PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
PHOTO | CRITIQUES
Joachim Mogarra
Laissés pour compte et nouvelles technologies
25 janv. - 28 févr. 2002
Paris. Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois
Un «art dans l’art» usant de la citation et de la métamorphose poétique pour renvoyer l’art dans la vie quotidienne. Combinaison du dérisoire et de l’art, d’immédiateté ludique et de lucidité critique.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR
INFOS PRATIQUES

Joachim-Mogarra-<em>Ar-egrave;ne-1<-em>-Photo-noir-et-blanc-Court-Galerie-G-P-N-Vallois

Joachim-Mogarra-<em>Sans-titre-Bestiaire<-em>-2001-Photo-couleur-105-x-160-cm-Court-Galerie-G-P-N-Vallois

Joachim-Mogarra-<em>Sans-titre-D-eacute;fil-eacute;<-em>-2001-Photo-couleur-160-x-105-cm-Court-Galerie-G-P-N-Vallois

Joachim-Mogarra-<em>Sans-titre-Bestiaire<-em>-2001-Photo-couleur-105-x-160-cm-Courtesy-Galerie-G-P-N-Vallois

Joachim-Mogarra-<em>Sans-titre-(Hello-Et-le-vin-)<-em>-2001-Eacute;preuve-chromog-egrave;ne-105-x-160-cm-Courtesy-Galerie-G-Ph-N-Valllois

Joachin-Mogarra-<em>Sans-titre-Bestiaire<-em>-2001-Photo-couleur-105-x-160-cm-Courtesy-Galerie-G-Ph-Nathalie-Vallois

  
Par Sandrine Morsillo

Peut-on qualifier l’art de Joachim Mogarra d’«art domestique», comme nous invitait déjà à le faire sa série de photographies en noir et blanc qui, en 1985, mimait des œuvres célèbres à partir d’assemblages de pommes de terre, d’épluchures, de bougies ou de boîtes. Une écriture maladroite légendait ces assemblages des noms des artistes Long, Tatlin, Smithson, Christo ou Céznne. Mogarra travaille sur un mode mineur, sans recherche d’effets spécifiques : les objets photographiés sont très ordinaires, les mises en scène minimales, et ses décors se réduisent souvent au sol de son appartement.

Mogarra expose ici des photographies en noir et blanc, légendées ou non, parfois retouchées à la peinture; des installations en forme de ready-made; et des photographies en couleurs ironiquement nommées «nouvelles technologies». Tous ces travaux réaffirment son goût pour la citation. Trois moulins et deux silhouettes esquissés à la peinture sur une photographie de paysage évoquent un épisode de Don Quichotte. Certaines de ses installations sont aussi des formes de citations: sur un socle sont disposés des objets (cintre, selle de mobylette, verre à pied, ouvre-boîte et boîte de soupe); une plaque de laiton porte le titre de l’exposition, Les laissés pour compte, donnant quelque solennité à l’ensemble. Alors que le ready-made soulignait le rôle de l’espace d’exposition dans l’élévation de l’objet au statut d’œuvre d’art, Mogarra, dans un mouvement contraire, renvoie les objets dans l’espace domestique et désacralise l’objet ready-made.

Deux photographies représentent une boîte de Vache qui rit. Dans l’une, légendée «L’artiste dans l’arène», la boite est ouverte et contient un scarabée; dans l’autre, intitulée «Le musée Taurin (maquette)», la boîte est fermée et laisse voir la mise en abîme graphique présente dans la célèbre image ornant la boite de fromage. Cette œuvre fait écho à la démarche de Mogarra: celle d’un «art dans l’art», donc de citation, et celle d’un renvoi de l’art dans la vie quotidienne. Bref, «l’art dans l’art, dans la vie quotidienne». Dans son monde, Mogarra est doté du pouvoir de métamorphoser les objets: une plante d’appartement photographiée au centre d’un grand espace vide devient un palmier et l’ensemble, un paysage.

