logo
140628SerignantRossonCrow
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Wang Keping
Wang Keping
04 fév.-04 mars 2006
Paris 3e. Galerie Zürcher
S'il faut aller voir l'exposition de Wang Keping à la galerie Zürcher ce mois-ci, c'est parce que sur la scène de l'art chinois international, cette œuvre fait figure d'exception.
fleche suivante1/2
Par Stéphanie Katz

Pour comprendre la singularité anachronique de l'œuvre de Wang Keping, un petit détour historique est nécessaire.
Les modifications dans la stratégie économico-politique de la Chine, jointe à une année consacrée à la culture chinoise en France, ont été l'occasion de confirmer la présence des artistes chinois sur la scène de l'art contemporain international.

En réalité, leur émergence est en marche depuis longtemps. Malgré les événements de Tian An Men du 4 juin 1989, qui ont fait retomber une chape de plomb sur le printemps de Pékin, la France a su rester fidèle à sa vocation de terre d'accueil des artistes en exil en organisant la même année l'exposition des «Magiciens de la Terre» au Centre Pompidou (présentation de trois artistes chinois).
Suivront «Art chinois. Chine de demain pour hier» (Pourrière, 1990), puis la présentation de quatorze artistes chinois à la quarante-cinquième biennale de Venise, et enfin la biennale de 1999, conçue par Harold Szeeman, qui consacre l'avènement d'un art chinois contemporain au tournant du siècle (20% des artistes présentés sont chinois), en décernant un prix international à Cai Guoqiang.

Toutefois, cette émergence de l'art chinois sur la scène de l'art contemporain international oblige l'amateur à se mettre au clair sur plusieurs questions: qu'attend-on, en effet, de cet art venu du continent asiatique — exotisme radical ou confirmation des codes artistiques propres au village global de l'Art? Posture esthétique, ou posture politique?

Au premier coup d'œil, force est de constater que, même s'il recouvre une réalité historique, politique, économique, radicalement différente, l'art chinois semble, pour l'heure, faire massivement allégeance aux diverses esthétiques élaborées par la modernité occidentale.
On parle de Li-Shan comme du néo-Warhol chinois, Yang Shaobin est comparé à Bacon, Yu Youhan est assimilé à Matisse, et c'est Huang Yong Ping lui-même qui revendique avec insistance sa parenté avec Duchamp. Si bien qu'il devient facile de rêver à l'aboutissement d'un langage plastique universel, véritable esperanto made in occident de l'art, qui serait capable de rendre compte de tous les contextes et de toutes les sensibilités.

Sauf que cette approche de l'art chinois laisse sur leur faim les amateurs de différences radicales, d'exotismes artistiques ou d'inédits intellectuels. On peut en effet espérer de la Chine un regard de biais posé sur notre modernité partagée, induisant un autre cadrage du village global. Car la Chine est aussi lourde d'un héritage spécifique qui sut générer une peinture, une poésie, une philosophie, voire une politique, tout à fait autonomes. L'Occident pourrait donc légitimement attendre de l'Asie un éclairage instructif qui dénouerait les évidences et ouvrirait de nouvelles perspectives pour approcher le réel.

C'est toute l'ambivalence du regard que l'Occident pose sur la Chine qui se joue dans cette alternative: entre confirmation gratifiante d'un vocabulaire esthétique dominant, conçu par l'art occidental puis exporté dans le monde entier comme une marchandise, ou boulimie d'exotisme visant à alimenter la machinerie de la «société du spectacle» toujours en quête de nouveauté. C'est en définitive toute la dimension subversive et inédite des propositions chinoises qui est niée.

Dans cette perspective, l'œuvre de Wang Keping est particulièrement pertinente. Qualifié le plus souvent d'«artiste historique», Wang Keping est né en 1949, avec la République populaire de Chine. Nourri dès l'enfance au lait de la propagande, c'est très «naturellement» qu'il deviendra Garde Rouge, afin d'investir ses fougues adolescentes dans la construction d'un «monde meilleur», débarrassé des injustices économiques et sociales.

A la suite d'une période de travail au service de la télévision d'État, la désillusion puis l'opposition au régime totalitaire le conduisent dans les camps de rééducation. C'est dans ce contexte de proximité avec la mort arbitraire, d'anéantissement individuel et de résistance au formatage psychique, que Wang Keping s'initie secrètement à la sculpture. Une chaise brisée croisée au hasard des corvées lui révèle les dynamiques de résistances propres à l'élaboration plastique.

Si bien que, même si le régime chinois n'est pas assimilable au régime Khmer rouge, la figure de Wang Keping trace des lignes de parenté en direction des témoins qui se sont confiés à la caméra de Rithy Pan, pour son film S-21. La machine de mort khmer rouge». Plus précisément encore, on peut se souvenir du combat intime de ce peintre, survivant lui aussi des camps, qui ...

fleche suivante1/2



ANNONCES
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !



140707LyonBiennaleDanse
ÉDITORIAL fleche_rouge
Esthétiques photographiques de l'attention
La frénésie de la vie et du monde d'aujourd'hui, les tensions et les bouleversements qui agitent tous les secteurs de la société, ainsi que les pressions permanentes exercées par l'hypertrophie des communications, suscitent le sentiment qu'est menacé un bien des plus précieux et des plus fragiles de l'homme: son attention. Tout allant trop vite, on ne peut plus accorder aux choses l'attention qu'elles méritent. Dans le flux incessant des marchandises et des informations, l'attention se fait...
fleche Lire la suite
140625VilletteOrta.gif


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Heineken fait sa pub sur la façade de la Monnaie de Paris. Quid de la loi Evin?
puce rouge  Votre nom sur la façade de la Monnaie de Paris, participez à l’œuvre de John Baldessari
puce rouge  Lauréats du 15e Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main: Nathanaël Le Berre, Gérard Borde et Marc Aurel, Yann Grienenberger
puce rouge  Fin 2014, la galerie Yvon Lambert tire sa révérence
puce rouge  Le Festival d’Avignon aura bien lieu mais la CGT Spectacle appelle à une grève massive pour l’ouverture
puce rouge  L’artiste Huang Yong Ping prend les commandes de la Monumenta 2016
puce rouge  Un chemin de «Grande Randonnée Artistique» pour la Nuit blanche à Paris
puce rouge  Rapport sur le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel en France
puce rouge  Le 27 octobre 2014, ouverture de la Fondation Louis Vuitton
puce rouge  CoordinatiIntermittents et Précaires: «Ce que nous défendons nous le défendons pour tous!»
puce rouge  Nicolas Bourriaud entre confiance et vigilance du ministère de la Culture
puce rouge  Menace sur les festivals d’été, le conflit s’envenime entre les intermittents et le gouvernement
DIAPORAMA

Pietro Ghizzardi, La Morta, 1965. Pigments naturels et suie sur carton de récupération. 54 x 78 cm.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales