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PHOTO | CRITIQUES
Lawrence Beck
Un photographe américain
12 déc. 2007 - 14 janv. 2008
Paris. Galerie Metropolis
Les photographies botaniques de l’Américain Lawrence Beck présentées à la galerie Metropolis séduisent par leur précision formelle, due à une rigueur de processus imparable et à des références ironiques à l’histoire de l’art.


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Lawrence-Beck-<em>Eiffel-Tower<-em>-2000-C-Print-50-x-60-cm-Courtesy-Galerie-Metropolis-Lawrence-Beck

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Lawrence-Beck-<em>Vue-de-l-rsquo;exposition<-em>-2000-C-Print-50-x-60-cm-Courtesy-Galerie-Metropolis-Lawrence-Beck

  
Par Magali Lesauvage

D’apparence naïves et obsessionnelles, les images en noir et blanc du photographe new-yorkais Lawrence Beck font partie de ce que l’on pourrait appeler une photographie «beaux-arts», où la science de la composition, le grain de la photo, les jeux de lumières et de contrastes ont une importance majeure.
La série présentée chez Metropolis précise cette ambition, mais y ajoute un processus de mise en œuvre s&eacut;riel, confinant à une forme de photographie conceptuelle, proche, d’une certaine manière, de la démarche systématique des Becher, qui inventorièrent l’architecture industrielle selon un mode de prise de vue chaque fois identique.

Ici, ce ne sont pas des silos à grains ou des cheminées d’usines que l’on observe, mais des plantes, photographiées dans les jardins botaniques du monde entier. Photographiés frontalement, les fleurs et arbustes de Lawrence Beck sont toujours accompagnés de leur panonceau explicatif, qui les nomme et donne ainsi un caractère encyclopédique à la série.
A leur dénomination latine est souvent associé un surnom, qui donne son titre à l’œuvre : ainsi diverses sortes de nymphéas sont surnommés Venus ou Blue Indian Goddess, une tulipe se nomme West Point, une autre Capri, un arbre à thé Eiffel Tower, etc. Plus ironiquement, certaines plantes portent des noms d’artistes, comme Leonardo da Vinci.

Lawrence Beck fait ici explicitement, et nommément, référence à l’histoire de l’art. Photographiant une nature domestiquée, hybride, parfois issue de transformations génétiques, comme c’est le cas pour les tulipes multicolores, l’artiste fait sienne la notion selon laquelle la nature imite l’art. Ordonnés par l’homme, les parterres de fleurs trouvent leur concrétisation esthétique dans l’objectif du photographe, qui emploie pour chaque image des critères précis : un angle de vue frontal, une forte luminosité naturelle, et un travail d’une grande finesse sur les contrastes.

Ces photographies sont des natures mortes, à la fois par le thème, évoquant le genre pictural, et par leur condition de plantes captives. Certaines font explicitement référence à différents moments de l’histoire de l’art : la peinture hollandaise du XVIIe siècle, dans ces portraits monumentaux de tulipes, ou la peinture impressionniste du XIXe siècle, avec ces images de nymphéas évoquant immanquablement les toiles elles aussi sérielles de Monet.

Les photographies de Lawrence Beck, si elles ont pour elles une incontestable beauté formelle, interrogent donc le spectateur sur l’ambiguïté de la représentation d’une nature artificielle, erronée, réinventée par l’homme dans un processus qui rappelle finalement celui de la création artistique.

Œuvre(s)
Lawrence Beck
Blue Indian Goddess, 2000. C-Print. 50 x 60 cm.
Eiffel Tower, 2000. C-Print. 50 x 60 cm
Leonardo de Vinci, 2000. C-Print. 50 x 60 cm
Purple World, 2000. C-Print. 50 x 60 cm

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