ART | EXPO

Sho-oter

09 Fév - 20 Avr 2019
Vernissage le 08 Fév 2019

L’exposition « Sho-oter » à La Station, à Nice, dévoile les œuvres réalisées en résidence par Pauline Brun et Rémi Groussin : des performances, des vidéos et des sculptures entre lesquelles se dessinent de nombreuses correspondances, comme la pluridisciplinarité, l'intérêt pour le hors-champ et le contre-pied, le glissement du champ plastique au champ fictionnel et inversement.

L’exposition « Sho-oter » à La Station, à Nice, offre un dialogue entre les performances, vidéos et sculptures de Pauline Brun et les sculptures lumineuses de Rémi Groussin, deux univers polymorphes qui se rejoignent autour des notions d’absurde, d’inopérance et de hors-champ.

« Sho-oter » : performances et vidéos de Pauline Brun et sculptures de Rémi Groussin

L’exposition présente les œuvres réalisées par les lauréats 2018 du programme de résidences temporaires que La Station propose aux artistes plasticiens, à raison de deux résidences de quatre mois par an. Ce sont Pauline Brun et Rémi Groussin, la première au printemps et le second à l’automne qui en ont cette année bénéficié. Le titre de l’exposition, « Sho-oter » marie l’anglicisme « shooter » signifiant « tirer » ou « filmer » et la représentation d’une paire de lunettes ; il évoque ainsi la rencontre entre les recherches respectives des deux artistes : entre les performances apparemment absurdes de Pauline Brun et les sculptures attrayantes mais dysfonctionnelles de Rémi Groussin.

La pratique de Pauline Brun se tourne vers la performance mais aussi vers la vidéo et la sculpture, dans un constant aller-retour entre l’atelier, le théâtre et l’institution. Pour l’exposition, elle a fait de l’atelier un espace hybride où sont abordées simultanément ces différentes disciplines à travers une scénographie invitant à la déambulation. Le soir du vernissage, l’espace d’exposition sera le lieu de performances mettant en scène un personnage s’engageant obstinément dans des situations absurdes, suivant une logique incompréhensible. Pauline Brun contrecarre ainsi la notion d’efficacité et de compétition comprise dans le terme de « performance ».

Pauline Brun et Rémi Groussin génèrent des œuvres mutantes

La Station est aussi investie au-delà du strict espace d’exposition, suivant une démarche récurrente de Pauline Brun qui explore à travers ses dramaturgies les limites de l’espace public, en lui préférant sa périphérie, ses interstices, son hors-champ. Par ailleurs, la salle d’exposition conservera après le vernissage les traces des performances, autant d’indices du passage du personnage maladroit qu’elle aura interprété. Ces formes devenant des œuvres génèrent des situations de fiction qui dépassant le champ de la performance pour atteindre le champ plastique. Enfin, des vidéos réalisées au cours de sa résidence par Pauline Brun, loin de constituer une simple archive du geste performatif, explore ce qui sépare l’action directe et l’action filmée.

Les sculptures lumineuses de Rémi Groussin exploitent les codes publicitaires pour mieux les fausser. Si certaines signalétiques, comme la paire de lunettes qui sert d’enseigne aux magasins d’optique, restent identifiables, d’autres ont muté de façon aléatoire. S’inscrivant dans la pratique elle aussi pluridisciplinaire de l’artiste, qui réalise des sculptures, des installations, des vidéos et des performances, ces œuvres engagent des scénarios plastiques renvoyant au hors-champ. Réalisées avec des artisans et des entreprises, selon des techniques et des compétences précises, elles aboutissent pourtant à des dispositifs inopérants. Déconstruits jusque dans leurs moindre élément constitutif, les néons basculent dans le champ sculptural puis dans celui de la fiction, tout en participant à un questionnement sur le statut de l’objet, sa fabrication, sa transformation et son extinction.