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ART | CRITIQUES

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Roman Opalka
Opalka 1965/1
06 mars-17 avril 2004
Paris 3e. Galerie Praz-Delavallade
Quelques uns des quelques six millions d'autoportraits d'Opalka qui paraît à la frontière de deux mondes, présent et absent, portant la dimension du manque en lui. Une évocation de l'écoulement du temps, de l'effacement, et de la création.
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Par Camille Lenglois

Deux espaces contigus. Des murs blancs. Une voix monocorde qui rythme le parcours. Dans la première salle, une série de photos encercle le spectateur et le fixe.
Ce sont des auto-portraits, des clichés pris après chaque séance de travail de peinture depuis le printemps 1965, date à laquelle Roman Opalka entame le grand projet, sans fin, de fixer l'écoulement du temps sur la toile.

Aujourd'hui, presque six millions d'auto-portraits ont été réalisés. Ce sont des témoignages qui manifestent "le changement dans la durée, celui qui montre la nature mais d'une manière propre à l'homme, sujet conscient de sa présence définie par la mort, émotion de la vie dans la durée irréversible" (Opalka).
Ils incarnent la fragilité de l'être, voué à l'effacement progressif et à la mort, mais aussi sa force de vie. La fixité du regard révélée par les photos signale l'acuité d'une conscience qui déchiffre le réel et qui livre son propre combat contre la dilution.

Ce regard, c'est le point d'accroche des photos en noir et blanc, lumineuses, qui soulignent les traits du visage, ces marques silencieuses du temps. Le nez, les lèvres se détachent nettement et leur présence contraste avec la sensation d'évanescence produite par la chevelure dont les teintes varient au gré des vues.

Chaque détail (c'est le nom donné à chaque cliché) équivaut à une radiographie. La technique utilisée dissout les contrastes ; elle donne vie, mais en négatif: l'être que l'on aperçoit à chaque fois semble à la frontière de deux mondes. Il est présent (il s'agit du visage de l'artiste) et absent (l'identité du visage est de plus en plus floue). Il porte la dimension du manque en lui.

La mort elle-même devient un axe fondamental d'appréhension du temps, définition par excellence de la démarche artistique d'Opalka. L'agencement des photographies en groupes dans deux espaces différents met en évidence une conception de la mort et de la vie comme données essentielles du temps : le regard du spectateur ne cesse de confronter l'évolution des traits et cette visualisation aboutit à une prise de conscience du temps.
Le raccourci d'être qu'incarne la photographie est un moyen de saisir la portée du propos qui est complété par un texte sur les notions d'effacement, de création, de durée.
Le texte désigne la pensée comme procédé de lecture du monde, en opérant une synthèse entre l'expérience subjective (propre au sujet) et l'expérience des autres hommes — "mirage commun"(Opalka).
La pensée unifie la perception du monde, réunit les différents regards portés sur lui, afin de faire advenir une seule réalité. A la dilution temporelle s'oppose la démarche de compréhension qui donne sens à l' expérience dans un "destin commun" (Opalka).
Elle inscrit l'être dans une durée grâce à l' œuvre de création.

Cette sorte de combat mené par la pensée contre le délitement temporel prend toute son ampleur dans le monochrome situé dans la deuxième salle de la galerie. Sur sa surface blanche apparaissent des chiffres blancs qui se superposent et deviennent de moins en moins visibles, d'autant qu'à la superposition s'ajoute le processus de colorisation. La couleur est de plus en plus claire et les nombres se devinent bientôt plus qu'ils ne se lisent.

"Sacrifice pictural"(Opalka), le monochrome devient "mortellement émotionnel" (Opalka) car il est l'incarnation de toute la démarche de l'artiste et de sa vie. Paradigme par excellence du travail sur le temps, il est le signe de l'homme dont la voix finalement s'éteindra un jour. Dans le blanc sur blanc, un vide advient et désormais le décompte même peut se figer et disparaître silencieusement.


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