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PHOTO | CRITIQUES
Joachim Mogarra
Laissés pour compte et nouvelles technologies
25 janv. - 28 févr. 2002
Paris. Galerie G.-Philippe & Nathalie Vallois
Un «art dans l’art» usant de la citation et de la métamorphose poétique pour renvoyer l’art dans la vie quotidienne. Combinaison du dérisoire et de l’art, d’immédiateté ludique et de lucidité critique.


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Par Sandrine Morsillo

Peut-on qualifier l’art de Joachim Mogarra d’«art domestique», comme nous invitait déjà à le faire sa série de photographies en noir et blanc qui, en 1985, mimait des œuvres célèbres à partir d’assemblages de pommes de terre, d’épluchures, de bougies ou de boîtes. Une écriture maladroite légendait ces assemblages des noms des artistes Long, Tatlin, Smithson, Christo ou Céznne. Mogarra travaille sur un mode mineur, sans recherche d’effets spécifiques : les objets photographiés sont très ordinaires, les mises en scène minimales, et ses décors se réduisent souvent au sol de son appartement.

Mogarra expose ici des photographies en noir et blanc, légendées ou non, parfois retouchées à la peinture; des installations en forme de ready-made; et des photographies en couleurs ironiquement nommées «nouvelles technologies». Tous ces travaux réaffirment son goût pour la citation. Trois moulins et deux silhouettes esquissés à la peinture sur une photographie de paysage évoquent un épisode de Don Quichotte. Certaines de ses installations sont aussi des formes de citations: sur un socle sont disposés des objets (cintre, selle de mobylette, verre à pied, ouvre-boîte et boîte de soupe); une plaque de laiton porte le titre de l’exposition, Les laissés pour compte, donnant quelque solennité à l’ensemble. Alors que le ready-made soulignait le rôle de l’espace d’exposition dans l’élévation de l’objet au statut d’œuvre d’art, Mogarra, dans un mouvement contraire, renvoie les objets dans l’espace domestique et désacralise l’objet ready-made.

Deux photographies représentent une boîte de Vache qui rit. Dans l’une, légendée «L’artiste dans l’arène», la boite est ouverte et contient un scarabée; dans l’autre, intitulée «Le musée Taurin (maquette)», la boîte est fermée et laisse voir la mise en abîme graphique présente dans la célèbre image ornant la boite de fromage. Cette œuvre fait écho à la démarche de Mogarra: celle d’un «art dans l’art», donc de citation, et celle d’un renvoi de l’art dans la vie quotidienne. Bref, «l’art dans l’art, dans la vie quotidienne». Dans son monde, Mogarra est doté du pouvoir de métamorphoser les objets: une plante d’appartement photographiée au centre d’un grand espace vide devient un palmier et l’ensemble, un paysage.

Dans le Bestaire, des pommes de terre sont transformées en boucs, hérissons et zébus, tandis qu’elles sont, comme des mannequins, revêtues de tissus, de paillettes, de boutons et de bijoux dans la Collection automne-hiver 2001 et dans le Défilé. La pauvreté des moyens mobilisés s’oppose toutefois aux couleurs denses et vives des fonds. Aucune légende ne vient, comme dans les précédentes séries, apporter un trait d’ironie qui renverrait les objets hors de l’art. Toutefois, en croisant le regard de l’enfant avec l’œil du critique, Mogarra nous fait saisir le pouvoir d’évocation poétique des plus simples assemblages.

Certains assemblages sont cependant plus réalistes que poétiques, comme ce tronc d’église surmonté d’une plaque en laiton sur laquelle est gravée cette indication «Pour les artistes nécessiteux». Installé dans un lieu marchand, l’objet de charité rend hommage aux artistes qui, comme les objets, ont été «laissés pour compte», et à la marchandisation de l’art à laquelle la galerie participe. L’ironie de Mogarra n’épargne ni l’œuvre ready-made, ni l’artiste, ni le monde de l’art.

Cette ironie puise son pouvoir corrosif aux limites de l’idiotie volontaire dans cette photographe réduite au texte «Hello ! Et le vin !» disposé dans deux bulles de bande dessinée. Là encore Mogarra combine le dérisoire et l’art, l’immédiateté ludique avec une lucidité raisonnée et résonnante.

Œuvre(s)
Joachim Mogarra

Entrée :
Collection automne/hiver 2001, 2001. Seize photo couleur. 40 x 30 cm.
Sans titre (Eureka) , 2001. Photo noir et blanc et gouache. 100 x 150 cm.
Sans titre (bestiaire) , 2001. Photo couleur. 105 x 160 cm.
Sans titre (bestiaire) , 2001. Photo couleur. 105 x 160 cm.

Grande Salle :
Le Musée Taurin (diptyque) , 2001. Deux photo noir et blanc. 50 x 70 cm.
Sans titre (grand paysage) , 2001. Photo noir et blanc sur toile, tendue sur châssis. 166 x 250 cm.
Sans titre (défilé) , 2001. Photo couleur. 160 x 105 cm.
Les Laissés pour compte, 2001. Objets sur socle, plaque de laiton.
Pour les artistes nécessiteux, 2001. Tronc, deux plaques de laiton.
Sans titre (Hello! Et le vin !), 2001.

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com