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PHOTO | CRITIQUES
Joachim Mogarra
La Fondation Mogarra
04 mai - 09 juin 2007
Paris. Galerie G.-Philippe & Nathalie Vallois
Trois séries de photographies, en noir et blanc, sur lesquelles Joachim Mogarra intervient par l’intermédiaire de dessins et d’écriture graphique… Des tags marseillais, Ulysse en playmobil et l’univers réduit à une mandarine: trois façons des plus drôles et fantasques d’entrer dans l’univers de ce photographe raconteur d’histoires et faiseur d’extravagances.


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Par Léa Bismuth

A défaut d’utiliser la très populaire image des Schtroumpf — suite à une question de droits d’auteur concernant leur célèbre inventeur (Peyo) —, Joachim Mogarra nous en montre la silhouette dans une photographie intitulée Portrait de l’artiste méconnu: le Schtroumpf apparaît en négatif et fait signe de la main au spectateur; ultimes facéties du copyright…

Hormis cet nterlude schtroumpfesque, l’exposition se compose de trois séries de photographies, en noir et blanc, sur lesquelles l’artiste intervient par l’intermédiaire de dessins et d’écriture graphique…

La première est composée de seize photographies ayant pour sujet la ville de Marseille. Mais, loin de se contenter de faire des photos de paysages, Joachim Mogarra introduit des petits personnages dans les images: il parasite les rues et les monuments de petits bonshommes maladroitement dessinés, comme si un enfant s’était emparé de l’album de photos familial.
C’est comme si Joachim Mogarra «taguait» la ville, la couvrant de graffitis souvent érotiques et provocateurs. C’est avec un immense humour qu’il déguise ses photographies en introduisant son univers mental dans les paysages, sans oublier sa façon de légender ses photos de manière ironique: «A la grâce de Marseille», peut-on lire sur l’une d’elle.

La deuxième série est consacrée au «Voyage d’Ulysse». Pour illustrer à sa manière l’Odyssée homérique, Joachim Mogarra met en scène des jouets, des petits objets ainsi que des matériaux de récupération. Ainsi, il photographie dans un clair obscur très esthétique des playmobils, des legos, des bonshommes de papier… Par exemple, il construit des bateaux en papier journal et en allumettes et assemble des petits bouts de bois pour faire un cheval de Troie.
Joachim Mogarra se réapproprie le récit d’Ulysse en faisant des jeux de mots à l’image des sirènes qui deviennent les «six reines» formant une farandole en papier découpé. Il y a quelque chose de troublant dans la confrontation entre la rigueur esthétique des photographies, la narration qui se met en place et l’ironie qui s’en dégage.
Cette façon de photographier des jouets et des figurines de fortune rappelle particulièrement l’usage de la photographie par des artistes tels que Christian Boltanski dans les années 1970 qui faisait des mises en scène avec des sucres, des boulettes de terre et autres petites figurines primitives.

Enfin, la troisième série développe l’idée de reconstitution photographique impossible. Les légendes précisent ce que la photographie est censée représenter, à savoir des météores, les anneaux de Saturne, ou encore la voie lactée. Mais, ce ne sont que jeux de lumière, bouts de fromage et quartiers de mandarine… Peut-être que Joachim Mogarra tente ici de souligner avec humour et distance la petitesse de l’homme dans l’infiniment grand.

Des tags marseillais, Ulysse en playmobil et l’univers réduit à une mandarine; voilà trois façons des plus drôles et fantasques d’entrer dans l’univers de ce photographe raconteur d’histoires et faiseur d’extravagances.

Œuvre(s)
Joachim Mogarra
Théorie de l’espace plat, 2006. Série «L’Espace». Série de 24 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 64 x 96 cm (23 éléments) et 61 x 91 cm (1 élément).
Météor Crater, 2006. Série «L’Espace». Série de 24 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 64 x 96 cm (23 éléments) et 61 x 91 cm (1 élément).
Belka et Strelka, 2006. Série «L’Espace». Série de 24 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 64 x 96 cm (23 éléments) et 61 x 91 cm (1 élément).
Vie sur mars, 2006. Série «L’Espace». Série de 24 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 64 x 96 cm (23 éléments) et 61 x 91 cm (1 élément).
Les taches lunaires, 2006. Série «L’Espace». Série de 24 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 64 x 96 cm (23 éléments) et 61 x 91 cm (1 élément).
Les murs d’Ilion, 2005-2007. Série «Le voyage d’Ulysse». Série de 22 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 50 x 60 cm chacune.
Le cheval de Troie, 2005-2007. Série «Le voyage d’Ulysse». Série de 22 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 50 x 60 cm chacune.
Ulysse s’échappe du pays des cyclopes, 2005-2007. Série «Le voyage d’Ulysse». Série de 22 photographies noir et blanc, réhauts de gouache. 50 x 60 cm chacune.
Au Pays des Six Reines, 2005-2007. Série «Le voyage d’Ulysse».

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