logo
140628SerignantRossonCrow
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Roman Opalka
Opalka 1965/1
06 mars-17 avril 2004
Paris 3e. Galerie Praz-Delavallade
Quelques uns des quelques six millions d'autoportraits d'Opalka qui paraît à la frontière de deux mondes, présent et absent, portant la dimension du manque en lui. Une évocation de l'écoulement du temps, de l'effacement, et de la création.
fleche suivante1/1

Share to Facebook Share to Twitter
imprimer





Autres expos des artistes
puce rouge Passages
puce rouge Vinyl

Par Camille Lenglois

Deux espaces contigus. Des murs blancs. Une voix monocorde qui rythme le parcours. Dans la première salle, une série de photos encercle le spectateur et le fixe.
Ce sont des auto-portraits, des clichés pris après chaque séance de travail de peinture depuis le printemps 1965, date à laquelle Roman Opalka entame le grand projet, sans fin, de fixer l'écoulement du temps sur la toile.

Aujourd'hui, presque six millions d'auto-portraits ont été réalisés. Ce sont des témoignages qui manifestent "le changement dans la durée, celui qui montre la nature mais d'une manière propre à l'homme, sujet conscient de sa présence définie par la mort, émotion de la vie dans la durée irréversible" (Opalka).
Ils incarnent la fragilité de l'être, voué à l'effacement progressif et à la mort, mais aussi sa force de vie. La fixité du regard révélée par les photos signale l'acuité d'une conscience qui déchiffre le réel et qui livre son propre combat contre la dilution.

Ce regard, c'est le point d'accroche des photos en noir et blanc, lumineuses, qui soulignent les traits du visage, ces marques silencieuses du temps. Le nez, les lèvres se détachent nettement et leur présence contraste avec la sensation d'évanescence produite par la chevelure dont les teintes varient au gré des vues.

Chaque détail (c'est le nom donné à chaque cliché) équivaut à une radiographie. La technique utilisée dissout les contrastes ; elle donne vie, mais en négatif: l'être que l'on aperçoit à chaque fois semble à la frontière de deux mondes. Il est présent (il s'agit du visage de l'artiste) et absent (l'identité du visage est de plus en plus floue). Il porte la dimension du manque en lui.

La mort elle-même devient un axe fondamental d'appréhension du temps, définition par excellence de la démarche artistique d'Opalka. L'agencement des photographies en groupes dans deux espaces différents met en évidence une conception de la mort et de la vie comme données essentielles du temps : le regard du spectateur ne cesse de confronter l'évolution des traits et cette visualisation aboutit à une prise de conscience du temps.
Le raccourci d'être qu'incarne la photographie est un moyen de saisir la portée du propos qui est complété par un texte sur les notions d'effacement, de création, de durée.
Le texte désigne la pensée comme procédé de lecture du monde, en opérant une synthèse entre l'expérience subjective (propre au sujet) et l'expérience des autres hommes — "mirage commun"(Opalka).
La pensée unifie la perception du monde, réunit les différents regards portés sur lui, afin de faire advenir une seule réalité. A la dilution temporelle s'oppose la démarche de compréhension qui donne sens à l' expérience dans un "destin commun" (Opalka).
Elle inscrit l'être dans une durée grâce à l' œuvre de création.

Cette sorte de combat mené par la pensée contre le délitement temporel prend toute son ampleur dans le monochrome situé dans la deuxième salle de la galerie. Sur sa surface blanche apparaissent des chiffres blancs qui se superposent et deviennent de moins en moins visibles, d'autant qu'à la superposition s'ajoute le processus de colorisation. La couleur est de plus en plus claire et les nombres se devinent bientôt plus qu'ils ne se lisent.

"Sacrifice pictural"(Opalka), le monochrome devient "mortellement émotionnel" (Opalka) car il est l'incarnation de toute la démarche de l'artiste et de sa vie. Paradigme par excellence du travail sur le temps, il est le signe de l'homme dont la voix finalement s'éteindra un jour. Dans le blanc sur blanc, un vide advient et désormais le décompte même peut se figer et disparaître silencieusement.


fleche suivante1/1



ANNONCES


ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141001MarechalerieCritiques


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Réouverture du Musée Picasso à Paris ce samedi 25 octobre 2014
puce rouge  La Fondation Cartier pour l’art contemporain fête ses 30 ans avec 2 expositions exceptionnelles qui débutent ce 25 octobre
puce rouge  Flash mob vendredi 24 octobre 2014 à 13h pour défendre la liberté de création, suite à l’agression de l'artiste Paul McCarthy
puce rouge  Ce 27 octobre, la Fondation Louis Vuitton ouvre ses portes
puce rouge  Disparition de Marcel Notargiacomo, figure des cultures urbaines et populaires
puce rouge  La nouvelle revue OpticalSound sort son 2e numéro
puce rouge  Emma Lavigne, nommée directrice du Centre Pompidou Metz
puce rouge  Budget 2015 du ministère de la Culture et de la Communication
puce rouge  Le sculpteur béninois Kifouli Dossou, lauréat du prix Orisha pour l'art contemporain africain
puce rouge  Tous photographes! Une charte des bonnes pratiques dans les établissements patrimoniaux
puce rouge  Décès de Gérard Violette, directeur emblématique du Théâtre de la Ville
puce rouge  Le nouveau Prix Orisha récompensera le 2 octobre un artiste de la scène africaine subsaharienne
DIAPORAMA

Taro Izumi, Diagonal harvest, 2011. Vue de l’installation
Alain Baczynsky, 23 septembre 1980. Photomaton couleur (verso) reproduit dans l’ouvrage Regardez, il va peut-être se passer quelque chose...., paru en février 2012 aux Editions Textuel.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales