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ART | CRITIQUES

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Robert Combas
Greatest Hits
24 fév.-15 juil. 2012
Lyon 6e. Musée d´art contemporain de Lyon
«C'est ma plus grande exposition depuis…?!?», et se tournant vers le directeur du Musée d'art contemporain de Lyon, de lancer: «C'est un voyou ce Thierry Raspail!». Voici comment Robert Combas inaugurait le 23 février dernier la grande rétrospective consacrée à son œuvre, «Greatest Hits» — titre d'un tableau datant de 1986.
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Par Sophie Rieu

En effet, s'il faut bien reconnaître que le choix d'une telle exposition peut surprendre à un moment où l'on n'entendait plus guère parler de celui qui fut le prince de la Figuration libre, «Greatest Hits» s'inscrit néanmoins de manière on ne peut plus cohérente dans une série de grandes expositions organisées ces dernières années au Musée d'art contemporain de Lyon: Andy Warhol en 2005, Keith Haring en 2008, et Ben en 2010.

Plus de 600 œuvres, couvrant une période de 35 ans ont ainsi été rassemblées par Richard Leydier, commissaire de l'exposition. Peintures, sculptures, meubles, vitraux, dessins, disques, guitares et autres «Satellites» feront ainsi vibrer, jusqu'au 15 juillet, les 3 étages du musée, dans une progression cohérente et chronologique : «On commence par le début, on finit par la fin» — une évidence, tout comme l'œuvre de Combas.

C'est dans les années 80 qu'explose le mouvement de la Figuration libre — ainsi dénommé par Ben, leur premier grand fan. Alors qu'aux Etats-Unis la Bad Painting triomphe avec Keith Haring, Jean-Michel Basquiat et Kenny Scharf, que l'Italie célèbre la Trans-avangardia, et qu'en Allemagne les Nouveaux Fauves Georg Baselitz et Anselm Kiefer sont choisis pour représenter leur pays lors de la 39e Biennale de Venise, Bernard Lamarche-Vadel réunit dans sa galerie Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémi Blanchard, François Boisrond et Jean-Michel Alberola, dans le cadre d'une exposition, «Finir en beauté».

Nourri de culture populaire (BD, pub, rock, punk, arts de la rue, enseignes, graffitis), l'art du jeune Sétois traverse rapidement les frontières de l'hexagone. Soutenu par des galeristes tels qu'Yvon Lambert et Léo Castelli, il sera exposé à New York, à Milan, à Londres, en Australie — preuve de l'universalité et de l'accessibilité de son œuvre.

«Les règles de la Figuration libre: c'est faire ce qu'on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement. […] La Figuration libre, c'est quand je fais une bande dessinée avec un héros rigolo et que le lendemain matin je laisse tout tomber pour faire une grande toile sur la bataille de Waterloo. Je ne suis pas Hergé, ni Andy Warhol, ni comme presque tous les grands peintres qui restent souvent prisonniers d'une forme de peinture, d'un ordre établi, qui ne changent que tous les six ans, ou certains même qui ne changent pas de toute leur vie. La vie, c'est de changer. On change de voiture, on change de femme, on change de chaussettes, on change de slip. Alors, on doit changer souvent de peinture, de dessin, d'idée. Un jour appliqué, le lendemain indiscipliné. Du bien fait, du mal fait, mais du soi-même» (Catalogue de l'exposition).
C'est ainsi que Robert Combas parle de son œuvre. Et c'est ainsi que se déploie cette œuvre colossale, tentaculaire, sur les trois étages du musée.

Si la musique, et en particulier le rock et le punk (mais aussi, Brassens!), fait partie intégrante de la rétrospective («rétrospectlive», dixit Richard Leydier), au même titre que les œuvres peintes, c'est surtout au troisième étage que «Greatest Hits» prend tout son sens: sur une scène installée à cette occasion, Robert Combas accompagné de Lucas Mancione et leur groupe, les Sans Pattes, donneront trois concerts: les 16 mars, 6 avril et 15 juin.
En dehors de ces dates, sont projetés en permanence sur écran géant, à la manière d'un tableau animé, des extraits de concerts du groupe. Et dans la salle suivante — discothèque géante — on peut découvrir rassemblés les nombreux tableaux, fresques et sculptures de Robert Combas ayant pour sujet direct la musique.

Le deuxième étage s'ouvre sur une salle consacrée aux batailles: des toiles spectaculaires représentant des scènes de guerre aux dimensions atteignant parfois les 10 mètres comme Waterl'eau (1982) ou La Guerre de Troie (1988). C'est également à cet étage que l'on découvre ce qu'il nomme les «Satellites» (c'est-à-dire tout ce qui n'est pas «peinture classique», et constitué souvent de bric et de broc), les multiples petits crucifix faits de pinceaux et ses productions récentes, de 2010 à 2012, des œuvres mystiques, inspirées d'Aloysius Bertrand et du Paradis Perdu de Milton.

C'est enfin sur ce second étage, que l'on pourra rencontrer Robert Combas «à l'œuvre» (peignant et/ou jouant de la guitare), dans son atelier parisien reconstitué pour l'occasion au cœur-même du musée. «Comme dans un zoo, on pourra voir l'un des derniers spécimens de la peinture française!», plaisante-t-il…

C'est néanmoins le premier étage du musée qui réserve les plus belles surprises. Bien que cette partie soit principalement dédiée aux tableaux conçus durant les années 80, soit la période ...

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Hugues Reip, White Spirit, 2005.



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