logo
  AGENDA CRITIQUES  
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Matt Saunders, Vincent Szarek
Matt Saunders - Vincent Szarek
08 juin-29 juil. 2006
Paris 3e. Galerie Almine Rech
En ce début d'été, Almine Rech sort les fines gachettes de sa garnison américaine. Deux jeunes artistes encore peu connus en France, Vincent Szarek (33 ans) et Matt Saunders (31 ans) s'emparent des deux salles principales de la galerie pour nous offrir un autre regard sur nos visions postmodernes.
fleche suivante1/1
Par Emmanuel Posnic

Vincent Szarek est le plus visible des deux sur la scène européenne. Il s'est déjà illustré à Reims chez Pommery en 2004, à Delme l'année suivante et suit une trajectoire régulière dans les pays saxons depuis deux ans (Berlin en 2004, 2005 et Salzbourg cette année). C'est aussi sa deuxième exposition personnelle à la galerie Almine Rech après celle de 2003.

Le sculpteur américain prolonge sa fascination naturelle pour le spectaculaire à travers quatre pièces de taille respectable accrochées au mur. Au mur avant de se répandre en volume. Car voilà bien la particularité de son œuvre: explorer la surface, saisir les creux et les saillis d'un territoire étrange, laisser planer le doute sur les intentions d'une forme qui se mue tour à tour en tableau et en objet rococo.

Une géologie abstraite empilant les ronde-bosses et les évidements de la sculpture classique, façonnant la matière pour la rendre lisse et brillante jusqu'à ressembler au marbre ou à la pierre précieuse. Tout en se préservant du pastiche. La sculpture de Vincent Szarek échappe au classement systématique parce qu'elle ne ressemble pas à ses paires: une sculpture non-identifiée donc, extraterrestre peut-être, comme pourrait le prouver celle qui s'intitule le Triangle des Bermudes où la surface pailletée rivalise avec la forme, aussi séduisante qu'elle peut-être menaçante.
Les «vaisseaux» accostés de Vincent Szarek engagent la culture pop vers des contrées beaucoup moins visitées, celles où l'abstraction voisinerait avec la palpation du désir et l'objet de pure consommation. En somme, sa sculpture s'acclimaterait assez bien à des forêts plus vierges et peut-être plus abondantes.

Matt Saunders emmène le spectateur sur un autre terrain, largement exploité celui-là, le cinéma. Il présente ici deux séries de travaux, l'un montrant des plans-séquences de films, l'autre cristallisant les scènes sur le visage de personnages féminins.
Dans la première série, Matt Saunders travaille sur du papier mylar, un épais papier translucide qui capte avec merveille la fluidité de l'encre pour donner aux images, une atmosphère à la fois dense et étrangement légère. Les femmes que peint Saunders sont ainsi noyées dans un décor lui-même liquéfié, à peine présent, tout juste suggéré.

Il rejette l'anecdote, détourne la narration traditionnelle pour imposer une autre histoire, un montage aléatoire, une lecture chaotique qui ne retient que la position des femmes et la sensualité libérée de leurs gestes (elles se maquillent, elles se libèrent la nuque en se recoiffant).

Dans l'autre série, Matt Saunders se concentre une nouvelle fois sur les visages, quitte à exclure, c'est-à-dire à détourer une main, un décor ou une autre présence. Le contexte est vécu comme une donnée contraignante qu'il faut évacuer. Ces visages photographiés sont eux-mêmes repeints à la brosse, une couche rapide et légère de blanc qui les plonge derrière un voile, une forme d'emprise nostalgique et distanciée. Matt Saunders rejoue encore des scènes de films ou bien s'inspire de pauses de magazines pour se libérer de ce qu'elles racontent, accrocher ses propres commentaires, sa propre syntaxe, archiver son propre regard, réinventer Hollywood.

Traducciòn española : Santiago Borja
English translation : Laura Hunt

Matt Saunders
Herthas Thiele (1932) (63 Drawings), 2006. Encre sur mylar. 63 dessins dans 9 cadres verticaux. 115 x 27 cm chaque.
Hanna Schygulla (autograph card), 2006. Encre sur mylar. 90 x 112 cm.
Kati Outinen (1986), 2006. Encre sur mylar. 95,5 x 64,5 cm.
Kati Outinen (1993), 2006. Encre sur mylar. 112,5 x 90 cm.

Vincent Szarek
Lost in Heaven, 2006. Urethane sur fibre de verre. 180 x 200 x 33 cm.
Bermuda Triangle, 2006. Urethane sur fibre de verre. 183 x 208 x 28 cm.
Night by Night, 2006. Urethane sur fibre de verre. 109 x 114 x 8 cm.
Hypnotized, 2006. Urethane sur fibre de verre. 109 x 114 x 8 cm.


fleche suivante1/1



ANNONCES


ÉDITORIAL fleche_rouge
Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

fleche Lire la suite
160809Bruxelles


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Le débat continue autour du film Salafistes
puce rouge  Nathalie Coste-Cerdan nommée directrice de la Fémis
puce rouge  La campagne en faveur du patrimoine et de la créativité se poursuit en Espagne.
puce rouge  Programme d’été de Paris Musées
puce rouge   17 architectures de Le Corbusier inscrites au patrimoine mondial
puce rouge  Commande publique «Les Regards du Grand Paris»
puce rouge  Les ateliers de l’Institut français 2016
puce rouge  La ministre de la Culture et de la Communication annonce des mesures en faveur de la photographie
puce rouge  Nomination d’Éric de Chassey à la tête de l'Institut national d'histoire de l'art
puce rouge  Décès du cinéaste iranien Abbas Kiarostami
puce rouge  Les lauréats de Design Parade 11
puce rouge  Lancement du magazine n°zéro «Expérimentations splendides»
DIAPORAMA

Sylvie Blocher, A More Perfect Day, 2009. Vidéo installation, 4mn (avec David Bichindaritz)



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales