logo
141115CracSeteArchipel
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Susanna Fritscher
Susanna Fritscher
10 sept.-03 déc. 2005
Paris 3e. Galerie Serge Le Borgne
Susanna Fritscher a installé, à la Galerie Cent8, un parcours architectural et lumineux au sein duquel le regard et le corps évoluent en fonction de repères sans cesse changeants.
fleche suivante1/1
Par Anne Malherbe

Mettre en concepts l'installation de Susanna Fritscher à la Galerie Cent8 fait courir le risque d'assécher et de réduire quelque peu la subtilité du travail qu'elle présente. De fait, si elle dispose de tout l'espace d'accrochage et même l'intègre à son propos, l'installation emploie les moyens les plus limités possibles. L'artiste a dosé avec une précision minutieuse la quantité d'aménagements suffisants pour modifier notre relation avec l'espace, voire notre conscience du monde réel.

Deux maquettes inaugurent le parcours. Il s'agit de deux projets d'intervention dans un hôpital pour l'un (qui finalement ne sera pas concrétisé), et dans un établissement scolaire de Genève pour l'autre.
Ces maquettes offrent au premier abord un intérêt documentaire qui nous aide à entrer dans le travail de l'artiste. On observe qu'il s'agit notamment de couvrir les murs intérieurs d'une couleur jaune: celle-ci fait rayonner à l'intérieur du bâtiment une lumière qui paraît extérieure, mais, une fois les fenêtres ouvertes, elle se laisse aussi deviner à l'extérieur et double de son rayonnement la couleur extérieure grise des murs.

Une fois ces principes assimilés, notre cheminement peut reprendre. Il se poursuit dans une salle où, pour paraphraser Daniel Arasse, on commence par ne rien voir. Pourtant, il fait grand jour à travers les baies de la galerie. Mais on est gêné par des surfaces miroitantes qui empêchent de mesurer l'espace qu'elles ménagent à notre déplacement. Sur ces surfaces qui, dans le sens de la visite, paraissent quasiment incolores, jouent des reflets de l'extérieur de la galerie. S'agit-il de cloisons ? de miroirs ? Il n'en est rien : ce personnage que j'y vois soudain n'est pas, cette fois, mon propre reflet, mais la silhouette d'un visiteur qui passe de l'autre côté.
Ces panneaux suspendus qui jalonnent le parcours, à la fois transparents et réfléchissants, font ainsi se confondre les deux portions d'espace qu'ils sont censés délimiter. Ils attirent aussi à eux des bribes de l'espace qui se tient au-delà des fenêtres de la pièce. Ils ont donc la capacité de fondre les séparations que nous établissons spontanément, pour tout redistribuer sans admettre de frontières.

Ils nous conduisent aussi, inéluctablement, dans la troisième portion du parcours. Nous entrons dans une pièce : elle est jaune, d'un jaune lumineux, de ce jaune qu'on choisirait spontanément pour décrire le soleil. En fait, ce n'est pas la pièce qui est jaune, mais simplement le mur du fond qui a été recouvert de cette couleur, comme en ont été recouvertes les pièces du projet architectural. Le sol est nu ; hormis la peinture, l'espace est vide. On se sent pris au piège, comme si on était entré dans la maquette du début de l'exposition. Du coup, la conscience de notre propre corps et de ses dimensions est perturbée.

On fait alors demi-tour : quelque chose a été modifié. Il faut une seconde d'accommodation pour s'apercevoir que le mur opposé est peint dans un gris bleuté, la couleur même du jour quand celui-ci n'est ni gris ni spécialement ensoleillé. La lumière du monde extérieur aurait, cette fois, filtré à travers les murs, à moins que ceux-ci n'aient été dématérialisés. De la réduction à la taille d'une maquette jusqu'à l'élargissement céleste, nos repères perdent leur assise. Dans cette salle close, l'effet est ménagé par la transition très progressive, sur les murs latéraux, d'une couleur à l'autre.

Quand, de retour dans la salle précédente, on avance dans le sens inverse du parcours, la réalité des panneaux suspendus apparaît plus clairement : ils ne sont pas incolores mais de ce fameux jaune qui ici se dégrade doucement de l'un à l'autre. Le soleil (le vrai) vient de se lever et avive leur éclat. Ils deviennent alors des tentures précieuses.

On repasse enfin devant les maquettes : ce ne sont plus, dès lors, de simples objets de démonstration, puisqu'on est capable désormais d'y voir réellement jouer les échanges entre les couleurs grise et jaune et de laisser la conscience se concentrer dans leurs dimensions réduites.

En sortant de la galerie, on se prend à penser à la «non-localisation» dont parlent les physiciens.

Susanna Fritscher
Sans titre, 2005. Trois Plastiques transparents, impression jet d'encre et peinture acrylique. 305 x 203 x 0.3 cm (x 3).
Sans titre, 2005. Plexiglas, impression jet d'encre. 322 x 205 x 0.2 cm.
Sans-titre, 2005. Peinture murale.


fleche suivante1/1



ANNONCES


141215Le104Koning
ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141204MacValTaniaMouraud
141120Limoges
141104Le104OrtizSpricigo


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Direction de l’ENSA de Bourges, l’épilogue: Hilde Teerlinck se retire et publie un communiqué
puce rouge  Plateforme, menacée de fermeture en 2015
puce rouge  Coupes budgétaires: l’ESAV de Toulouse et la Scène Nationale d’Orléans dans le viseur.
puce rouge  Des étudiants en vente sur Ebay pour protester contre la fermeture de la Haute Ecole d'Art de Perpignan
puce rouge  A partir de 2016, le Centre Pompidou consacrera un espace d’exposition aux quatre finalistes du prix Marcel Duchamp
puce rouge  Exhibit B ne porte pas atteinte à la dignité de la personne humaine
puce rouge  Lancement du numéro zéro de la revue Facettes par 50° nord
puce rouge  L’hécatombe continue: le Wharf fermé, le Lieu Commun menacé, le Frac Normandie en suspens
puce rouge  La polémique «Exhibit B»: le théâtre Gérard Philippe et le CentQuatre face à la violence des protestations
puce rouge  Après le Forum, le CAC-Bretigny, La Panacée et Les Eglises menacés: l’hécatombe des lieux d’art.
puce rouge  Ce 22 novembre 2014, décès du photographe américain Lewis Baltz
puce rouge  La ville de Paris distingue les jeunes talents du design, de la mode et des métiers d’art
DIAPORAMA

Vue de l’expostion «Always forever now» d’Aaron Young à la galerie Almine Rech, Paris (20 oct.-22 déc. 2011).
Aurélien Froment, Le yoga par l’image, 2011, Vidéo HD, Photo de plateau.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales