d’une femme
20 juin - 20 juil. 2002
Paris. Galerie Loevenbruck


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-Eacute;douard-Lev-eacute;-<em>Pornographie<-em>-2002-Photo-contrecoll-eacute;e-sur-aluminium-70-x-70-cm-©-Edouard-Leve-Courtesy-Galerie-Loevenbruck

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Par Hélène Sirven

de nous est concerné », qu’il faut « abolir la pesanteur terrestre de l’État »…
Le scénario très précis qui sert la prestation érotique, mixte et cynique de Labaume est sans illusion sur les capacités hypnotiques du pouvoir. Oui, la révolution est loin. Cette performance avait déjà eu lieu en 1999 aux Beaux-Arts de Dunkerque.

Le sexe en action apparaît dans le deux grandes photographies en couleur de Rachel Laurent : bouche ouverte, sans équivoque, la poupée gonflée exulte. L’artiste, dans un entretien avec Catherine Millet (Artpress, janv. 1992), souligne son intérêt pour « les effets paradoxaux, de tension, d’ambiguïté, d’équivoque, où sont déjouées les hiérarchies convenues». Elle dit aussi plus loin sa filiation avec Warhol dans un goût ambivalent pour le toc, le plastique, la vulgarité. Rachel Laurent, fétichiste convaincue et fine assembleuse, recherche «un effet de tension entre le sublime et le vulgair ».
C’est bien ce qui est visible ici, car ces très belles photographies se jouent avec une élégance paradoxale des représentations pornographiques. Pas d’images « sales », ni banales, mais un humour sans concession vis-à-vis de la fausse pudeur des moralistes. Ces têtes très insolentes nous regardent sans le faire vraiment, l’absence est à la mesure de l’ouverture.

Alors, les personnages habillés des photographies d’Édouard Levé, même s’ils évoquent directement les postures codifiées du porno, restent avant tout des corps d’hommes et de femmes, fidèles à la chorégraphie qu’ils ont interprétée avec lenteur et précision lors de la performance au Palais de Tokyo cette année. Dans la peau des acteurs du porno, ces figures corporelles ont plus de liens avec les personnages des tableaux diurnes du Caravage, peintre cher à Levé, qu’avec les figurants des films X.

Enfin, ultime réponse à ce que le corps de la femme contient de politique, de rite et de fantasme, il y a les photographies en noir et blanc qui font surgir Michel Journiac en communiante ou en mariée ou en « cover-girl »… La violence et la douceur de ces photographies, leur humour aussi, insistent sur cette nécessité d’interroger les conditions de l’action artistique, de la socialité, de la fabrication et de l’émergence des images qui convoquent le corps comme un lieu, une présence sans détour. Quels contrats aujourd’hui pour le corps, pour un corps ? De la peau au corps, la quête reste en effet inachevée.

Œuvre(s)
L’exposition Dans la peau d’une femme est une proposition de Stéphane Corréard

Michel Journiac

24h dans la vie d’une femme ordinaire, (extraits : La communiante, La cover-girl, La reine, Le viol, La mariée, La conquête), 1974. 6 photographies en noir et blanc. 54 x 51 cm.

Rachel Laurent
Gorge profonde n°1, n°2, 2002. 2 photographie sous diasec. 122 x 101 cm chacune.

Ria Pacquée
Madame Visiting the National Garden Festival Hoping to See the Princess, 1990. 16 photographies couleur de 50 x 70 cm contrecollées sur toile.
The Witness and Appeal for Witness, Londres, 2001. Trois cassettes : 10’ chacune.

Édouard Levé
- Série Pornographie, 2002. Photographie couleur contrecollée sur aluminium. 70 x 70 cm.

Vincent Labaume
- L’effeuillage cosmique de l’étoile rouge, 2001. Vidéo performance : 26’.
- Les contrepèteries, s.d. 16 contrepèteries. Techniques mixtes sur

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