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The Fiji Times 

23 Nov - 19 Jan 2019
Vernissage le 22 Nov 2018

L’exposition « The Fiji Times » à la galerie lyonnaise Le Bleu du Ciel dévoile le dernier projet mené par Olivier Menanteau aux îles Fidji, qui scrute le présent à la lumière de l’histoire. Des photographies et un film révèlent avec ironie la persistance d’un post-colonialisme culturel.

L’exposition « The Fiji Times » à la galerie Le Bleu du Ciel, à Lyon, présente des photographies et un film réalisés par Olivier Menanteau aux îles Fidji, entre humour et critique du post-colonialisme.

The Fiji Times : Olivier Menanteau photograpie et filme la société fidjienne

Le dernier projet d’Olivier Menanteau est né de la volonté de comprendre la société fidjienne et son histoire, en calquant ses pas sur ceux de grands anthropologues qui se sont intéressés au Pacifique comme Bronilaw Malinowski et Marshall Sahlins. Parmi les axes principaux de ses recherches : la question des traditions culturelles et de l’« identité nationale » transposée dans la société fidjienne.

A travers le projet The Fiji Times, Olivier Menanteau tente de vérifier dans quelle mesure des traditions comme le cannibalisme et le don de femmes, mais aussi les royautés, le christianisme, le colonialisme, l’importance de la communauté indo-fidjienne et finalement l’indépendance obtenue en 1970 pèsent encore aujourd’hui sur la vie quotidienne et politique.

The Fiji Times révèle la persistance d’un post-colonialisme culturel

Ayant trouvé une location via Internet, Olivier Menanteau s’est installé au sein d’une illustre famille fidjienne, dont les membres ont joué un rôle dans la royauté, notamment en tant que ministre et gouverneur de province. Documentant son séjour, l’artiste réalise des photographies et un film de trente minutes, The Fiji Times, entre cinéma documentaire et œuvre vidéographique.

Cette œuvre singulière et hybride dans laquelle Olivier Menanteau endosse à la fois le rôle de scénariste et de commentateur mêle récits d’événements et anecdotes historiques et mise en scène pleine d’autodérision de l’artiste qui moque le ton sérieux des experts télévisuels. Le film se termine sur l’organisation d’une exposition d’art contemporain qui offre l’occasion d’une ultime mise en perspective ironique : alors que les artistes revendiquent leur héritage communautaire, ils reproduisent les stéréotypes du monde de l’art européen et révèle ainsi la persistance d’un post-colonialisme culturel.