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PHOTO | CRITIQUES
Frédéric Lecomte
Désaccords
29 oct. - 22 déc. 2005
Paris. Galerie Claudine Papillon
Au travers de multiples moyens plastiques, Frédéric Lecomte met en œuvre une réflexion sur la portée des images, érotiques ou meurtrières, dans lesquelles les mains jouent un rôle actif. Il se place en «désaccord» avec le réel pour dénoncer leur emprise nuisible sur la société.


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Fr-eacute;d-eacute;ric-Lecomte-<em>D-eacute;sarme<-em>-Mobile-180-x-180-cm-Courtesy-galerie-Claudine-Papillon-Paris

Fr-eacute;d-eacute;ric-Lecomte-<em>Trois-images-apr-egrave;s<-em>-Impression-num-eacute;rique-sur-papier-contrecoll-eacute;-sur-PVC-verre-sabl-eacute;-Courtesy-galerie-Claudine-Papillon-Paris

Vue-de-l-rsquo;exposition-laquo;D-eacute;saccords-raquo;-Galerie-Claudine-Papillon-29-oct-2005-22-d-eacute;c-2005-Courtesy-galerie-Claudine-Papillon-Paris

  
Par Géraldine Selin

 Artiste plurimédias, Frédéric Lecomte sélectionne des images reproductibles — clichés photographiques, extraits de films ou reportages télévisuels — pour les soumettre à un savant dispositif apte à générer des formes. Travaillant à partir de corps réels qu’il décompose selon un processus de création que Philippe Dagen caractérise de «décorps»,l’artiste exprime les préoccupations de la société contemporaine : le sexe et la mort.

Mélange de croquis et d’images médiatiques, la vidéo Appart/1 (2005) propose une alternance d’affrontements guerriers et de scènes pornographiques, le tout sur des rythmes musicaux stridents. Sans nuire à la narration, les personnages s’estompent au profit de quelques détails: une main armée d’un revolver, une autre étreignant un buste. Les scènes de corps à corps s’enchaînent rapidement ou restent figées sur l’écran comme pour faciliter la compréhension de l’image. Il en résulte un entre-deux, à la limite de la réalité et du réel reconstitué.
S’achevant sur ces mots murmurés «Parce qu’il y aura toujours des fous», la vidéo rend finalement compte de la perversité des rapports entre les hommes.

Omniprésentes dans l’œuvre de Lecomte, les mains — anonymes, assemblées ou isolées — déshabillent les corps, se les approprient, les modèlent et les éliminent d’un geste, d’une caresse. Cruelles ou sensuelles, ce sont elles qui effectuent les actions meurtrières, politiques ou sexuelles. Révélatrices d’une intention, d’un sentiment, les mains deviennent maîtresses des événements.

Fortement significatives dans la photo Police Desk (2005), douze paires de mains animent un repas composé de bouteilles de vin, de bougies et de pain. Rabattues à la base ou simplement découpées au sommet de l’œuvre, elles participent symboliquement à une cène biblique contemporaine.

Dans la série de six impressions numériques extraites de sa vidéo Appart/1 exposées sous verre sablé, les mains captent et orientent le regard vers une action dont l’une présente un homme et une femme enlassés : les corps et les détails physiques s’effacent derrière leurs mains qui les unissent pour ne former qu’une seule personne.

L’installation Désarmé (2005) montre comment la société peut agir sur les individus jusqu’à les transformer en de véritables machines à tuer. Les individus sont réduits à l’état de soldats de plomb verts et jaunes, suspendus dans l’espace à la manière d’un mobile de Calder. Les soldats deviennent ainsi inoffensifs.

En mobilisant de multiples moyens plastiques, Frédéric Lecomte met en œuvre une réflexion sur la portée des images. Il se met en «désaccord» avec le réel pour dénoncer l’emprise nuisible des images sur la société.

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