DANSE | SPECTACLES

Pastime, Carnation, Museum Piece, Festival Tours d’horizons 2017

16 Juin - 16 Juin 2017

En partenariat avec Le Petit Faucheux, le Centre chorégraphique national de Tours présente Pastime, Carnation, et Museum Piece de Lucinda Childs, trois soli dansés par sa nièce Ruth Childs.

Lors du festival Tours d’horizons 2017, Ruth Childs présente Pastime, Carnation, et Museum Piece, trois soli initialement écrits par sa tante Lucinda Childs dans les années soixante.

Ces trios courtes pièces, qui rappellent la période du Judson Dance Theater fondé par Lucinda Childs, font certainement figure désormais de chorégraphies historiques marquant à la fois le début de sa carrière et l’apparition d’un nouveau type d’esthétique rompant avec les conventions traditionnelles de la danse. Comme le dit Lucinda Childs à propos de la création de Pastime, Carnation, et Museum Piece : «J’ai voulu trouver une façon de bouger en dehors des concepts traditionnels de la danse et du vocabulaire de la danse, et de voir tout simplement ce que ça peut donner. C’est comme ça que j’ai construit les solos avec les objets, avec le texte, avec ces idées. C’est un travail qui a duré 6 ans.»

Pastime, Carnation, Museum Piece : legs et hommage

Lucinda Childs et sa nièce, Ruth Childs, ont eu l’occasion de travailler ensemble au Ballet Junior de Genève. Cette dernière s’emploie à recréer certaines pièces de Lucinda Childs. Commencé avec la présentation de Dance (1979) et Available Light (19 ), ce projet de transmission se poursuit désormais avec la reprise de Pastime, Carnation, et Museum Piece, pièces révélant l’approche expérimentale de la danse de Lucinda Childs.

Collaborant avec celle-ci, Ruth Childs s’est efforcé de restituer ces trois pièces dans leurs versions originales bien qu’elle ne dispose pas d’archives filmées de la période du Judson Dance Theater. Ruth Childs a donc suivi les indications chorégraphiques précises données par Lucinda Childs, la part de l’interprétation restant toute personnelle. Ainsi ruth Childs peut-elle déclarer : «Je vais essayer de me mettre dans la peau de Lucinda, tout en restant moi-même.» Pastime, Carnation, et Museum Piece ne sont autres qu’un legs transmis à une nouvelle génération de danseurs et de spectateurs.

Pastime, Carnation, Museum Piece

Premier solo de dix minutes créé en 1963, Pastime s’attache aux rapports entre le mouvement et l’objet. Un tissu extensible enveloppe entièrement la danseuse des épaules à la pointe des pieds, évoquant un petit bateau, un berceau, ou une baignoire. Pastime joue avec les formes de la danse postmoderne d’alors.

Carnation, pièce d’une durée de vingt minutes datant de 1964, trouve son origine dans un parti pris radical : concevoir une chorégraphie avec tous les mouvements possibles, exceptés ceux de la danse, combinés à des objets domestiques usuels. Seule en scène, assise table, Ruth Childs se livre à une sorte de jeu de construction, utilisant sac poubelle, panier d’essorage, éponges et bigoudis en mousse, qu’elle avale et recrache. L’objet apparaît ici comme une simple forme que l’on manipule dépourvue de toute signification proprement sociale et décontextualisé.

Dernier solo de dix minutes créé en 1965, Museum Piece se présente comme une performance ou un discours plutôt qu’une chorégraphie proprement dite. Utilisant l’idée de «l’objet trouvé» de Marcel Duchamp, Ruth Childs s’inspire du tableau de George Seurat, Le Cirque, et le décrit avec humour.