DANSE | SPECTACLE

Noé

10 Mai - 24 Mai 2017

Le Théâtre national de Chaillot présente Noé du Malandain Ballet Biarritz, un spectacle s’inspirant de l’histoire biblique, sur la partition du Messa di Gloria de Gioacchino Rossini.

Après Cendrillon, La Belle et la Bête, et le Boléro, Thierry Malandain adapte l’épisode biblique du déluge dans sa dernière création, Noé, pour évoquer le destin commun de l’humanité et sa possible rédemption.

Noé : mythe et création

Dirigé par Thierry Malandain, le Malandain Ballet Biarritz occupe certainement une place particulière dans le monde de la danse en France, ce centre chorégraphique national affirmant sa filiation avec la danse classique. Thierry Malandain se veut intercesseur entre danse classique et contemporaine, souhaitant conjuguer ces deux traditions, en ne privilégiant pas l’une ou l’autre. Le seul privilège reconnu semble n’être que celui de la continuité et non de la rupture revendiquée, supposée favoriser la créativité à la manière de la nouvelle danse française des années quatre-vingt. Car la danse classique est pour Thierry Malandain «un legs, une source d’inspiration et de renouvellement». Or, cet attachement à la continuité, davantage de l’ordre de la fidélité que de la simple conservation, n’entrave pas «une écriture personnelle explorant d’autres directions», comme le montre chaque création du Malandain Ballet Biarritz. Noé, dernière pièce de Thierry Malandain, en offre un nouvel exemple.

Noé : l’humanité en devenir

A l’initiative du directeur du Théâtre national de Chaillot, Didier Deschamps, le Malandain Ballet Biarritz a été invité à présenter une création : Noé en est le résultat. Le thème de cette nouvelle pièce pour vingt-deux danseurs s’est imposé, confie Thierry Malandain, en raison de sa portée symbolique. Evénement fondateur, Noé s’ouvre sur le meurtre de Caïn, annonçant la déchéance prochaine de l’espèce humaine. Dès lors, le mythe biblique du déluge sert en quelque sorte de prétexte à un récit imaginaire où Noé et sa femme, Emzara, font figures d’Adam et Eve, entreprenant de repeupler la terre et former une nouvelle communauté humaine. Les eaux diluviennes détruisent mais laissent place à l’espoir d’entrevoir une destinée nouvelle, ou un nouveau baptême, de l’humanité.