Dans le Bestaire, des pommes de terre sont transformées en boucs, hérissons et zébus, tandis qu’elles sont, comme des mannequins, revêtues de tissus, de paillettes, de boutons et de bijoux dans la Collection automne-hiver 2001 et dans le Défilé. La pauvreté des moyens mobilisés s’oppose toutefois aux couleurs denses et vives des fonds. Aucune légende ne vient, comme dans les précédentes séries, apporter un trait d’ironie qui renverrait les objets hors de l’art. Toutefois, en croisant le regard de l’enfant avec l’œil du critique, Mogarra nous fait saisir le pouvoir d’évocation poétique des plus simples assemblages.

Certains assemblages sont cependant plus réalistes que poétiques, comme ce tronc d’église surmonté d’une plaque en laiton sur laquelle est gravée cette indication «Pour les artistes nécessiteux». Installé dans un lieu marchand, l’objet de charité rend hommage aux artistes qui, comme les objets, ont été «laissés pour compte», et à la marchandisation de l’art à laquelle la galerie participe. L’ironie de Mogarra n’épargne ni l’œuvre ready-made, ni l’artiste, ni le monde de l’art.

Cette ironie puise son pouvoir corrosif aux limites de l’idiotie volontaire dans cette photographe réduite au texte «Hello ! Et le vin !» disposé dans deux bulles de bande dessinée. Là encore Mogarra combine le dérisoire et l’art, l’immédiateté ludique avec une lucidité raisonnée et résonnante.

Œuvre(s)
Joachim Mogarra

Entrée :
Collection automne/hiver 2001, 2001. Seize photo couleur. 40 x 30 cm.
Sans titre (Eureka) , 2001. Photo noir et blanc et gouache. 100 x 150 cm.
Sans titre (bestiaire) , 2001. Photo couleur. 105 x 160 cm.
Sans titre (bestiaire) , 2001. Photo couleur. 105 x 160 cm.

Grande Salle :
Le Musée Taurin (diptyque) , 2001. Deux photo noir et blanc. 50 x 70 cm.
Sans titre (grand paysage) , 2001. Photo noir et blanc sur toile, tendue sur châssis. 166 x 250 cm.
Sans titre (défilé) , 2001. Photo couleur. 160 x 105 cm.
Les Laissés pour compte, 2001. Objets sur socle, plaque de laiton.
Pour les artistes nécessiteux, 2001. Tronc, deux plaques de laiton.
Sans titre (Hello! Et le vin !), 2001.

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
INFOS PRATIQUES
 



Rechercher une critique d'expo







 DÉPÊCHES
Monstres sacrés à l'Élysée : Hier soir, la comédienne Claudia Cardinale et le couturier Giorgio Armani étaien ...
Gilbert Gatore,de l'enfer du Rwanda à HEC : Tous les mardis et vendredis, nous vous présentons un écrivain qui a fait l'actu ...
Un grand Spirou signé Franquin : La Corne du rhinocéros, sixième tome de Spirou et Fantasio, fait partie des gran ...
«La Mouche» : quel ennui ! : Très attendue, la création au Châtelet de «The Fly» de Howard Shore est une déce ...
Un duo d'architectes récompensé pour leur engagement éthique : Le grand prix national de l'architecture 2008 a été décerné à Lacaton & Vass ...
De l'autre côté de l'armoire magique  : «Le Monde de Narnia» - Le père de Shrek, Andrew Adamson, revisite avec bonheur ...
Un Vietnam inattendu : «Faut pas rêver» - Un voyage dans l'un des pays les plus dynamiques d'Asie bien ...
Bon anniversaire Line Renaud ! : L'actrice a fêté ses 80 ans au Pré Catelan avec trois cents invités, dont Simone ...
Le Clézio, un timide rattrapé par la gloire : En 1963, du jour au lendemain, le romancier au physique d'acteur de cinéma, J.M. ...
Donnadieu dans la peau de Roger Salengro : Yves Boisset filme à Lille, pour France 2, les derniers mois de la vie du minist ...
 PETITES ANNONCES    Voir tout