logo
160330RicardAllouche
  AGENDA CRITIQUES  
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Philippe Hurteau
Studio
29 oct.-03 déc. 2005
Paris 3e. Galerie Zürcher
L'écran dans l'atelier. Depuis une dizaine d'années, Philippe Hurteau adopte une posture éthique exemplaire. Reversant au champ de la peinture la prolifération des visibilités hypnotiques contemporaines, il travaille inlassablement à restaurer nos regards de spectateurs.
fleche suivante1/1

Share to Facebook Share to Twitter
imprimer





Autres expos des artistes
puce rouge Philippe Hurteau

Par Stéphanie Katz

Depuis la série de «La société des âmes» (1995), où il envisage l'écran télévisuel comme un masque qui scrute son public pour mieux en capturer l'imaginaire, jusqu'aux extases mauves de «XTZ» (2002) qui réincarnent en peinture le désert des images pornographiques, en passant par toutes les variations autour des plateaux-télé, Philippe Hurteau interroge les spécificités de nos écrans contemporains. Dispositifs de tous les pouvoirs iconocrâtes, l'écran est le médium paradoxal qui, tout à la fois, aliène les imaginaires et propose une faille dans laquelle les regards peuvent s'engouffrer et s'ouvrir.

Avec ce nouvel accrochage à la galerie Zürcher, Hurteau peaufine sa manière et confirme sa démonstration. Partant du dispositif abyssal qui articule les instances Peintre, Modèle et Spectateur dans les Ménines de Velazquez, il interroge ce lieu fictif d'où émerge l'image contemporaine, atelier métamorphosé en plateau-télé.

Ici, comme au fond d'un puits déserté, les corps se débattent pour atteindre le statut de visibilités «écraniques», plutôt que de s'effacer définitivement de la surface du vivant. Alors que le modèle s'offre aux filtres des technologies du visible, la présence charnelle se fragmente, l'incarnat devient fantomatique, et la silhouette s'apparente à des membranes fragiles, partiellement suspendues au-dessus d'une trame fuyante.

Écrasé sous le poids d'une visibilité excessive, le désir s'évapore au profit d'un effet de présence qui comble le regard plus qu'il n'excite l'imaginaire. Véritable tableau démonstratif, cette relecture des Ménines à l'aune de nos dispositifs contemporains permet à Hurteau d'inclure l'écran médiatique dans l'écran peint, selon un processus de mise en abyme qui propose de reconstruire la maturité du désir.
Car le désir, indispensable à la construction du regard, se nourrit d'incomplétude, d'angles morts, et de zone d'ombre. Dans ce studio, l'écran déploie les diverses occurrences qui l'apparentent à la peinture, tantôt miroir à jamais imprécis, tantôt illusion de présence numérique.

En lieu et place du pouvoir royal invisible et omnivoyant, l'artiste a installé ce commentateur codifié qui pourrait bien être devenu sa signature. Mais, essentiels à la mise en place d'une tension, deux autres typologies de l'écran construisent encore la démonstration : celui, trouant le fond du studio, qui transforme l'ensemble de la scène en décors et installe un regard de pure lumière impossible à regarder de face. Cette ouverture lumineuse, chez Velazquez comme chez Hurteau, a pour mission de signaler que la peinture est peut-être moins une illusion à regarder, qu'un masque qui observe le spectateur depuis son champ d'invisibilité.

Puis enfin, ultime figure de l'écran, celle de la toile nue, écrue et dérisoire, qui sert d'outil à celui qui s'attaque au visible, et que Hurteau déshabille comme une amante sensuelle et complice, à l'avant de la toile.

Par-delà cette toile-manifeste qui inaugure la série des «Studios», il faut encore noter la montée vers une abstraction de plus en plus érotisée, étalant de plus en plus massivement une véritable jouissance plastique à l'oeuvre depuis quelques années dans le travail de l'artiste.

Comme s'il avait fallu en passer par une consolidation du côté du contenu, pour que la fluidité charnelle de la peinture reprenne ses droits. Ici, les caméras tournées vers l'arrière invisible de la représentation, suspendues au-dessus de l'espace improbable que la trame numérique élabore, prises dans une imbrication d'applats de couleurs vives, de structures linéaires graphiques et d'écrans feuilletés, viennent dire toute l'exaltation ludique dont ces regards contemporains machiniques sont porteurs, pour autant que l'on parvienne à ne leur accorder que le statut qui leur revient : non pas vérité hallucinante, mais jeu des regards, jeu toujours dangereux comme l'est celui du désir, mais jeu tout de même.


fleche suivante1/1



ANNONCES


160330Le104Orphelins
ÉDITORIAL fleche_rouge
Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

fleche Lire la suite
160330JeuPaume
160411CorciaMoscona
160408MarechalMarcJohnson


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  La galerie Templon fête ses 50 ans en 2016
puce rouge  Les nouveaux membres du conseil d’administration du Centre Pompidou
puce rouge  Assemblée générale de l’ANdEA : pour une politique responsable des écoles supérieures d’art
puce rouge  La galerie Dukan déménage rue des rosiers au marché aux puces de Saint-Ouen
puce rouge  Le Centre national des arts plastiques met en ligne sa collection
puce rouge  Appel à candidatures bientôt ouvert pour l’Académie des savoir-faire de la Fondation Hermès
puce rouge  La 12ème édition de la Nuit européenne des musées aura lieu le 21 mai 2016
puce rouge  Les lauréats 2016 du Grand prix de la Ville de Vallauris annoncés
puce rouge  Marion Zilio, nommée directrice du YIA Art Fair
puce rouge  Cinq candidats en lice pour la direction du Théâtre de Cité internationale
puce rouge  «Galeristes»: un nouveau salon au Carreau du Temple
puce rouge  10e édition des Journées européennes des Métiers d’Art
DIAPORAMA

Heimo Zobernig, Untitled, 2008. Cheveux synthétiques et liant sur toile de lin. 100 x 100 cm.
Gaël Davrinche, Claire, 2012. Huile sur toile, 200 x 160 cm
Liam Gillick, An Old Song and a New Drink (With Angela Bulloch), 1993. Café Beaubourg, Paris.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales