logo
141115CracSeteArchipel
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Jimmie Durham
Pierres rejetées…
30 janv.-12 avril 2009
Paris 16e. Musée d’art moderne de la Ville de Paris
 Telle une libellule ratatinée en vol, un petit avion de tourisme coloré gît dans le hall du Musée, aplati d'une grosse pierre. L'auteur de cet attentat aérien façon attaque en canyon, n'en est pas à son premier forfait, chez Jimmie Durham la destruction d'utilitaires par caillou interposé est même devenu un art.
fleche suivante1/1
Par Paul Brannac

Assis derrière un bureau de formica, en costume de fonctionnaire blasé, Jimmie Durham reçoit une procession de demandeurs qui lui portent leurs objets familiers. La main armée d'une grosse pierre, l'artiste s'évertue, impassible, à bousiller chacun des petits canards en plastique, jouets, boîtes à œufs que lui présentent les quêteurs avant de les gratifier du papier qui les satisfera.
 
Cousine mutique des Deschiens et de Monsieur Cyclopède, cette vidéo résume assez bien le programme de Jimmie
<am. Cet artiste d'origine Cherokee a longtemps pris part aux luttes civiques de la cause indienne états-unienne avant de s'installer en Europe en 1994.
Nombre de ses actions d'iconoclastie violente, dont les vidéos montrent les procédés et les œuvres les résultats, mettent en scène la revanche du naturel — minéral — ou de l'historique sur les objets courants des sociétés occidentales contemporaines.

La déambulation mène ainsi de chaises crevées en vitrines brisées, de tuyaux de plomberie et de barils sanctifiés, jusqu'à un frigo allégrement lapidé ou au surprenant Something… Perhaps a Fugue or an Elegy (Quelque chose… Peut-être une fugue ou une élégie, 2008). Sur une plateforme de palettes, cette arche rassemble une quantité hétéroclite d'objets et d'images qui, juxtaposés, conforment un long memento mori moderne, quelque chose en effet d'une élégie en rebuts.

Comme le définissait justement Lévi-Strauss, l'artiste tient à la fois du savant et du bricoleur, car l'objet artisanal qu'il confectionne est en même temps objet de connaissance.
Jimmie Durham ne dissimule nullement sa condition de bricoleur, il la revendique plutôt dans l'accomplissement de sa petite entreprise de détournement et de mise à bas, et la double de dérision. Ainsi ses deux Arc de Triomphe for Personal Use (Arc de triomphe à usage personnel, 2007), dont l'un en métal verni jaune est démontable et garni de roulettes; transportable à souhait donc.

De même, non loin des deux ready-made pour ego en souffrance, un mince arbrisseau coloré se ramifie en une cage de bois abritant une cacahuète en forme d'oiseau. A Peanut Shaped Like a Bird (2006) dénote le goût de l'artiste pour les sculptures de très petite taille réalisées à partir d'éléments anodins et minuscules.

Sous verre, l'ensemble Labyrinthic Elements (2007), est pareillement conformé de trente-deux sculptures en bois et trente-deux en métal. Infimes usuels transformés par quelques coups de ciseaux et la pince à linge est faite crocodile. Le groupe compose un petit théâtre de figurines, idoles tour à tour éloignées et réunies par les mains espiègles de Jimmie Durham.

Dans les panneaux de bois brut «blessés» par les balles, dans son urinoir amoché par la chute d'une tête classique en marbre, l'artiste confronte les matériaux de la nature et ceux de l'homme, télescope brutalement les temps artistiques. Car le temps comme la Gorgone pétrifie tout, change en pierres jusqu'aux aliments, tel le repas en vitrine présentant chaque met sous sa forme rocheuse et archaïque.

Témoin du passage du temps, de la marque de la main, la série des lourdes portes de bois supportant le dessin au graphite d'une silhouette fugace, compte parmi les réalisations remarquables. Parmi les multiples expérimentations de Jimmie Durham, qui souffrent le plus souvent de messages un peu courts et d'expressions hâtives, ces portraits ténus intriguent parce qu'ils semblent moins intentionnels, moins chargés de sens, plus libres en somme.

A l'image des dessins au crayon de la fin des années 1990, certes moins réussis mais qui la plupart comportent un œil blessé, ou de l'autoportrait à l'œil noir (Self Portrait with Black Eye and Bruises, photo, 2006), les graphites sur bois dénotent une semblable affliction.
Diffuse, dérobée à la vue par la théâtralité même des opérations destructrices ou des travestissements photogéniques, c'est dans les plus petites œuvres ou sur les surfaces crues des portes de bois, qu'avec le plus de délicatesse cette douleur saillit.
  

Jimmie Durham
Painted Self-portrait,  2007. Acrylique et marqueur sur photographie couleur. 70x58cm
The Ghost in the machine, 2005. Réfrigérateur, marbre et corde. 190x100x100cm  
Self-Portrait with Black Eye and Bruises, 1995-2006. Photographie couleur prise dans un  « Photomaton ». 79x60cm
Snake Eyes !, 2006. Objets sur planche de bois .125x81cm           
Encore tranquillité, 2008. Avion, pierre. 150 x 860 x 860 cm
Stoning the Refrigerator, 1996. Performance au Fonds Régional d'Art  Contemporain Champagne-Ardenne 
Jesus (Es geht um die Wurst),1992. Technique mixte. 149 x 110 cm
Une Blessure par balle,  2007. Technique mixte, bois. 134 x 55 x 78 cm
A Peanut Shaped like a Bird, 2006. Bois, peinture, cacahuète, mica. 160 x 49 x 47 cm
Self-portrait as Rosa Levy, 1995-2006. Photographie couleur. 81 x 60,9 cm
St Frigo, 1996. Réfrigérateur usagé. 132 x 60 x 60 cm.
Homage to Constantin Brancusi, Number 2,  2007. Bois, peinture, portemanteau à studio de  Alexander Calder  240 x 40 x 40 cm
La Poursuite du Bonheur, 2002. Film 35 mm transféré sur DVD, 13 minutes
Labyrinth , 2007. Bois, balles, photographies. Dimensions variables
Thinking of You, 2008. Acier et aluminium. 300 x 150 x 150 cm
Sweet, Light, Crude, 2008  25 barils de pétrole - Dimensions variables
A Stone from François Villon's House in  Paris, 1996-2009.V itrine brisée et pierre. 100 x 100 x 70 cm


fleche suivante1/1



ANNONCES


141215Le104Koning
ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141204MacValTaniaMouraud
141120Limoges
141104Le104OrtizSpricigo


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Le Ministère de l’éducation et de la recherche économise sur le budget de l’ESAV Toulouse: une pétition en ligne.
puce rouge  Direction de l’ENSA de Bourges, l’épilogue: Hilde Teerlinck se retire et publie un communiqué
puce rouge  Plateforme, menacée de fermeture en 2015
puce rouge  Coupes budgétaires: la biennale de Bourges annulée, la Scène Nationale d’Orléans dans le viseur. (MAJ)
puce rouge  Des étudiants en vente sur Ebay pour protester contre la fermeture de la Haute Ecole d'Art de Perpignan
puce rouge  A partir de 2016, le Centre Pompidou consacrera un espace d’exposition aux quatre finalistes du prix Marcel Duchamp
puce rouge  Exhibit B ne porte pas atteinte à la dignité de la personne humaine
puce rouge  Lancement du numéro zéro de la revue Facettes par 50° nord
puce rouge  L’hécatombe continue: le Wharf fermé, le Lieu Commun menacé, le Frac Normandie en suspens
puce rouge  La polémique «Exhibit B»: le théâtre Gérard Philippe et le CentQuatre face à la violence des protestations
puce rouge  Après le Forum, le CAC-Bretigny, La Panacée et Les Eglises menacés: l’hécatombe des lieux d’art.
puce rouge  Ce 22 novembre 2014, décès du photographe américain Lewis Baltz
DIAPORAMA

Wilfrid Almendra, Yellow River, vue de l&rsquo;exposition à la Galerie Bugada & Cargnel, Paris.
Couverture du catalogue de l&rsquo;exposition «La Subversion des images», éd. Centre Pompidou, 2009.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales